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La série Sur le fil et les mille visages de l’itinérance

5 hours ago 6

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Lorsqu’elle a commencé à écrire Sur le fil, il y a quelques années, Pascale Renaud-Hébert ne se doutait pas que le sujet de sa série deviendrait aussi brûlant d’actualité. La série dramatique, mettant en vedette Céline Bonnier, sera diffusée à compter du lundi 14 septembre à 21 h sur ICI TÉLÉ et ICI TOU.TV.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, l’itinérance a bondi en moyenne de 20 % à l’échelle du Québec entre 2022 et 2025, avec un nombre record d’environ 12 000 personnes sans domicile fixe en date du 15 avril 2025.

La situation ne semble pas s’être améliorée depuis, alors que plusieurs villes et organismes ont lancé dans les derniers mois un appel à l’aide pour contenir la crise, que ce soit à Longueuil, à Québec, à Montréal ou dans les couronnes de la métropole.

Les statistiques sont quand même probantes. Il y a une bonne partie de la population qui n’est pas si loin de se retrouver à la rue. J’avais envie de déstigmatiser les personnes en situation d’itinérance et de parler aussi du nouveau visage de l’itinérance, a expliqué la scénariste devant les médias réunis mardi à Radio-Canada pour un visionnement de presse.

À noter que chaque semaine, le prochain épisode de Sur le fil sera offert en primeur sur ICI TOU.TV EXTRA, le lundi à compter de 22 h, après la diffusion sur ICI TÉLÉ et ICI TOU.TV.

Les acteurs et les producteurs posent devant une affiche de la série.

Une partie de la distribution et de l'équipe de production de « Sur le fil », lors du visionnement de presse de la série, le 8 septembre

Photo : Radio-Canada / Charles Rioux

Une fiction nourrie par le réel

Cela fait plusieurs années que Pascale Renaud-Hébert souhaitait s’attaquer à l’itinérance, un sujet qu’elle connaît bien, puisque ses parents ont fondé en 1988 les Ressources communautaires ACJ+, qui regroupent quatre maisons d'hébergement communautaire jeunesse et un service de dépannage de jour.

En suivant le travail de sa mère Marie-Claude Renaud, directrice générale de l’organisme, la scénariste a ainsi baigné pendant plusieurs années dans le milieu communautaire, de quoi nourrir abondamment son écriture.

Il y a d'ailleurs un peu de sa mère dans le personnage de Nathalie, incarnée par Céline Bonnier, directrice du centre Lavoie, un refuge communautaire qui propose des chambres à court et à moyen terme et des dortoirs en urgence.

Nathalie est entourée d’une galerie de personnages plus colorés les uns que les autres, que ce soit les intervenants de son équipe ou les usagers du centre.

Un jeune homme parle à une femme vue de dos, en pointant vers son visage.

Sam-Éloi Girard dans le rôle de Kevin

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Sam-Éloi Girard est particulièrement mémorable dans le rôle de Kevin, un boute-en-train au verbe fleuri qui a grandi en famille d'accueil. Kevin, c’est une boule d’énergie. Quand il débarque, il déplace de l’air. Il est presque un peu too much, donc il fallait s’assurer de s’approcher de la réalité, sans que ça soit trop caricatural, explique l’acteur.

Il parle vite, on n’entend pas toujours ce qu’il dit, il fait des fautes de français. Il n’a pas un très grand bagage éducatif, mais il a un très grand bagage de vie qui fait en sorte qu’il est pas mal plus intelligent que ce qu’il peut laisser paraître.

L’humoriste, comédienne et populaire tiktokeuse Ariel Charest crève aussi l’écran dans l’un de ses premiers rôles principaux à la télévision. Elle incarne la très sanguine et très colérique Sandra, qui peut aussi être très drôle malgré elle.

Les gens sont habitués à me voir avec des perruques sur la tête à cause de mes lip-syncs, mais ce rôle-là me permet de plonger dans plus de vulnérabilité. C’est un personnage tellement riche et complexe, explique la comédienne.

Une femme fait une grimace, appuyée sur le cadre d'une porte.

Ariel Charest dans le rôle de Sandra, dans la série « Sur le fil »

Photo : Radio-Canada

L’itinérance n’est pas une identité

Ces deux personnages agissent comme des ressorts comiques qui viennent alléger le côté plus dramatique de la série, porté par des personnages comme Anne-Marie (Anne-Marie Cadieux), une femme de carrière qui a tout perdu à la suite d’une fraude amoureuse, ou encore Martin (Mickaël Gouin), un père de famille contraint de dormir dans son auto avec ses enfants.

Ce sont toutes des bribes d’histoires qu’on m’a racontées, il n’y a rien qui est purement sorti de ma tête. Moi, j’ai rencontré un homme qui était un PDG d’entreprise et qui s’est retrouvé à vivre dans son auto pendant des mois, explique Pascale Renaud-Hébert.

Derrière les défis du quotidien liés à la gestion du centre Lavoie et de ses usagers – chicanes, bagarres, entorses aux règlements, punaises de lit – se profile aussi la dynamique délicate qui règne au sein de l’équipe d’intervenants, souvent à bout de souffle.

Deux femmes discutent à l'extérieur d'un centre communautaire.

Anne-Marie Cadieux et Céline Bonnier dans la série « Sur le fil »

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

On voit notamment poindre la relation complexe entre la directrice Nathalie et son fils Gabriel (Antoine Pilon), un intervenant prometteur qui souhaite plus de reconnaissance de la part de sa mère.

En plus de montrer les différents visages de l'itinérance, Pascale Renaud-Hébert souhaitait rappeler avec Sur le fil que la situation que vit une personne ne doit pas être confondue avec son identité. Un message que résume bien le personnage d’Hélène dans une scène du premier épisode où elle tente de rassurer Anne-Marie, visiblement atteinte dans sa dignité.

Vous êtes une femme qui vit en ce moment une situation d’itinérance. C’est ça, la différence, pour moi. C’est la définition qu’on a de soi plutôt que la définition qu’on a de notre situation, résume la directrice du centre Lavoie. Ça a l’air niaiseux, mais ça change tout. Ça change l’estime qu’on a de soi-même et les actions qu’on va poser pour s’en sortir.

Les six premiers épisodes de Sur le fil sont réalisés par Sébastien Gagné, alors que les six autres sont signés Mariloup Wolfe. La distribution réunit également George Nti Junior, Annick Bergeron, Hamidou Savadogo, Patrick Drolet, Pierre-Paul Alain, Emmanuel Schwartz, Ariel Ifergan, Daniel Parent, Monique Gosselin, Jasmine Lemée et plusieurs autres.

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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