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Apple fête ses 50 ans : où s’en va le géant technologique?

2 months ago 27

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Du premier ordinateur Apple au Macintosh, de l’iPod à l'iPhone, en passant par toute une gamme de produits et de services, l’entreprise Apple bouscule le paysage technologique depuis ses débuts. Son logo en forme de pomme est reconnu dans le monde entier.

Le 1er avril 1976, une grande idée voit le jour dans un petit garage à Los Altos, en Californie. Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne fondent Apple Computer. Leur mission : rendre l’informatique accessible à tous.

Concrètement, les cofondateurs rêvent de placer un ordinateur dans chaque foyer. Quelques décennies plus tard, cette ambition s'est radicalement transformée : l'avènement des téléphones intelligents permet de placer ses ordinateurs puissants dans la poche de chacun.

Apple est né d’une notion toute simple : les technologies doivent être au service des gens, souligne Tim Cook, chef de la direction d’Apple, dans une lettre publiée en ligne. Le progrès survient toujours quand quelqu’un imagine une meilleure façon de faire, une idée nouvelle, une autre voie. C’est cette vision qui guide Apple.

Saviez-vous que…?

Douze jours après avoir lancé Apple Computer, Ronald Wayne a vendu sa part (10 % de l’entreprise) aux deux autres cofondateurs pour 800 $ US, craignant le risque financier. Aujourd’hui, cette part vaudrait plus de 370 milliards de dollars américains.

Démocratiser la technologie

Le premier produit de la jeune pousse – un ordinateur appelé Apple – est un kit assemblé à la main par l’ingénieur Steve Wozniak.

Son succès relativement limité a tout de même permis aux jeunes visionnaires de lancer Apple II l’année suivante, en 1977. Avec son écran en couleur et son lecteur de disquette, ce nouveau modèle séduit un public beaucoup plus vaste.

Un ordinateur Apple II avec une disquette du jeu « Têtards ».

L’ordinateur Apple II Plus, lancé en 1979.

Photo : Vincent Côté

En 1984, l’entreprise se surpasse de nouveau en lançant son Macintosh (nouvelle fenêtre), qui a permis de commercialiser la souris d’ordinateur, une première dans l’industrie. À l'époque, cet ordinateur se vendait à 2495 $ US.

Le Macintosh, c’était un ordinateur avec une interface graphique, c’était facile à utiliser, affirme Renato Hübner Barcelos, professeur de marketing à l’UQAM.

Un toutou de Superman devant le premier ordinateur Macintosh.

Apple dévoile son premier ordinateur Macintosh en janvier 1984 dans une annonce publicitaire diffusée lors du Super Bowl.

Photo : Radio-Canada

Le fleuron technologique connaît toutefois des difficultés financières au tournant des années 1990, après le départ de ses cofondateurs Steve Jobs et Steve Wozniak, qui ne s’entendaient pas avec le PDG à l’époque.

Apple était proche de la faillite. C’étaient des années très dures pour l’entreprise.

Steve Jobs est revenu aux commandes de la compagnie en 1997, après l’éviction du PDG Gilbert Amelio. L’année suivante, Apple lance l'iMac, un ordinateur translucide coloré, et vend presque 800 000 exemplaires dans les cinq premiers mois.

Ce modèle, conçu pour Internet, sauve l’entreprise de la faillite. Apple ose remplacer le lecteur de disquette par un port USB, qui est devenu la norme dans l’industrie. Tous les produits Mac étaient pionniers dans l’acceptation du port USB, lance Renato Hübner Barcelos. Ils ont forcé les floppy disks à devenir obsolètes.

L’entreprise va ensuite signer la mort des lecteurs de CD portatifs, comme le Walkman, en lançant l’iPod en 2001. Le lecteur de musique transforme l’industrie en démocratisant le format MP3 et en supprimant le besoin de transporter des disques physiques.

Un iPod dans une poche de jeans.

Le premier modèle iPod, lancé il y a presque 25 ans, pouvait contenir jusqu'à environ 1000 chansons.

Photo : iStock / ryanmatthewsmith

Apple enterre par la suite son emblématique iPod : le lancement d’un téléphone intelligent quelques années plus tard cannibalise les ventes de son baladeur.

iPhone, un appareil révolutionnaire

En janvier 2007, l’entreprise lance l’iPhone, son premier téléphone intelligent. Devant un auditorium plein à craquer, Steve Jobs vante l’appareil muni d’un écran tactile, d’une caméra et d’un éventail d’applications mobiles.

Selon des experts, cet appareil révolutionnaire est devenu le clou dans le cercueil du fleuron canadien BlackBerry. L’entreprise basée à Waterloo, en Ontario, voit ses parts de marché s’évaporer au cours de la décennie suivante.

Steve Jobs devant un immense écran, lors d’une présentation de l’iPhone.

Steve Jobs a vivement critiqué les claviers physiques des téléphones de ses concurrents, dont BlackBerry, en présentant le premier iPhone, le 9 janvier 2007.

Photo : afp via getty images / Tony Avelar

BlackBerry a aussi démocratisé la technologie : ils ont développé un système qui permettait aux gens de communiquer, soit avec des appels téléphoniques, des textos ou des courriels, explique David Soberman, professeur à l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto.

