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Le Canada se joint à un programme international d’avions de chasse à titre d’observateur

1 day ago 4

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Le Canada est devenu le premier pays à obtenir le statut d'observateur dans le cadre d'un programme d'avions de chasse de nouvelle génération mené par le Royaume-Uni, le Japon et l'Italie, alors même que la décision concernant la commande actuelle de F-35 par Ottawa reste en suspens.

Cela signifie qu’Ottawa aura désormais accès aux informations internes relatives au Global Combat Air Program (GCAP), alors que l’avion de combat de sixième génération est en cours de développement. Ce statut d’observateur n’engage en rien le Canada à acheter des avions du programme.

Les ministres de la Défense des quatre pays ont annoncé la nouvelle mardi à Londres, à l’occasion d’un grand salon aéronautique international au Royaume-Uni, où l’avion de combat de nouvelle génération est présenté.

Le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, a affirmé, lors de la conférence de presse commune, que l'obtention du titre d'observateur était une étape importante.

Le statut d’observateur donnera au Canada l’occasion d’approfondir sa compréhension des capacités aériennes de combat de nouvelle génération, de renforcer notre collaboration industrielle et de contribuer plus étroitement aux partenariats qui définiront l’avenir de la puissance aérienne, a déclaré le ministre.

Les quatre hommes sont assis derrière une table.

David McGuinty a annoncé la participation du Canada aux côtés de ses homologues italien, japonais et britannique à Londres.

Photo : Getty Images / WPA Pool

Les trois pays ont lancé ce programme afin de remplacer les Eurofighter Typhoon et les avions F-2 japonais d’ici 2035.

Aucun détail n’a été révélé quant aux implications concrètes du nouveau statut du Canada au sein du programme, mais la manifestation d’intérêt d’Ottawa a été saluée par les pays partenaires.

La participation du Canada au programme en tant qu’observateur donnera un élan considérable au renforcement de la coopération en matière de défense entre le Japon et le Canada, a déclaré le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi.

Encore très théorique

Selon les experts, le projet n’en est qu’à ses débuts et il n’est pas certain que le Canada dispose d’une voie viable pour impliquer l’industrie nationale au sein du programme.

C’est encore très théorique, a expliqué Philippe Lagassé, professeur à l'École d'affaires internationales Norman Paterson.

Des recherches ont commencé à ce sujet. La viabilité n’est pas encore claire. L’importance de ce projet n’est pas encore claire. De nombreux détracteurs feront valoir que nous devrions abandonner complètement les avions de combat traditionnels. Il y a beaucoup de détails à régler et une certaine incertitude […] mais c’est normal pour un projet de ce type, a-t-il ajouté.

David Perry, président de l'Institut canadien des affaires mondiales, a indiqué qu’il restait de nombreuses questions sans réponse concernant la manière dont le Canada pourrait s’impliquer et l’existence éventuelle de frais d’adhésion.

Mais l'obtention du statut d'observateur pourrait aider à clarifier la réflexion du gouvernement fédéral sur une future participation au programme, a-t-il ajouté.

Je pense qu’il est logique pour nous, au minimum, d’aller tâter le terrain, puis de voir s’il s’agit ou non d’une initiative intéressante à laquelle nous pourrions participer plus sérieusement, a fait valoir M. Perry.

Je ne pense pas que cela ait, du moins à court ou à moyen terme, un impact significatif sur la décision que nous devons prendre dès maintenant concernant les avions de combat.

Améliorer l'aviation canadienne

Le projet du Canada d’acquérir un parc d’avions de combat américains F-35 de cinquième génération fait l’objet d’une évaluation depuis plus d’un an.

Le premier ministre Mark Carney a soumis à un réexamen l’ensemble de la commande de 88 avions en mars 2025, en réponse à la guerre commerciale déclenchée par le président américain Donald Trump. Le gouvernement de M. Carney n’a pas indiqué quand cet examen prendra fin ni quelle sera son issue.

Les États-Unis travaillent actuellement sur leurs propres avions de combat de sixième génération. Boeing conçoit le F-47, un avion de combat bimoteur destiné à remplacer le F-22 Raptor de l’armée de l’air américaine.

Le coût du F-47 est estimé à environ 300 millions $ US par appareil, ce qui est beaucoup plus onéreux que le F-35.

Une affiche dans le bureau ovale de la Maison-Blanche montrant un avion de chasse dans la fumée devant le drapeau des États-Unis.

Le général David Allvin, chef d'état-major de l'armée de l'air, et le président américain Donald Trump présentent le F-47. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Anna Moneymaker

Daniel Norton, analyste principal en systèmes de gestion au sein du groupe de réflexion RAND Corporation, a déclaré que les États-Unis ne souhaiteraient peut-être pas exporter cette technologie et que son coût pourrait être prohibitif pour des forces aériennes plus modestes, comme l'Aviation royale canadienne.

Le GCAP, a-t-il ajouté, pourrait s’avérer moins coûteux et offrir aux entreprises canadiennes davantage d’occasions de participer au développement et à la production.

À tout le moins, la menace d’une participation pourrait constituer un levier dans les négociations avec d’autres contractants, a-t-il indiqué.

M. McGuinty a noté lors d’une conférence de presse à Tokyo le mois dernier que les États-Unis poursuivent leurs propres initiatives en matière d’avions de combat de sixième génération et souhaitent faire cavalier seul à ce stade.

Richard Shimooka, chercheur principal à l’Institut Macdonald-Laurier, a indiqué que le GCAP avait connu certaines tensions internes et qu’il était difficile de savoir où en serait le programme dans quelques années. Le Royaume-Uni a traîné près d’un an avant de s’engager à financer le programme, tandis que le Japon faisait pression pour accélérer le rythme.

M. Shimooka a souligné qu’il existait une autre option pour le Canada : se joindre au projet de sixième génération de la marine américaine, le F/A-XX.

Le Canada pourrait toujours chercher à s’y associer dès que la dynamique politique entre Ottawa et Washington aura changé, a-t-il remarqué, soulignant que les industries canadiennes sont très bien alignées sur l’industrie américaine.

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