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Collision à LaGuardia : les incursions de piste sont en hausse au Canada, alerte le BST

2 months ago 15

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Les présences inappropriées sur des pistes d’atterrissage, comme celle qui a mené à la collision mortelle de l’aéroport LaGuardia, dimanche soir, sont en hausse au Canada, alerte le Bureau de la sécurité des transports (BST).

En 2024, on a dénombré pas moins de 639 incursions de piste, soit la présence inappropriée d’un avion, d’un véhicule ou d’une personne sur une piste de décollage et d’atterrissage, un sommet en quinze ans.

Et le taux général d'incursions par 100 000 mouvements est aussi en hausse, une tendance inquiétante, selon le président du BST Yoan Marier.

C’est sur notre liste de priorités depuis 2010, a-t-il précisé en entrevue à Radio-Canada. On martèle depuis des années qu’il doit y avoir une action coordonnée de la part du régulateur, Transports Canada, et de l’industrie pour essayer de diminuer ce taux.

Aux États-Unis, on a enregistré 1636 incursions de piste en 2025, selon les données de la FAA, l’Agence américaine de l’aviation civile. En 2023, cependant, la présidente de l’Agence américaine de sécurité des transports (NTSB) avait elle aussi sonné l’alarme quant à l’augmentation des « close calls », les moments où un accident est évité de justesse, dans les aéroports des États-Unis.

La grande majorité de ces événements se terminent sans causer d’accident, mais ils créent un risque, rappelle M. Marier. Et l’accident de dimanche, qui a été capté par vidéo et qui a mené au décès des deux pilotes de l’aéronef, a mis en exergue l’ampleur du danger que ces incursions peuvent représenter.

Une photo installée sur le grillage de l'aéroport Montréal-Trudeau.

Une photo du pilote québécois Antoine Forest a été installée sur la clôture du parc Jacques-de-Lesseps, endroit prisé des amateurs d'aviation pour sa vue sur l'aéroport Montréal-Trudeau.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Pour nous, chaque incursion, même si elle ne mène pas à un accident, mérite qu’on la regarde de plus près pour voir ce qui est arrivé et pour éviter que ça se reproduise dans le futur.

Yoan Marier a appelé Transport Canada, les opérateurs, ainsi que Nav Canada, qui embauche et certifie les contrôleurs aériens, à se pencher ensemble sur la question.

Ce n’est pas quelque chose qu’un simple nouveau règlement ou une nouvelle mesure dans un aéroport [vont régler], a-t-il indiqué.

C’est la job du gouvernement du Canada de déterminer, avec les autorités américaines, les causes de cette tragédie et de prendre des mesures afin d’assurer qu’il n’y aura pas de répétition, a reconnu le premier ministre Mark Carney en mêlée de presse à Ottawa mercredi matin.

Autorisé à traverser 20 secondes avant l'impact

Une photo fournie par le NTSB montre des inspecteurs autour de l'avion écrasé à l'aéroport LaGuardia.

L'Agence américaine de l’aviation civile, le NTSB, est chargée de faire la lumière sur les événements.

Photo : Reuters / NTSB

Puisque l’enquête sur les événements tragiques de samedi n’en est encore qu’à ses débuts, M. Marier a refusé de la commenter directement.

Une équipe de trois enquêteurs du BST est arrivée à New York mardi pour participer à l’enquête menée par leurs homologues du NTSB.

Ils ont pour rôle de donner des idées de pistes d’enquête, mais surtout de faire le lien avec l’opérateur du CRJ900, Jazz Aviation et son manufacturier, Bombardier.

Mardi après-midi, le NTSB a présenté le contenu des communications entre la tour de contrôle, l’avion d’Air Canada Express et les véhicules sur la piste.

Le camion de pompiers, qui allait intervenir auprès d’un autre avion, a été autorisé à traverser la piste d'atterrissage 20 secondes avant l’impact.

Onze secondes plus tard, la tour de contrôle a ordonné, à de multiples reprises, au camion de s’arrêter, ce qu’il n’a pas fait. La raison pour laquelle le conducteur n’a pas réagi n’est pas encore connue.

Le véhicule d'urgence n'était pas muni d'un transpondeur, un appareil facilitant la détection radar, a indiqué hier la présidente du Bureau américain de la sécurité des transports, Jennifer Homendy. Par ailleurs, un système de détection visant à alerter la tour en cas de risque de collision ne s'est pas activé, probablement en raison du grand nombre de véhicules sur la voie, selon les enquêteurs.

Avec les informations de Jean-Philippe Robillard et de l'Associated Press

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