Le problème, c'est que les gens voulaient utiliser leur téléphone intelligent pour accéder au monde numérique, pour accéder à Internet, pour accéder aux applications qui vont leur faciliter la vie. Apple a reconnu ce besoin.

L’expert se souvient d’un voyage en Espagne où il se promenait avec son BlackBerry. J’ai essayé d’utiliser le GPS pour trouver un chemin avec mon BlackBerry et je me suis complètement perdu, raconte-t-il.

David Soberman.

David Soberman est professeur à l’École de gestion Rotman de l’Université de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

BlackBerry tente en vain de lancer de nouveaux modèles, imitant le téléphone de son concurrent. Mais c’est trop peu, trop tard, selon l’expert Renato Hübner Barcelos.

C’est admettre qu’on n’est pas aussi innovant qu’Apple, dit-il. C’est une crise qui touche toutes les marques de smartphones à ce moment-là.

En 2010, la société californienne lance l’iPad, sa première tablette, et, cinq ans plus tard, une montre intelligente, baptisée Apple Watch. Les AirPods, des écouteurs sans fil, font leur apparition en 2016.

Au-delà du populaire App Store, la société californienne s’immisce dans plusieurs domaines au fil des années : la musique en continu (Apple Music), les paiements mobiles (Apple Pay), les services d’infonuagique (iCloud) et la diffusion de séries et de films en continu (Apple TV+).

Obsolescence programmée

Avec de nouveaux modèles tous les ans et des mises à jour qui semblent faire ralentir les plus vieux appareils, Apple devient la cible de nombreuses poursuites pour obsolescence programmée.

L’obsolescence programmée, c’est le fait de diminuer la durée de vie normale d’un bien qu’on achète, explique Sara Eve Levac, avocate chez Option consommateurs.

Selon nous, faire en sorte que le logiciel ne peut plus être mis à jour, ça pourrait être effectivement de l’obsolescence programmée.

Il y a deux ans, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a approuvé un accord de règlement allant jusqu’à 14,4 millions de dollars dans le cadre d’un recours collectif visant Apple. On reprochait à l'entreprise d'avoir délibérément fourni des mises à jour logicielles qui ralentissaient ses modèles iPhone 6 et 7.

Sara Eve Levac.

Sara Eve Levac est avocate chez Option consommateurs.

Photo : Radio-Canada / Antoine Sirois

Le Québec est toujours la seule province jusqu’ici à serrer la vis aux entreprises qui vendent des biens dont la durée normale de fonctionnement a été délibérément limitée.

Le gouvernement fédéral, il y a quelques années, a modifié la Loi sur la concurrence, souligne l’avocate Sara Eve Levac. On peut maintenant forcer un fabricant à offrir des informations pour faire réparer un bien ou des pièces, mais ça demeure un recours qui est relativement dispendieux.

L’expert David Soberman s’est penché sur la question d’obsolescence programmée, ayant analysé une gamme d’appareils. Les produits Apple sont au-dessus de la moyenne au niveau de durabilité par rapport aux autres produits. Alors, cette critique d’Apple, ce n’est peut-être pas mérité, dit-il.

Selon lui, l’entreprise doit trouver un bon équilibre entre ce désir de durabilité, qui permet de minimiser la quantité de déchets électroniques générés chaque année, et le désir des consommateurs d’acquérir les plus récents modèles à la fine pointe de la technologie.

L’intelligence artificielle, un défi existentiel

Réussir le tournant de l’intelligence artificielle (IA) sera un défi de taille pour Apple. Le professeur de marketing, Renato Hübner Barcelos, note que l’entreprise a choisi de suivre le marché pour l’instant, alors que d’autres acteurs, comme Meta, Google, Anthropic et OpenAI, y investissent des milliards de dollars.

C’est une stratégie qui peut-être va produire des résultats à long terme. Mais si on voit, un jour, l’intelligence artificielle vraiment devenir la licorne que les investisseurs espèrent, Apple sera en position de désavantage, parce qu’elle n’a pas tant investi là-dedans, dit-il.

Le professeur Renato Hübner Barcelos.

Renato Hübner Barcelos est professeur au Département de marketing de l'UQAM.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes

Par contre, si je dois miser sur une société qui va quand même trouver la façon d’intégrer l’intelligence artificielle dans notre vie quotidienne, je miserais sur Apple, répond David Soberman, de l’Université de Toronto.

L’entreprise a tout de même développé son propre outil d’IA générative, Apple Intelligence, et racheté la jeune pousse ontarienne DarwinAI il y a deux ans.

En août dernier, dans la foulée de la politique tarifaire de Donald Trump, le PDG d’Apple s’est engagé à investir plus de 600 milliards de dollars sur quatre ans pour bonifier sa présence industrielle aux États-Unis. Lors de cette annonce, Tim Cook a ajouté que les investissements en IA seraient aussi accrus, sans chiffrer ses engagements.

Nous allons continuer à investir ici, en Amérique. Nous allons continuer à embaucher en Amérique, a-t-il lancé devant Donald Trump.

L’iPhone 17 Pro.

Les nouveaux modèles d’iPhone sont conçus pour accueillir l’outil d’IA Apple Intelligence.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Malgré certaines critiques sur son retard dans l’IA et le manque de créativité de ses nouveaux modèles, Apple continue de dépasser les attentes des investisseurs. Au moment de la publication, sa valorisation boursière dépassait les 3730 milliards de dollars.

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