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Des rampes d’accès pour monter sur les rings de boxe

2 months ago 15

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Depuis quelques années déjà, Boxe Canada s’affaire à créer un volet para afin de permettre à des athlètes en fauteuil roulant de monter sur le ring. Une étape importante devait être franchie en fin de semaine, en marge de son championnat national, avec un premier combat officiellement sanctionné par cette fédération. Celui-ci a toutefois dû être annulé à la dernière minute, ce qui a du même coup mis en lumière le principal problème avec lequel cet organisme est aux prises.

Dans le monde du parasport, les classifications revêtent une importance capitale, peu importe la discipline, afin de s’assurer de compétitions justes et honnêtes. Toutefois, en boxe, elles acquièrent une signification supplémentaire et même vitale. Pour des raisons de sécurité, les deux opposants doivent absolument être à armes égales : poids, sexe et handicap sont pris en considération.

Cela réduit le nombre d'affrontements possibles et accroît considérablement le travail des apparieurs, même pour des combats de démonstration.

Deux Canadiens en fauteuil roulant avec des profils semblables avaient toutefois manifesté leur intérêt pour s’affronter au Genesis Centre de Calgary, samedi.

Une merveilleuse occasion de mettre le parasport en vitrine s'était alors présentée aux organisateurs. L’idée, c'était de montrer que c’est possible pour des représentants et des entraîneurs venus d’un peu partout et qui participent à notre tournoi, a indiqué Christopher Lindsay, directeur de la fédération, en entrevue à Radio-Canada Sports. On a déjà vu des combats au niveau régional, mais jamais dans un cadre comme le nôtre, à l’échelle nationale. Ç'aurait été fantastique, pour la reconnaissance de la boxe en fauteuil roulant, de voir pour la première fois un résultat officiel avec le nom d’un gagnant inscrit pour la première fois.

Tout était prêt. Un communiqué avait même été publié. Cependant, un désistement de dernière minute, en raison d’un problème de santé, a rayé le combat de la carte. Malheureusement, cela ne s'est pas réalisé cette année, regrette Christopher Lindsay. Toutefois, notre engagement demeure le même. Simplement en conservant la catégorie para lors des championnats nationaux, on envoie le message que c'est possible. On va travailler avec les entraîneurs et avec les clubs qui le veulent.

Une femme handicapée présente fièrement un gant de boxe.

Jani Barré

Photo : Courtoisie / Jani Barré

Jani Barré s’entraîne depuis 12 ans au Club de boxe de Saint-Hyacinthe. Elle connaît bien cette question.

Cette Québécoise a disputé trois combats en fauteuil roulant, les deux premiers contre une adversaire qu’elle a elle-même recrutée et entraînée.

Elle a ensuite livré un troisième combat en 2023 à l’Expo de Trois-Rivières en préambule d’un combat de Jean Pascal. Mon troisième combat a eu lieu à Trois-Rivières. Mon adversaire initiale a dû se retirer pour des raisons de santé. Ma conjointe a alors proposé de prendre sa place. Elle n’avait aucune expérience en fauteuil roulant, mais elle s’est entraînée pendant un mois. On a finalement livré un très bon combat. On a appelé ça le premier combat conjugal de l’histoire!

Jani Barré est atteinte d’ostéogenèse imparfaite, qu’on appelle communément la maladie des os de verre. La boxe peut donc sembler être un passe-temps inusité pour une personne prédisposée génétiquement aux fractures.

Cependant, la fille du célèbre Bernard Barré trouve trop de bienfaits dans la boxe pour s’en priver. Avec ma maladie, c’était important de renforcer mes muscles pour protéger mes os fragiles. Le sport était essentiel et la boxe s’est révélée idéale.

J’ai commencé très progressivement, car j’ai subi de nombreuses fractures, donc il fallait y aller prudemment pour éviter de me blesser. Mais maintenant, je m’entraîne intensément : ballon au mur, exercices techniques, travail de frappe...

Cette femme qui détient une marque mondiale comme marathonienne en fauteuil roulant espère toujours livrer un premier combat sanctionné, idéalement un combat auquel sa conjointe pourra assister à partir du confort de son siège et non pas de l'intérieur du ring, dans un fauteuil roulant loué à la pharmacie.

Il faut un encadrement rigoureux. J’aimerais affronter quelqu’un de ma catégorie, avec une classification équitable. J’aurai bientôt 47 ans, mais je suis prête à renfiler les gants de boxe dans un bon encadrement.

Boxe Canada dit qu'elle s'inspire des meilleures pratiques à l'international, notamment de ce qui se fait au Royaume-Uni, pour établir les catégories, qui sont d'ailleurs affichées sur son site web.

En ce qui concerne la classification, elle repose principalement sur deux éléments : les capacités motrices globales et le contrôle du tronc. Ce sont des critères similaires à ceux utilisés dans d’autres sports en fauteuil roulant, explique Christopher Lindsay. Le contrôle du tronc est particulièrement important : un athlète capable de se pencher et d’éviter les coups ne peut pas être opposé à quelqu’un qui n’a pas cette capacité. Ces différences doivent être prises en compte pour garantir l’équité.

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