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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Service de police d’Ottawa (SPO) a récemment arrêté 11 présumés clients de prostituées mineures piégés par le corps policier. La sergente derrière cette opération : Amanda Larche, de l’Unité de lutte contre la traite des personnes.
L’objectif principal était de passer le message à la communauté que la police regarde ces dossiers-là. On ne sera jamais capables d’arrêter 100 % [des contrevenants], mais on espère que les gens vont y penser deux fois avant [de solliciter les services sexuels d’une mineure], a-t-elle raconté en entrevue à Radio-Canada à visage couvert.
Radio-Canada a accepté de brouiller le visage de la sergente Amanda Larche afin de la protéger dans l'exercice de ses fonctions.
La sergente a expliqué que l’opération s’est échelonnée sur quatre mois et qu’elle a été effectuée en collaboration avec l’Unité d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet. Les arrestations ont duré quelques jours.
C’est Amanda Larche elle-même qui a publié l’annonce piégée sur un site où plusieurs autres travailleuses du sexe offrent leurs services.
Une fois qu’on a publié l’annonce, le téléphone n’a pas arrêté, a constaté celle qui possède 13 années d’expérience au sein de son unité.
Mme Larche a précisé que l’annonce a été publiée au nom d’une femme âgée de 18 ans.
Une fois que le client commence à nous parler, on révèle notre âge : en bas de 18 ans. Si le client indique que ça ne le dérange pas, on procède aux prochaines étapes, soit d’établir une rencontre et de procéder à son arrestation.
Notre équipe était surprise à quel point ça ne freinait pas les ardeurs des clients de savoir que la prostituée était mineure.
Impossible pour elle de dresser un profil type des clients.
N’importe quel âge, n’importe quelle culture et n’importe quelle ethnicité.
La sergente a indiqué être surprise par l’intensité de l’activité, au point où les policiers n’arrivaient pas à libérer les lieux des arrestations assez rapidement avant l’arrivée du client suivant.

L’opération, communément appelée piège à clients, avait pour cible des individus tentant d’acheter en ligne des services sexuels auprès de personnes qu’ils croyaient âgées de moins de 18 ans. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward
S’attaquer aux clients, une rareté
Habituellement, les corps policiers consacrent leur énergie à passer les menottes à des proxénètes, ce qui laisse peu de temps pour s’attaquer aux clients.
À Ottawa, la police locale n’avait pas effectué une telle opération depuis une dizaine d’années, selon les souvenirs d’Amanda Larche.
La communauté avec qui on travaille nous demandait très souvent quand on allait faire quelque chose [pour s’attaquer] à la demande. On a tellement de dossiers de prox [proxénètes, NDLR] sur lesquels on travaille tous les jours que c’était juste une façon de travailler l’autre angle.
La sergente a rappelé un principe fondamental bien connu dans le monde policier : S’il n’y avait pas de demande [pour solliciter les services d’une prostituée], il n’y aurait pas de gens qui les trafiquent.
Selon elle, il n’y a pas de différences dans les notions de trafic humain et d’exploitation sexuelle.
C’est la même chose. Des filles de 16 et 17 ans ne peuvent pas travailler toutes seules. Il y a quelqu’un qui mène en arrière, qui réserve les chambres d’hôtel, qui gère les transports, qui gère les annonces, les téléphones, l’argent. Tout ça, c’est du trafic humain.

À Ottawa, la police locale n’avait pas effectué une telle opération depuis « une dizaine d’années », selon les souvenirs d’Amanda Larche. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / George-Étienne Nadon Tessier
La particularité d’Ottawa
De 2014 à 2024, la région métropolitaine de recensement d’Ottawa–Gatineau a pointé au deuxième rang canadien, avec 8,2 %, dans les affaires de traite de personnes déclarées aux services de police, selon Statistique Canada. Seule Toronto a enregistré plus de cas.
Pourquoi Ottawa est une plaque tournante? Amanda Larche a émis une hypothèse.
C’est parce qu’on est entre Montréal et Toronto. Les gens passent à travers Ottawa. Ici, c’est plus petit, il y a une grosse demande. Les personnes qui travaillent dans le commerce du sexe nous disent qu’à Ottawa, elles peuvent hausser leur tarif. C’est pour ça qu’Ottawa est plus occupée.
Ottawa est très proche de Gatineau. On voit des prox qui traversent le pont et qui travaillent des deux côtés. Si la fille habite à Ottawa et le prox à Gatineau, il faut partager nos informations avec l’autre corps policier.
En terminant, la sergente a rappelé que le trafic humain ne fait pas de distinction sociale.
Ça touche tout le monde : des familles qui ont de l’argent, des familles qui n’en ont pas.
Pour cette raison, elle encourage vivement les parents à parler à leurs enfants et à surveiller les changements auprès d’eux.
Observez les changements physiques, dans la façon qu’ils parlent, qu’ils s’habillent, s’il y a des changements dans leur cercle d’amis, si ça va moins bien à l’école. Parlez à vos enfants, posez des questions.
Avec les informations de Charlotte Tremblay


1 month ago
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