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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayQuand l’autocar du Parti québécois (PQ) se stationne à Québec un dimanche pour permettre au chef de faire une pause, des membres du personnel politique des autres partis le critiquent. Tout aspirant premier ministre devrait montrer qu’il est capable de tenir le rythme qui vient avec la fonction, selon eux.
Pour justifier cette absence de la tournée électorale, Paul St-Pierre Plamondon dit avoir promis à sa famille qu’il lui réserverait un après-midi chaque week-end, au risque que ses adversaires s’en servent ensuite pour l’attaquer sur sa gestion du temps.
Le chef péquiste réplique qu’il ne déroge pas à la parole donnée à sa famille, tout comme il ne le fera pas pour ses promesses faites aux Québécois.
De son propre aveu, il souhaite que le mot conviction le caractérise. Paul St-Pierre Plamondon veut être perçu comme un homme de principes. Il le répète comme un mantra à tous ceux qu’il croise sur le terrain électoral. Sa ténacité sur son projet référendaire en est le meilleur exemple, dit-il.
Mais à quel moment les convictions se transforment-elles en entêtement? Est-ce que la détermination peut devenir de l’intransigeance? La ligne est parfois bien mince. Et ses adversaires n’attendent qu’une chose : qu’il finisse par la franchir.
Ferme et résolu
Après que le Parti québécois eut connu le pire résultat de son histoire à l’élection de 2022, Paul St-Pierre Plamondon a trouvé le moyen de tourner les projecteurs vers sa petite équipe de trois députés en se montrant ferme et résolu.
Il a d’abord provoqué un débat constitutionnel au Parlement, en refusant de prêter serment d’allégeance au roi. Son obstination a fini par forcer les autres formations politiques à se rallier et à adopter un projet de loi pour abolir cette obligation. Aujourd’hui, le seul serment obligatoire en est un de loyauté envers le peuple québécois.
Au cours des quatre années suivantes, il a persisté sur sa volonté de tenir un référendum dans le premier mandat d’un gouvernement péquiste. D’ailleurs, il fait souvent valoir aux journalistes qu’il accepte de répondre aux questions difficiles. Il a même produit un Livre bleu d’une vingtaine de chapitres et de plus de 500 pages visant à définir le fonctionnement d’un Québec souverain.

Paul St-Pierre Plamondon a annoncé sur ses réseaux sociaux que chaque dimanche après-midi pendant la campagne électorale serait pour lui un moment en famille.
Photo : Facebook @pspp.quebec
Son entourage et lui-même sont convaincus que la ténacité qui le distingue a contribué aux quatre victoires du Parti québécois dans des élections partielles. Pour eux, c’est la preuve que la constance peut payer politiquement.
On se distingue par notre fiabilité, a-t-il répété de nombreuses fois en campagne électorale. Il utilise régulièrement des phrases visant à renforcer ce trait de caractère. Par exemple : on garde le cap, vous pouvez vous fier à notre parole, on sera un gouvernement qui fait ce qu’il dit...
Bien qu’il veuille paraître inébranlable, la fonction de premier ministre requiert aussi une certaine souplesse. Gouverner nécessite souvent de faire des compromis. Pas toujours avec ses adversaires, mais à tout le moins, avec les Québécois.
Peut-être a-t-il perçu la stagnation de son parti dans les intentions de vote comme un message de leur part pour qu’il s’ajuste? Ses appuis tournent autour de 30 % depuis plusieurs semaines, ce qui pourrait l’empêcher d’obtenir un gouvernement majoritaire et de réaliser son rêve d'indépendance du Québec.
Savoir s'adapter
Ainsi, depuis un certain temps, le chef péquiste s’affaire aussi à montrer sa capacité d'adaptation et sa recherche de consensus, alors que ses rivaux l’accusent d’acharnement sur la question souverainiste.
Paul St-Pierre Plamondon a d’abord accepté de repousser le processus référendaire après le départ de Donald Trump à la Maison-Blanche, en constatant l’inquiétude de nombreux Québécois quant à l’avenir économique.
Ses adversaires soulignent qu’il utilise moins le mot référendum, pour parler davantage de consultation populaire. D’une certaine façon, il adapte son discours pour rassurer ceux qui hésitent à voter pour lui.
Et apparemment, le chef péquiste n’ajuste pas seulement son message, mais son image également. Plusieurs personnes qui l’ont côtoyé nous ont déjà confié que s’il ne ménage pas sa susceptibilité, Paul St-Pierre Plamondon peut s’avérer son pire ennemi, selon eux. Ses détracteurs en sont aussi convaincus.
Pour ne pas leur donner l’occasion de le traiter de soupe au lait, une étiquette qu’ils tentent de lui accoler, le chef péquiste semble avoir adopté un ton moins cassant envers eux. Dans les débats, il mise sur un style posé et réfléchi afin de se donner la hauteur d’un aspirant premier ministre. Puis, il évite leurs attaques en faisant la pédagogie de la souveraineté.
Paul St-Pierre Plamondon se trouve sur la fine ligne de la perception des électeurs à son égard. S’il penche trop d’un côté, il pourrait paraître dogmatique et inflexible. Mais s’il fléchit trop de l’autre, il risque de se dénaturer. Son caractère, qu’il qualifie lui-même d’authentique, a contribué à sa popularité.
Depuis le début de la campagne, il est parvenu à maintenir l’équilibre sur cette fine ligne, mais d’ici la fin, ses adversaires feront tout pour le faire tomber.


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