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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe seul aéroport donnant aux organisations humanitaires un accès à l'épicentre de l'épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a rouvert mardi, un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) faisant état d'une forte baisse des cas probables de contamination signalés.
La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie de maladie à virus Ebola, la 17e dans le pays africain de plus de 100 millions d'habitants. L'OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale. Son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui s'est entretenu avec le président congolais Félix Tshisekedi lundi, s'est rendu samedi dans le foyer de l'épidémie.
À ce stade, 48 décès ont été recensés sur 321 cas confirmés de contamination, selon les autorités sanitaires congolaises et l'OMS. Quinze cas, dont un décès, ont par ailleurs été enregistrés en Ouganda voisin, selon le ministère de la Santé de ce pays.
Selon l'OMS mardi et sur la base d'informations fournies par les autorités congolaises, le nombre de cas suspects s’établit désormais à 116. Un bilan vendredi de l'Africa CDC, l'agence sanitaire de l'Union africaine, faisait état de 1139 cas suspects, dont 246 décès vraisemblablement causés par la maladie.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, arrive à Bunia, dans l'est de la RDC, le 30 mai 2026.
Photo : Getty Images / GLODY MURHABAZI
De nombreux malades ont été écartés après vérification et soit souffrent d'autres maladies, soit n'ont présenté qu'un épisode de fièvre sans autre symptôme, a expliqué lors d'une conférence de presse à Genève Christian Lindmeier, porte-parole de l'OMS.
« Sous contrôle »
En réalité, peu de tests ont été menés en laboratoire jusqu'ici, essentiellement par manque de moyens en RDC. Au 22 mai, soit une semaine après la déclaration officielle de l'épidémie, seuls 342 échantillons avaient été envoyés pour analyse.
Les autorités sanitaires internationales tentent d'augmenter la capacité à tester afin d'avoir une meilleure visibilité de l'ampleur de l'épidémie. L'Africa CDC a indiqué vendredi avoir livré à la RDC des réactifs pour réaliser 4800 tests, une partie étant déjà parvenue au foyer de l'épidémie.
Le gouvernement congolais, qui a récemment annoncé la guérison de plusieurs malades, s'est de son côté lancé ces derniers jours dans une vaste opération de communication pour assurer que la situation est sous contrôle.

Des agents de santé portant des équipements de protection sont désinfectés après avoir quitté la zone d'isolement de l'hôpital général de référence à Mongbwalu, en République démocratique du Congo, le 21 mai 2026.
Photo : Getty Images / Michel Lunanga
L'annonce d'une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola dans ce pays parmi les plus pauvres du monde avait créé l'inquiétude des autorités sanitaires internationales. D'autant plus qu'il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique pour le virus Bundibugyo, à l'origine de la flambée épidémique actuelle.
La plupart des grandes épidémies du passé provenaient du virus Zaïre, le seul pour lequel un vaccin est homologué. L'Ebola a tué plus de 15 000 personnes en Afrique ces 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2300 morts pour 3500 malades recensés, entre 2018 et 2020.
L'Africa CDC a promis un vaccin pour Bundibugyo d'ici la fin de l'année. L'OMS planche sur des essais cliniques.
Le risque sanitaire pour les pays proches de la RDC est élevé, selon l'OMS, mais reste faible au niveau mondial.
« Surveillance »
En Ituri, province du nord-est congolais et foyer de l'épidémie, les services de l'État sont depuis longtemps absents. La plupart des structures médicales n'ont que peu de moyens et les soignants se sont trouvés désemparés devant la magnitude de la crise.
La région est par ailleurs une des plus troublées du pays. Des groupes armés y commettent régulièrement des massacres et rendent l'accès difficile.
L'enclavement et la situation sécuritaire ont rendu la région largement dépendante de l'aéroport de Bunia, capitale provinciale, pour la riposte sanitaire.
La décision des autorités congolaises le 23 mai de suspendre les vols vers et depuis Bunia avait laissé craindre un ralentissement dans l'acheminement du matériel médical indispensable pour tenter d'endiguer l'épidémie.
Quelques vols sanitaires et des vols spéciaux transportant des membres du gouvernement ont toutefois été autorisés depuis Kinshasa.

Un homme accroche une affiche de mesures pour empêcher la transmission du virus Ebola.
Photo : Getty Images / GLODY MURHABAZI
Le ministre de la Santé Samuel Roger Kamba avait évoqué la nécessité de mettre en place des mesures sanitaires pour les voyageurs.
Après une évaluation du processus de surveillance de l'épidémie, les conditions sont désormais réunies pour permettre une reprise progressive et sécurisée des activités aériennes, a indiqué mardi le ministère des Transports dans un communiqué.
La réouverture de l'aéroport de Bunia constitue un bon signe pour la riposte. Elle va permettre le déploiement rapide du personnel de santé, s'est félicitée depuis Bunia Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences de l'OMS Afrique.
Le Rwanda et l'Ouganda ont temporairement fermé leurs frontières avec la RDC. Les États-Unis projettent d'ouvrir au Kenya un centre de quarantaine pour les cas suspects ou avérés d'Ebola, essentiellement des Américains.
Le président kényan William Ruto en a défendu mardi l'idée malgré le rejet de la rue. Deux hommes ont été tués lors de manifestations lundi, selon un bilan communiqué mardi par des défenseurs des droits de la personne au Kenya.


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