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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayEn plus de leur notoriété, les chefs bénéficient tout au long de la campagne d’une exposition médiatique plus qu’enviable. Qu’en est-il de ceux qui se mesurent à eux? Certains observateurs y voient un combat perdu d’avance. Bien au contraire, les candidats interrogés par Radio-Canada entrevoient des luttes serrées, misant sur leur présence sur le terrain et sur leur maîtrise des enjeux locaux.
Et l'histoire nous apprend que rien n'est impossible. En 1985, le péquiste Jean-Guy Parent avait battu le premier ministre libéral Robert Bourassa.
De même, Serge Cardin avait délogé Jean Charest dans la circonscription de Sherbrooke en 2012, mettant fin à un règne de quatre mandats au provincial.
On se souvient aussi de Caroline Simard, qui, alors sous la bannière libérale, avait défait la première ministre Pauline Marois en 2014.
On peut également citer, dans les campagnes opposant des candidats à des chefs de parti, Vincent Marissal (QS) qui avait délogé Jean-François Lisée (PQ) en 2018.
Chacune de ces luttes doit être vue aujourd’hui dans le contexte politique de l’époque, bien entendu.
Oh, Jonathan, tu vas être... contre la première ministre
Peu avant que ne soient déclenchées les présentes élections provinciales, Jonathan Couturier se préparait à se présenter comme candidat avec le Parti conservateur du Québec dans la circonscription de Trois-Rivières.
Il s’y apprêtait avant même que la première ministre sortante, Christine Fréchette, annonce qu’elle s’y présentait, plutôt que dans son comté de Sanguinet, en Montérégie.
Le parti m'a quand même avisé, ils (les instances du parti) m’ont dit : "Oh, Jonathan, tu vas être... contre la première ministre", a raconté M. Couturier.

Jonathan Couturier, à gauche d'un citoyen, compte mettre de l'avant lors de la campagne la sécurité publique, les infrastructures industrielles, comme le port de Trois-Rivières, ainsi que les infrastructures résidentielles.
Photo : Jonathan Couturier
Mais cette annonce, qui en aurait découragé plus d’un, n’a rien changé au plan de match de M. Couturier, qui a décidé de prendre le taureau par les cornes et a officialisé sa candidature après celle de Mme Fréchette. Il est enthousiaste à l’idée qu’il pourrait débattre contre elle lors de la campagne.
Ce qui anime surtout M. Couturier, c’est de faire connaître le programme conservateur, un changement de paradigme qui va s’opérer à long terme. Je suis un gars qui n’est pas là pour le pouvoir, pas là pour le salaire, en fait, je suis là vraiment pour les idées, assure-t-il.
Pour sa part, René Gauvreau, qui se présente sous la bannière solidaire contre Paul St-Pierre Plamondon, affirme avoir mûrement réfléchi avant de se mesurer au chef du Parti québécois dans Camille-Laurin.

L'itinérance, le dossier de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et la crise du logement sont les priorités dans le comté de Camille-Laurin, selon René Gauvreau.
Photo : Québec solidaire
M. Gauvreau sait comment remporter une élection, lui-même ancien député péquiste. Il dit s’intéresser aujourd’hui aux gens, pas aux partis.
Je ne vois pas une élection comme une bataille de rue, au contraire, je ne considère pas monsieur St-Pierre Plamondon, par exemple, comme étant mon adversaire.
Aux citoyens de Camille-Laurin, M. Gauvreau dit : Votez donc pour vous! Ne votez pas pour les autres [...] Moi, je fais une campagne avec le cœur, j'espère que les gens vont voter avec le cœur.
Ne pas avoir froid aux yeux
Moi, dans Orford, c'est clairement pour gagner, a répondu de son côté le candidat péquiste Jocelyn Caron, qui se mesure au chef libéral Charles Milliard.
Le Parti libéral est faible, il n'est pas apprécié des Québécois en général depuis plusieurs années, assène-t-il, et puis il y a une opportunité pour le Parti québécois, estime-t-il.

