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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« Quand on regarde les 20 dernières années, on a eu 110 % d’augmentation de signalements à la DPJ », affirme la ministre Sonia Bélanger. La moitié des prises en charge concerne la négligence ou le risque de négligence des parents.
Il s’agit d’une proportion beaucoup trop importante, convient la directrice nationale de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), Lesley Hill. Il y a beaucoup de situations où c’est de la négligence avec de la pauvreté. La ligne n’est pas toujours si franche que ça, explique-t-elle.
Dans une nouvelle stratégie sur la protection de l’enfance obtenue par Radio-Canada, Québec compte réaliser un virage en misant sur les services de prévention. Elle vise à recentrer l’intervention de la DPJ pour les situations où elle est réellement nécessaire.
L’objectif principal : aider davantage les familles en détresse, ce qui pourrait contribuer à diminuer les signalements pour négligence.
Changer d’approche
La Loi pour la protection de la jeunesse est faite pour la maltraitance. C’est quand on a tout essayé le reste… quand on a essayé d’aider les familles, mais que ça ne fonctionne pas, rappelle Lesley Hill.
Au fil des années, on a ajouté des motifs de signalement. Je vois du monde arriver à la DPJ qui n’ont pas eu les services qu’il fallait avant. Pourquoi? Probablement parce qu’il y a eu un sous-financement de la première ligne.
Il faut travailler davantage avec la première ligne. Ça veut dire les organismes, les différents partenaires sur le terrain, les milieux scolaires et aussi les CLSC, ajoute la ministre Bélanger, qui établit un lien direct avec la Politique sur les soins et les services de première ligne qu’elle a lancée la semaine dernière.

La directrice nationale de la protection de la jeunesse, Lesley Hill, et la ministre de la Santé, Sonia Bélanger.
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Lesley Hill donne un exemple de signalement potentiel pour négligence. On voit des enfants qui arrivent à l’école et qui n’ont pas de lunch ni de bottes. […] Avant, on avait des friperies à l’école et des collations, mais le système s’est beaucoup professionnalisé au fil du temps et on s’est éloigné de la solidarité, constate-t-elle.
Mme Hill espère aussi diminuer le recours à l'hébergement en centre jeunesse, qu’elle juge trop institutionnel. Pour ce faire, croit-elle, il faut offrir plus de ressources en amont sur le terrain.
J’ai fait une analyse fine de mon budget : 80 % de nos ressources sont investies en protection de la jeunesse – ce qui veut dire principalement dans les centres jeunesse –, 13 % vont pour les CLSC et 7 % seulement pour le communautaire. Comment peut-on penser que ça va couvrir la demande? déplore-t-elle.
Québec compte investir 34 millions de dollars dans sa nouvelle stratégie, prévue sur une durée de trois ans.
Travailler avec les communautés culturelles
Dans ces mêmes documents, on constate que certains groupes demeurent surreprésentés à la protection de la jeunesse. Parmi ceux-ci, on trouve les Premières Nations et les Inuit, mais également certains groupes issus de l’immigration ou des enfants vivant dans un contexte de précarité.
La situation est simple, soutient la directrice nationale de la DPJ. C’est de financer des organismes communautaires pour qu’ils travaillent avec nous afin de faire de la médiation culturelle et de donner des services à ces parents-là. C’est souvent un problème d’adaptation à la terre d’accueil ou des gens qui ont eu un parcours migratoire difficile.
Elle affirme que des projets sont en cours de développement dans certaines régions pour aider ces familles. On voit des situations où c’est vraiment des pratiques parentales différentes, des méthodes éducatives du pays d’origine, où les parents étaient considérés comme de bons parents. Ils arrivent ici, où on a moins de tolérance pour les corrections physiques, par exemple, fait-elle remarquer.
Les risques de négligence faibles ou modérés devraient faire l’objet de services adaptés et interdisciplinaires, tandis que les enfants ayant besoin de protection urgente et pour lesquels le risque est élevé devraient recourir davantage aux mécanismes de protection de la jeunesse, peut-on lire dans les documents de la stratégie dévoilée ce mercredi.
La stratégie « Grandir en confiance » est déposée au moment où des centaines de groupes communautaires font la grève et se mobilisent pour dénoncer leur sous-financement. Le mouvement Le communautaire à boutte prévoit différents moyens de pression.
La ministre Sonia Bélanger souligne leur « travail exceptionnel » et reconnaît leur importance en première ligne. Elle affirme que son gouvernement a doublé le financement du réseau communautaire depuis son arrivée en 2018.


2 months ago
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