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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe MEM – Centre des mémoires montréalaises a annoncé jeudi l’acquisition de la collection Wings, qui regroupe 5000 objets et des milliers de documents qui racontent l’histoire de Nouilles Wing, l'entreprise qui fabrique les célèbres petits biscuits chinois, ainsi que du Quartier chinois.
Réunie par le muséologue Jean-Philippe Riopel et par son équipe, la collection Wings retrace notamment l’héritage de l’entreprise Nouilles Wing ainsi que la vie quotidienne de la famille Lee – à la tête de cette entreprise depuis sa fondation, en 1897 – et de la communauté sino-montréalaise depuis le début du 20e siècle.
Elle comprend des outils et des appareils liés à la fabrication des produits alimentaires de l’entreprise Wing, des archives commerciales ainsi que de nombreuses photographies et de nombreux documents personnels de la famille Lee et d’autres membres de la communauté, dont William Woo. Cet athlète, né en 1912 et décédé en 1990, est une figure marquante de l’histoire sportive sino-montréalaise.

L'usine Wing a confectionné des biscuits chinois qui contenaient des messages bilingues jusqu'à sa fermeture, en 2025.
Photo : MEM – Centre des mémoires montréalaises / Omid Shokoohi
Capsules temporelles
La richesse de la collection tient à ce qu'elle renferme, soit plus de 130 ans d’histoire du Quartier chinois de Montréal, explique Catherine Charlebois, conservatrice en chef du MEM.
Sous le poids des décennies d'objets récupérés, accumulés, empilés, voire oubliés dans les greniers, les sous-sols et les entrepôts de la compagnie Wing se sont transformés en véritables capsules temporelles, ajoute-t-elle. Les milliers d'objets et de documents méticuleusement récupérés retracent d'abord l'histoire d'une compagnie d'import-export de produits chinois de la fin du 19e siècle, transformée en manufacture de produits alimentaires asiatiques, telle qu'on l'a connue jusqu'à sa fermeture, en 2025.
Toutefois, cette collection raconte également une histoire plus vaste, celle de dizaines de milliers d'individus et de familles qui caressaient le rêve d'une vie meilleure et qui ont immigré en sol canadien et essayé de faire de Montréal leur point d'ancrage, dit la conservatrice.
Rares sont les occasions de trouver des objets et des archives qui documentent en profondeur et avec intimité les espoirs, les soubresauts et les défis d'une telle aventure, quelle qu'en soit l'origine, souligne-t-elle également.

Des personnes admirent des éléments de la collection Wings.
Photo : MEM – Centre des mémoires montréalaises / Omid Shokoohi
Une histoire de mobilisation citoyenne
C’est grâce à une mobilisation citoyenne amorcée en 2021 que ce projet a pu se concrétiser.
À l’époque, des citoyens, dont Jean-Philippe Riopel, se sont inquiétés de la vente à des promoteurs immobiliers des immeubles du 19e siècle où était située l’usine de nouilles Wing, c’est-à-dire l’édifice de l’École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal et l’ancienne manufacture de cigares Simon Davis & Sons.
Après deux ans d’efforts soutenus, ils ont réussi à convaincre le gouvernement du Québec de les classer en tant que biens patrimoniaux.

Jean-Philippe Riopel est muséologue et guide dans le Quartier chinois de Montréal.
Photo : MEM – Centre des mémoires montréalaises / Omid Shokoohi
Cependant, les objets patrimoniaux qui se trouvaient à l’intérieur de ces lieux n’étaient pas protégés par le ministère de la Culture et des Communications, d’où la création de l’organisme Objets de mémoire – Groupe d’action muséologique par Jean-Philippe Riopel et par ses acolytes Francine Clément et Bernard Vallée, en 2022, pour assurer leur conservation et leur pérennité.
Appuyés par une équipe de bénévoles et d’étudiants en muséologie, ils ont alors entrepris un vaste chantier de documentation.
C’est d'abord et avant tout le résultat d'une exceptionnelle mobilisation citoyenne et, en quelque sorte, la conclusion d'un parcours courageux de sauvegarde de patrimoine entrepris et soutenu à bout de bras par une poignée d'individus pendant plusieurs années.
Sans la vision et le dévouement inconditionnel de Jean-Philippe Riopel pour sauver de l'oubli ces milliers d'objets, nous ne serions pas réunis ici aujourd'hui, a-t-elle également souligné jeudi en conférence de presse.
Andréanne Moreau, l’élue responsable de la culture, du patrimoine, du design et de la langue française au comité exécutif de la Ville de Montréal, s’est félicitée de voir cette collection être désormais conservée de manière professionnelle, en conformité avec les normes muséales.
On a la preuve qu’on peut faire de grandes choses quand tout le monde se mobilise, a-t-elle déclaré. [La collection] va continuer de faire rayonner la mémoire d'une famille, d'une entreprise, d'une communauté, d'un quartier et d'un pan important de l'histoire de Montréal.

La collection Wings comprend notamment cette bannière de tissu au nom de l’entreprise Wing Hing Lung Co., qui a pris le nom de Nouilles Wing dans les années 1960.
Photo : MEM – Centre des mémoires montréalaises
Surpris et touché
En 2025, Objets de mémoire et les propriétaires de l’entreprise ont fait don de la collection Wings au MEM. La Ville de Montréal a soutenu l’ensemble du processus de sauvetage de ces objets afin de leur garantir une conservation dans les meilleures conditions.
C’est également l’an dernier que l’usine Wing a fermé de façon définitive. George Lee y a travaillé pendant une cinquantaine d’années. Il a été ému par toutes ces démarches.
Je veux remercier tout le monde qui a travaillé sur ce projet. Je suis surpris et touché par l'intérêt pour notre famille et notre compagnie. Pour moi, c’était juste une business! a-t-il lancé en conclusion de la conférence de presse.
Ouvert depuis 2023, le MEM a pour mission de préserver la mémoire de la ville. Le public pourra découvrir la collection Wings lors de différents projets muséaux à venir.
Avec les informations de La Presse canadienne


1 month ago
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