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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDes avocats ont déposé de nouvelles poursuites contre OpenAI devant un tribunal fédéral de Californie, au nom d'élèves et d'enseignants qui ont été témoins de la fusillade de l'école de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
L'un des avocats, Jay Edelson, précise que, parmi les 30 nouveaux plaignants figurent des enseignants, un directeur d’établissement et des élèves, dont des frères et sœurs qui ont été séparés lors de la fusillade du 10 février survenue dans le nord de la province.
La tragédie a fait huit morts, dont six enfants, ainsi que la tireuse. Quelques mois avant le drame, OpenAI avait suspendu le compte de l’auteure de la fusillade sans alerter les autorités.
Sept autres plaintes ont déjà été déposées en Californie par les familles contre OpenAI. En juillet, le gouvernement de la Colombie-Britannique avait mandaté un avocat afin d'engager une action en justice contre OpenAI (nouvelle fenêtre) pour le rôle que cette entreprise aurait, selon lui, eu dans la fusillade.
Les plaignants reprochent à l’entreprise de ne pas avoir alerté les autorités au sujet des conversations entre la tireuse avec le robot conversationnel ChatGPT et faisant référence à de la violence armée.
Ces nouvelles poursuites s’appuient sur les poursuites précédentes et ajoutent de nouveaux éléments concernant des actions qu'aurait entreprises OpenAI, notamment les événements qui ont mené à la décision de l’équipe de sécurité de ne pas alerter la Gendarmerie royale du Canada.
Elles mentionnent pour la première fois le nom de l’équipe de renseignement et d’enquête d’OpenAI.
Les plaintes, déposées auprès du tribunal du district du nord de Californie, visent OpenAI et le PDG de l’entreprise, Sam Altman, à titre personnel.
Avertissement : des détails de cet article peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs.
Un traumatisme profond
On en apprend aussi un peu plus sur le déroulement des événements et ce qu’auraient vécu les survivants.
Dans les documents déposés devant le tribunal fédéral californien, une enseignante présente lors de la fusillade dit s’être empressée de fermer la porte de la classe où elle se trouvait avec des élèves. Elle raconte s'être cachée avec des élèves sous son bureau. Elle aurait écrit à son conjoint pour lui envoyer un message d’adieu, persuadée qu’elle ne le reverrait pas.
Un enchaînement d’événements qui, selon la poursuite, a laissé cette enseignante avec un traumatisme profond qui la hantera jusqu’à la fin de ses jours.

Un ours en peluche et des fleurs sur les lieux de la tragédie de Tumbler Ridge.
Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos
On peut y lire également qu’un élève aurait été enfermé dans un placard pendant des heures avec d’autres élèves et qu'il aurait été l’avant-dernier à sortir du placard. La poursuite précise que, pour y parvenir, il aurait dû enjamber le corps d'une camarade décédée.
Lors d’une entrevue à l’émission de CBC Daybreak South, mercredi matin, Jay Edelson décrit une scène ressemblant à celle d’un film de guerre.
Demande de transparence
L’avocat déplore le fait qu’OpenAI a refusé de dévoiler l’historique des échanges entre la tireuse et le robot conversationnel.
Si de quelque façon que ce soit cela pouvait les aider, ils l'auraient fait. [...] Nous sommes convaincus que s’ils ne le font pas, c’est parce que cet historique de conversation va montrer que ChatGPT a non seulement aidé à planifier l’attaque, mais a également encouragé la tireuse à la mener à bien.
Selon le cabinet canadien d’avocats Rice Parsons Leoni & Elliott, co-conseiller dans le cadre des poursuites, les plaignants souhaitent également que soient révélés des documents internes qui permettraient de comprendre pourquoi les autorités canadiennes n’ont pas été prévenues des agissements de Jesse Van Rootselaar avant que celle-ci passe à l’acte.
Jay Edelson allègue que l’équipe de sécurité d’OpenAI a signalé à plusieurs reprises la nécessité d’alerter les autorités compte tenu des conversations que Jesse Van Rootselaar aurait eues avec le robot conversationnel.
Les poursuites réclament jusqu'à 1 milliard de dollars de dommages-intérêts.
OpenAI réagit
Mercredi matin, Jason Kwon, directeur de la stratégie pour OpenAI, a réagi dans une publication sur le réseau social X. C'est tellement frustrant de voir qu'un des avocats qui poursuit actuellement OpenAI fait de fausses affirmations à propos des équipes [d'OpenAI] et de personnes qui n'étaient pas impliquées dans le processus, peut-on lire dans la publication.
Jason Kwon ajoute notamment qu'il est aussi complètement faux d’affirmer que les personnes au cœur de ces décisions difficiles n'ont pas accordé la priorité à la sécurité, ou qu’il y a des facteurs “politiques“ ou de “relations publiques“ en jeu.
Après la tuerie, Sam Altman avait présenté ses excuses à la communauté de Tumbler Ridge. OpenAI s’était également engagée à ce que tout incident lié au Canada soit signalé à la Gendarmerie royale du Canada.
Mais selon Jay Edelson, ChatGPT présente toujours des dysfonctionnements. Il existerait pourtant des mesures de sécurité simples qu'ils pourraient mettre en place, mais ils refusent de le faire, ajoute-t-il.
La procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, affirme soutenir les nouvelles poursuites déposées devant le tribunal fédéral californien.
Nous continuons à travailler avec notre équipe juridique en Colombie-Britannique et en Californie afin d’explorer toutes les voies juridiques disponibles pour demander des comptes à OpenAI et à ses dirigeants quant à leur manquement avéré à l’obligation d’alerter les forces de l’ordre.
Elle précise que toute action intentée par la province contre l’entreprise se déroulerait indépendamment des poursuites judiciaires intentées par les victimes et leurs familles, mais que les équipes juridiques collaboreront.
Un processus interne
Sébastien Gambs, professeur en informatique à l’UQAM, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en analyse respectueuse de la vie privée et éthique des données massives, espère que le procès permettra de faire la lumière sur le processus interne de décision d’OpenAI.
Toute la question va être de comprendre pourquoi cette information a été bloquée, ou ce qui a fait qu’elle a été bloquée, a-t-il expliqué lors d’une entrevue à l’émission Phare Ouest.
Sébastien Gambs estime que ce ne devrait pas être aux compagnies de décider seules en interne quels sont les processus. Il ajoute que ces derniers devraient être établis par des spécialistes de psychologie, de l’enfance, de la sécurité publique, afin d’avoir un encadrement et de bonnes pratiques standardisées.
Avec des informations de CBC News et des émissions Daybreak South et Phare Ouest


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