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Crise à TVA : PKP appelle à la mobilisation, sans exclure d’autres coupes

3 weeks ago 12

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Pierre Karl Péladeau, le président et chef de la direction par intérim de Groupe TVA, a appelé, mardi, l’ensemble du milieu de l'audiovisuel québécois à se mobiliser face à la crise générale qui touche l'industrie, et particulièrement son entreprise. Il n’a fermé la porte ni à des pertes d’emplois et annulations de séries supplémentaires, ni à une fermeture de TVA à plus long terme.

L’homme d’affaires a commencé sa conférence de presse en rappelant le contexte difficile dans lequel les diffuseurs privés, comme TVA, sont plongés depuis plusieurs années : chute des revenus publicitaires, puisqu’ils sont accaparés par des joueurs étrangers comme Google et Meta; concurrence de plateformes comme Netflix et Google; perte de revenus générés par les abonnements aux câblodistributeurs; financement moindre du Fonds des médias du Canada en raison de la baisse du nombre d’abonnés aux câblodistributeurs…

Comment voulez-vous qu’on y arrive avec 90 % des revenus publicitaires [en ligne au Canada] qui s’en vont à l’étranger?, s’est-il interrogé.

Pierre Karl Péladeau a également réitéré ses accusations de concurrence déloyale en matière de publicité à l’égard de CBC/Radio-Canada. Ils sont largement subventionnés, mais ils viennent en permanence rechercher la seule et unique source de revenus de la télé privée, a-t-il déploré, précisant que le montant des aides reçues par TVA est incomparable avec les sources de revenus du diffuseur public.

Est-ce qu’on pourrait avoir un petit break? Ce n’est pas ce qui va changer fondamentalement la situation, mais ça va donner un espace, a-t-il déclaré.

8:57

Entrevue avec le patron de Québecor Pierre-Karl Péladeau.

Selon les chiffres présentés mardi, le Groupe TVA a enregistré une baisse de 14 % des revenus publicitaires sur la télévision traditionnelle entre 2023 et 2025 et un recul de 20 % des investissements en production originale depuis trois ans.

Toutes les parties prenantes doivent participer

Devant cette crise, l’homme d’affaires estime que le Groupe TVA a entrepris les efforts nécessaires : réduction de ses effectifs – 800 mises à pied effectuées entre 2022 et 2025 –, fermeture de stations régionales, vente d’édifices…

Toutefois, ces réorganisations ne suffisent plus, selon lui.

Nous considérons que toutes les parties prenantes doivent participer. Sinon, c’est tous ensemble qu’on va se planter.

Pierre Karl Péladeau demande ainsi un allégement administratif à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et au Bureau de certification des produits audiovisuels canadiens (BCPAC).

Il réclame également davantage de flexibilité au syndicat qu’est l’Association québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS) et à l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM). Cette dernière représente les producteurs de télévision lors des négociations de convention collective avec les différents syndicats du milieu.

Enfin, le Groupe TVA demande aussi l’annulation de la déductibilité fiscale des dépenses publicitaires auprès des entreprises étrangères et la création d’un incitatif fiscal supplémentaire en matière d’achat publicitaire dans des médias québécois et canadiens.

Des pertes d’emplois, si rien ne change

Si rien n'est fait, des productions originales ne verront pas le jour, certaines seront remplacées par des acquisitions étrangères moins coûteuses et des tournages seront délocalisés à l'extérieur du Québec, a exposé Pierre-Karl Péladeau.

Lorsqu'on l'a interrogé pour savoir s'il anticipe à très court terme d'autres pertes d'emplois ou le débranchement d'autres séries à TVA, celui qui est aussi PDG de Québecor a répondu Si rien ne change, oui, ça va se produire, sans toutefois s'avancer sur les scénarios possibles.

Trois hommes et une femme posent.

TVA a récemment débranché sa série « Indomptables » faute de financement.

Photo : Yan Turcotte

Invité à se prononcer sur l’éventualité d’une possible fermeture pure et simple de TVA, l’homme d’affaires s’est refusé à faire un pronostic pour l’année, tout en rappelant que des gestes difficiles ont été posés en presse écrite et que le Journal de Montréal est aujourd’hui vivant et sort des enquêtes.

PKP défend les demandes de dérogation aux conventions collectives

Quant à la demande de dérogation collective effectuée auprès de l’AQTIS par le producteur d’une série destinée à Québecor Média afin d’en réduire les coûts de production, Pierre-Karl Péladeau a indiqué que ce type de demande n’était pas nouveau.

Est-ce que ces demandes de dérogation étaient aussi lourdes de conséquences qu’on aurait mentionné?, s’est-il interrogé. Quand les Américains viennent tourner, il y en a, des dérogations, ils les obtiennent.

Peu après, Gabriel Pelletier, président de l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, a exprimé son désaccord avec Pierre-Karl Péladeau, en entrevue à Midi info.

Là où je ne suis pas d’accord avec lui, c’est quand on s’attaque aux plus vulnérables de notre industrie, à savoir les artistes et les artisans. Ce n’est pas en taxant les plus pauvres qu’on va sauver notre télévision, a-t-il martelé.

Le Groupe TVA est actionnaire minoritaire de plusieurs compagnies de production, il y a eu un mot d’ordre de réduire les cachets de 30 %, a-t-il expliqué à Alec Castonguay.

Je ne sais pas dans quelle industrie on accepterait que des gens soient amputés soudainement de leur salaire de 30 %. Ça ampute non seulement la qualité de la production, mais aussi la capacité de créer de ces artistes et artisans-là.

Des mesures provinciales annoncées d'ici le 24 juin

Le ministre québécois de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a déclaré ce midi, en mêlée de presse, qu'il présentera sa stratégie pour l'audiovisuel, développée à partir des recommandations du Groupe de travail sur l’avenir de l’audiovisuel au Québec (GTAAQ), avant le 24 juin, jour de la fête nationale du Québec.

Un homme est debout.

Le ministre québécois de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, à l'Assemblée nationale le 12 mai 2026.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Une enveloppe de 280,4 millions de dollars destinée à répondre aux défis du secteur audiovisuela été prévue dans le budget 2026-2027, présenté en mars.

Je pense que Radio-Canada devrait se retirer du marché publicitaire, et ultimement aussi Télé-Québec, a-t-il également déclaré.

Plus tard, lors de la période des questions, Mathieu Lacombe a précisé que son plan ne prendra pas la forme d'un chèque envoyé à des diffuseurs comme TVA, mais de mesures pour donner davantage de moyens aux créateurs culturels et rendre les modèles d'affaires viables dans le nouvel écosystème en place.

Gérer de la décroissance n'est pas un modèle d'affaires viable. [...] Couper dans les conventions collectives, ce n'est pas non plus un modèle d'affaires viable, a-t-il dit, en référence à la demande faite à l'AQTIS de déroger à sa convention collective.

Avec les informations de La Presse canadienne

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