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« Il faut être capable de gérer le moment » - Kori Cheverie

2 weeks ago 11

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Si les deux premiers matchs de la série finale de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) entre la Charge d'Ottawa et la Victoire de Montréal avaient présenté son lot de rebondissements, le troisième match a ajouté une autre scène à la trame narrative qui était déjà plutôt dramatique.

Pour une troisième fois en autant de matchs, le duel entre les deux équipes s'est décidé par une différence d'un but. Après avoir remporté les deux premières rencontres à domicile en prolongation, Montréal espérait fermer les livres et mettre la main sur la première coupe Walter de son histoire, lundi, au Centre Canadian Tire.

La Victoire était en fait à moins de dix minutes de réussir cet exploit, mais la Charge n'avait pas dit son dernier mot. Il y a eu ce but égalisateur de Peyton Hemp, et ensuite, Rebecca Leslie a trouvé le fond du filet avec 56 secondes à faire à la troisième période.

On se souviendra que, lors du premier match de la série, Laura Stacey s'était blessée alors qu'il restait moins de 20 secondes au cadran et qu'Ottawa menait 2-1. La Victoire avait alors réussi l'impensable en créant l'égalité avec deux secondes à jouer, avant de l'emporter en prolongation.

Cette fois, c'est la Charge qui a frappé un grand coup.

Après le match, l'entraîneuse-chef de la Victoire, Kori Cheverie, a indiqué qu'elle aurait certainement aimé que son équipe gère mieux l'avance en fin de rencontre. Mais au lendemain de la défaite, elle préférait se concentrer sur le positif. Son équipe aura la chance de se reprendre dès mercredi, à Ottawa.

Il y a beaucoup de choses que j'ai aimées dans ce match et c'est ce sur quoi je vais me concentrer. Je pense que nous avons bien fait, nous étions nez à nez avec elles. Il faut continuer d'avoir le même sentiment d'urgence qu'elles, tout en restant fidèles à notre style de jeu. C'est normal d'avoir des hauts et des bas dans un match.

La défenseuse Maggie Flaherty a soulevé la coupe Walter avec le Minnesota lors des deux dernières saisons et Shiann Darkangelo a participé à la finale l'an dernier avec Ottawa. Pour la majorité du groupe, il s'agit d'une première expérience en finale. La gestion des émotions peut devenir un aspect déterminant dans un match aussi crucial.

Il faut être capable de gérer le moment, le fait que nous sommes en finale, gérer la situation, en fonction du pointage, du moment où nous sommes dans le match et dans la série, a souligné l'entraîneuse.

Au cours des derniers mois, les deux équipes qui s'affrontent en finale ont fait preuve de caractère et de résilience. Et encore une fois, depuis le début de cette série, ce sont ces qualités qui transparaissent.

Une joueuse de hockey professionnelle déjoue la gardienne adverse pendant un match éliminatoire.

Hailey Scamurra (16) a déjoué la gardienne Gwyneth Philips pour donner les devants à la Victoire face à la Charge d'Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Du côté de Montréal, il y a eu de nombreuses blessures, comme celles subies par Marie-Philip Poulin et Erin Ambrose aux Jeux olympiques. Étonnamment, c'est pendant cette période que la Victoire a tracé son chemin jusqu'au sommet du classement de la LPHF.

La Charge a, quant à elle, connu des hauts, mais surtout des bas. Il aura fallu attendre le dernier match de la saison pour voir l'équipe se qualifier pour les séries éliminatoires. Il y a aussi l'entraîneuse-chef Carla MacLeod qui a annoncé au cours de la saison avoir reçu un diagnostic de cancer du sein et a dû s'absenter à quelques reprises. L'équipe a eu son lot d'embûches, mais chaque fois, elle a su se relever.

Si elles n'ont jamais douté, malgré le fait qu'elles aient perdu les deux premiers matchs de la série, les joueuses de la Charge reconnaissent que cette victoire obtenue in extremis vient solidifier leur confiance.

Nous avions la croyance que nous allions gagner ce match, peu importe la manière. Évidemment, c’était bien d’avoir la victoire en temps réglementaire. Nous avions mis nos bottes de travail et nous étions prêtes à faire ce qu’il fallait pour avoir la victoire, a affirmé l'attaquante Emily Clark.

Chaque match peut aller d’un côté ou de l’autre. C’est ce qui rend le tout excitant et c’est ce que tu veux voir dans une finale. Tu veux voir une bataille et nous sommes deux excellentes équipes, a-t-elle ajouté.

Autant du côté de Montréal que d'Ottawa, pas question de paniquer. Les deux entraîneuses n'ont pas l'intention de changer leur recette. Le style de jeu sera le même, tout comme le plan de match. La marge de manoeuvre est mince et tout devient une question d'exécution et de détails.

Quelle équipe sera la meilleure pour gérer la pression du moment? Celle qui trouvera le fragile équilibre entre la peur de perdre et l'urgence de gagner.

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