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Des clientes sans robe ni remboursement après la fermeture des boutiques Champagne!

5 hours ago 5

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La boutique de robes de mariées et de bal Champagne! a subitement fermé ses établissements de Montréal et de Saint-Hyacinthe, cette semaine. Résultat : des dizaines de clientes se retrouvent sans robe et sans remboursement à quelques jours de leur événement.

Marie-Pier Letendre se marie samedi. Dès janvier, elle a essayé des robes et en a réservé une pour location auprès d'un magasin Champagne!. Le prix : 1400 $, ce qui comprend les ajustements faits par la couturière, payés à l’avance.

Cependant, à une semaine de l’événement, elle n’avait toujours pas de message lui annonçant que la robe était prête. Ses courriels, messages privés envoyés sur les réseaux sociaux et appels au magasin sont demeurés sans réponse.

On m’a laissée dans le vide. On ne m’a même pas écrit de message pour m’informer, dénonce-t-elle.

Marie-Pier Letendre en entrevue.

Marie-Pier Letendre, cliente de la boutique Champagne!

Photo : Radio-Canada

Mercredi soir, c’est par messagerie vocale qu’elle a appris que la boutique fermait ses portes. Seules les personnes ayant acheté une robe pouvaient venir les chercher; dans le cas de celles qui ont opté pour la location, aucun remboursement n’est prévu.

On peut qualifier ça d’un vol. Tu payes pour un service que tu n’auras jamais et, en plus, on ne prend même pas la peine de faire en sorte que tu te sentes bien dans la situation malgré tout, déplore-t-elle. Sans remboursement, elle dit avoir dû trouver une robe avec le peu qu’elle avait.

2:29

Le reportage d’Aimée Lemieux

Des centaines de dollars engloutis pour plusieurs clientes

Des dizaines de clientes des boutiques Champagne! font face au même constat.

Sous une publication du groupe Mariage Québec sur Facebook, plusieurs mentionnent qu'elles ont dû débourser des centaines de dollars pour réserver leur robe.

Audrey Mongrain, elle, a déboursé 611 $ pour la location de la robe de bal de sa fille Maïka.

Cette dernière, qui a 16 ans, confie qu'elle a pensé abandonner l’école cette année. C’est son bal, dit-elle, qui l’a convaincue de rester. Ma mère m’a dit : "Tu as juste un bal dans ta vie. Si tu le fais, on va t’acheter la robe que tu veux." Et on avait cherché longtemps, raconte-t-elle.

Mardi, son second rendez-vous d’essayage a été annulé.

Comme mère monoparentale, qui a de la misère à joindre les deux bouts, qui a promis à sa fille la plus belle robe et qui avait économisé pour ça, je n’ai pas les moyens de repayer cette somme-là, malheureusement. Je trouve ça aberrant. Je trouve ça grave, martèle Mme Mongrain.

Au passage de Radio-Canada, Audrey Mongrain et sa fille essayaient des robes de bal reçues à la faveur d'une vague de soutien qui a suivi leur publication sur les réseaux sociaux.

Audrey Mongrain et Maïka Paquin.

Audrey Mongrain (à gauche) et sa fille, Maïka Paquin (à droite)

Photo : Radio-Canada

En janvier 2024, un reportage de l’émission J.E., au réseau TVA, avait pourtant exposé des pratiques de la boutique concernant notamment des robes mal confectionnées. Pourquoi ce type de commerce, quand ça ne va pas, réussit à revenir deux ans plus tard? [...] Je me sens encore plus flouée, affirme Mme Mongrain.

Par courriel, l’entreprise n’a pas souhaité commenter. Une annonce sera diffusée la semaine prochaine. [...] Les parties intéressées seront informées des développements en temps opportun, peut-on lire.

« Pas complètement sans espoir », selon l'OPC

Comme consommateur, il faut se rappeler que, chaque fois qu'on paye à l'avance pour un service ou un bien qui doivent être rendus plus tard, il faut craindre cette éventualité-là d'une fermeture ou d'une faillite, explique le porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC), Charles Tanguay.

Selon la Loi sur la protection du consommateur, un commerçant doit verser les sommes reçues dans un compte en fidéicommis, lorsque le bien ou le service vendu est livré ou rendu dans plus de deux mois. S’il ne l’a pas fait, on pourrait poursuivre le commerçant, indique M. Tanguay.

Les boutiques Champagne! ont déjà été prévenues par l’OPC qu’elles ne respectaient pas l’obligation, ajoute-t-il. Ce n’est pas évident, mais ce n’est pas complètement sans espoir.

Celles qui ont payé par carte de crédit pourront demander un remboursement à l’émetteur de leur carte, comme elles n’ont pas obtenu ce pour quoi elles ont payé, fait valoir Charles Tanguay. C’est prudent, lorsqu’on laisse un crédit, de payer par carte de crédit, dit-il à ce sujet.

M. Tanguay recommande aussi de laisser le plus petit montant possible en dépôt et de demander aux commerçants comment ils protégeront les sommes lors de l’achat.

Je vais faire tout ce que je peux jusqu'à la fin contre eux, parce que je pense que cet argent-là qu'ils ont pris, c'est de l'argent gratuit pour eux, que moi j'ai travaillé extrêmement fort, affirme Mme Letendre.

Avec les informations d'Aimée Lemieux

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