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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMême si l’économie du Québec n’est pas en récession, on ne peut pas faire fi des indicateurs récents, qui montrent un ralentissement marqué, et des menaces du président Trump. Le Québec, déjà ralenti par les tarifs douaniers américains et la baisse de sa population active, doit maintenant composer avec l’effet des contre-tarifs canadiens, qui sont entrés en vigueur dans la nuit de lundi à mardi.
À cela s’ajoute l’annonce par le président des États-Unis, lundi après-midi, de sa volonté d’interdire la vente d’appareils de Bombardier en sol américain. Or, c’est 56 % du chiffre d’affaires de l’entreprise québécoise qui se fait aux États-Unis. Bombardier a des contrats avec de nombreuses entreprises et entités au sud de la frontière, avec l’armée américaine également et avec un total de 2800 fournisseurs.
C’est 5 % de la valeur totale des exportations du Québec qui viennent de Bombardier.
Dans le cadre d’une entrevue que nous allons diffuser à Zone économie | Profil le 12 octobre, le PDG de Bombardier, Eric Martel, nous disait vendredi dernier que si, demain, il y avait des tarifs, oui, on produirait moins d’avions, parce que ça demeure notre plus gros marché où on vend nos avions. Et si on ralentit nos cadences de production, oui, on ferait des mises à pied au Canada. Mais, mes 2800 fournisseurs aux États-Unis, eux aussi, ils feraient des mises à pied. Logiquement, ça ne fait pas de sens.
Donc, si la menace du président Trump de mettre fin aux ventes de Bombardier aux États-Unis va de l’avant, l’impact serait, sans aucun doute, majeur pour l’entreprise, mais aussi pour une série de fournisseurs aux États-Unis, au Canada et particulièrement au Québec.
Des pertes d’emplois
On apprenait par ailleurs, vendredi dernier, que le marché de l’emploi est vraiment en panne au Québec, alors qu’il s’est perdu 18 500 emplois en août, plus de 77 000 depuis le début de l’année. De ce nombre, 23 000 emplois ont été perdus dans la construction, un secteur aux prises avec une flambée des coûts.
Le taux de chômage reste stable à 5,6 % parce que le niveau de la population active est en baisse, des reculs annuels de 0,2 % en juillet et de 0,3 % en août. Les heures travaillées ont chuté de 0,3 % et de 1,7 % au cours de ces deux mêmes mois.
Les économistes de Desjardins parlent d’une quasi-stagnation . Ils viennent d’ailleurs, il y a quelques jours, de réviser à la baisse leurs prévisions de croissance du PIB pour le Québec, à seulement 0,4 % pour l’année en cours et 0,9 % l’an prochain.
Les heures travaillées sont en baisse par rapport à l’an dernier, écrit Desjardins dans une note publiée le 4 septembre, et toutes les grandes catégories d’emploi ont retranché des effectifs depuis le début de l’année : public, privé, travail autonome, temps plein, temps partiel.
De plus, la population de 15 ans et plus poursuit son déclin, et celle des 15 à 64 ans est maintenant 1,4 % sous son niveau d’août 2025.
Le graphique suivant montre bien qu’après une croissance de 2022 à 2025 attribuable à une hausse de l’immigration au Québec, le ralentissement de la population active est marqué, ce qui a des conséquences sur la hausse du PIB et des revenus autonomes prévus pour le gouvernement dans les prochaines années.
La montée des revenus autonomes va passer de 4,6 % en 2025-26 à 3,3 % en moyenne au cours des trois années suivantes, selon le rapport préélectoral diffusé par le ministère des Finances du Québec.

La taille et la croissance de la population active a des effets sur le PIB au Québec.
Photo : Desjardins
Desjardins ajoute que dans le secteur de la fabrication [qui représente plus de 10 % de l’emploi au Québec], les tarifs douaniers américains, en vigueur depuis le 22 août, risquent de ralentir davantage l’embauche, voire de mener à des pertes d’emplois dans les sous-secteurs plus exposés : bois et papier, plastiques, produits chimiques, machinerie et équipement, par exemple.
De 170 $ à 250 $ par ménage
Ces contre-tarifs douaniers, qui touchent 28 milliards de dollars de biens américains importés, sont de 15 à 50 %. C’est donc un tarif moyen de 30 % qui est imposé par le Canada, selon les calculs de l’économiste Trevor Tombe, de l’Université de Calgary. L’expert précise d’ailleurs qu’on ne peut pas parler d’une riposte dollar pour dollar, comme l’affirme le gouvernement du Canada, puisque la réponse tarifaire est finalement plus faible que la salve américaine.
Trevor Tombe affirme dans un texte publié le 2 septembre sur The Hub, puis sur le site de l’Institut McDonald Laurier, que l’impact économique des contre-tarifs sera de 4 milliards $ sur les Canadiens, soit 250 $ par ménage avec enfants et 170 $ en moyenne pour les ménages sans enfants. L’effet s’étendra sur plusieurs mois, selon lui.
Selon Trevor Tombe, il faut s’attendre à une hausse de plus de 1 % sur différents biens de consommation, de 0,3 à 0,4 % sur certains aliments, jouets et produits culturels.
Il estime que l’impact sur les ménages gagnant moins de 30 000 $ par année sera trois fois plus important que sur les ménages qui gagnent plus de 150 000 $.
Ces calculs sont faits à l’échelle canadienne. Or, l'impact sera probablement plus important au Québec, la province la plus touchée par la guerre tarifaire, avec l’Ontario et la Colombie-Britannique.


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