Les services gouvernementaux aux citoyens, la question de la qualité de l'eau et l'aggrandissement de l'école La Ruche à Magog comptent parmi les dossiers prioritaires dans Orford, croit Jocelyn Caron.
Photo : Facebook/Caroline Perron
Le parti l'a envoyé au front pour ses atouts de battant, estime M. Caron, connu auprès des membres du parti pour son rôle dans la rédaction du Livre bleu, l’ouvrage qui détaille la vision du PQ pour mener le Québec jusqu'à l’indépendance si la formation est portée au pouvoir.
On jugeait que j'avais le profil pour affronter Charles Milliard et que ça ne serait pas une élection où on laissait le terrain au chef du Parti libéral en disant essentiellement : "tu as gagné".
L'avantage du terrain
Dans le comté de Bellechasse, le chef conservateur Éric Duhaime tente non seulement d’obtenir la confiance des citoyens, mais il tente aussi de faire son entrée par la grande porte de l’Assemblée nationale.
Pour ce faire, il devra affronter la députée caquiste sortante, Stéphanie Lachance, qui représente les citoyens de cette circonscription depuis huit ans. Elle mise sur sa maîtrise des enjeux ruraux face à son principal adversaire.
Ça fait huit ans que je suis sur le terrain puis que je défends les intérêts des gens de Bellechasse, je connais tous les dossiers sur le bout de mes doigts. M. Duhaime arrive, lui, avec une grande ambition politique de se faire élire à l'Assemblée nationale.
Stéphanie Lachance se dit sereine de voir les pancartes d'Éric Duhaime apparaître dans sa circonscription. Elle dit être expérimentée après avoir reçu la visite de l’ancien maire de Montréal, Denis Coderre, il y a deux ans. Ce dernier avait annoncé son intention de s’y présenter avant que sa candidature comme chef du PLQ ne soit finalement rejetée.

Le maintien des services de proximité est en quelque sorte le cheval de bataille de Stéphanie Lachance.
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Je trouve ça même assez particulier que des gens de Montréal ou de Laval [M. Duhaime y a grandi, NDLR], des personnalités publiques, mais de milieux très urbains viennent se coller à un milieu rural où ils ne connaissent à peu près rien dans le fond de la réalité, affirme Mme Lachance.
La députée sortante estime qu’être un chef est une lame à deux tranchants. Avec toutes ses obligations de chef de parti à l’échelle nationale, il risque de manquer de temps pour les citoyens qu’il compte représenter, pense Mme Lachance. Comment il va faire pour servir Bellechasse?, demande-t-elle.
Seize ans de règne solidaire dans Mercier
Le candidat libéral Thierno Diallo, qui se présente dans la même circonscription que la co-porte-parole solidaire Ruba Ghazal, abonde dans le même sens que Mme Lachance.
[Ruba Ghazal] va avoir une représentation beaucoup plus forte à faire au niveau national qu'au niveau de Mercier. Et moi, je vais être un député à temps plein! Dédié à temps plein pour les problèmes de Mercier.
D’ailleurs, M. Diallo ne se laisse pas intimider par l’idée de se mesurer à une cheffe de parti. Je savais que c'était un défi, mais j'ai choisi quand même de me présenter pour [les citoyens de] Mercier.

Le bilan dans Mercier n'est pas à la hauteur des promesses qui avaient été faites par Québec solidaire, selon Thierno Diallo.
Photo : Thierno Diallo
Et après seize ans de représentation solidaire dans Mercier – Amir Khadir y a été élu pour la première fois en 2008, puis Ruba Ghazal depuis 2018 – M. Diallo affirme que le bilan est mitigé.
Les enjeux prioritaires pour les gens de Mercier, c'est la crise du logement, c'est le coût de la vie, c'est les difficultés des familles à avoir accès aux services de garde, c'est l'itinérance, énumère M. Diallo. C'est aussi le sentiment de ne pas être entendu.
Recette pour battre un chef
Défaire un chef dans sa circonscription, Caroline Simard en sait quelque chose.
C’est elle qui, sous la bannière libérale en 2014, l’a emporté contre nulle autre que l’ancienne première ministre du Québec, Pauline Marois, dans le comté de Charlevoix–Côte-de-Beaupré.
Mme Simard se présente aujourd’hui comme candidate conservatrice au même endroit.

Caroline Simard rappelle qu'il ne faut jamais sous-estimé un adversaire.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
Si Mme Marois a marqué l’histoire en devenant la toute première femme première ministre du Québec, Mme Simard a aussi marqué l’histoire, doit-on le souligner, en devenant la première femme à remporter une élection contre une première ministre sortante (ou premier ministre sortant).
Mener une campagne dans la même circonscription que Mme Marois a été pour Mme Simard un privilège, puisque les les chefs de parti sont des personnalités qui forgent le Québec, a témoigné Mme Simard.
D’ailleurs, selon sa perspective, elle ne se présentait pas contre quiconque, mais bien pour que les gens de chez nous aient quelqu’un de présent.
Pour ce qui est de la recette gagnante, Mme Simard souligne que sa présence sur le terrain lui a conféré un avantage important dans une circonscription exigeante de plus de 11 000 km2. Une visibilité que n’a pas pu se permettre Mme Marois, occupée à sillonner le Québec.
Aux candidats qui se mesurent à un chef, Mme Simard leur conseille de se lancer et ne pas se laisser intimider.


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