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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayVous envoyez votre ado au camp de vacances pendant un mois et vous vous émerveillez, à son retour, de voir à quel point il ou elle a grandi. Ce qu’un été peut faire!
Or, la Ligue nationale de hockey n’est pas un camp de vacances. Elle ne vous laisse pas mettre librement en pratique les choses apprises en cours de route.
Le Canadien tient à tirer des leçons de son élimination face aux Hurricanes de la Caroline en devenant une équipe plus mature, moins têtue, qui prête davantage attention aux détails. Les joueurs l’ont dit assez souvent.
Mais ils n’avaient joué que deux vrais matchs avant de retrouver leurs pourfendeurs du printemps dernier.
Ils ont gagné la Coupe Stanley, c’est sûr que c’est une bonne équipe, s’est exclamé le défenseur Mike Matheson après la défaite de 6-4 du Tricolore.
Ce n’est pas juste parce qu’on a de bonnes intentions qu’ils vont nous laisser faire les choses qu’on veut faire.
C’est un peu pour ça qu’on dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. La glace du Centre Bell l’était également, mardi soir.
Le Canadien a vécu une reconstruction extrêmement rapide. Toucher les bas-fonds et redevenir compétitif à long terme en l’espace de quatre ans a de quoi faire rêver des organisations qui y ont mis le double du temps, sinon plus.
Mais l’étape qu’entreprend le CH cette saison est d’une certaine façon plus difficile. Il ne s’agit plus autant d’accumuler du talent que de le mettre entièrement au service d’une mentalité d’équipe.
Matheson parle des choses que le Canadien veut faire, mais il y a encore les traces d’une équipe qui veut faire parler son talent au lieu de vouloir ce qui a besoin d’être fait.
Les Hurricanes ont mis plusieurs années à franchir les dernières étapes qui leur ont permis de faire partie de la fine élite. On ne peut pas s’attendre à ce que le Canadien, en l’espace d’un été et de trois matchs, ait compris tout cela.
Le reflet que les Hurricanes lui renvoient dans le miroir n’a pas eu le temps de changer.
Ça se voit, le niveau de compétition de la Caroline est sans doute le meilleur de la ligue, et il y a un écart qu’on essaie encore de combler, a dit l’entraîneur-chef Martin St-Louis. Partons de ça. À certains moments du match, on a l’impression d’y arriver, et c’est une équipe qui va vous mettre un peu à l’épreuve sur ce plan-là. Mais de manière constante, tout au long du match? On n’en a pas eu assez. Mais c’est la même chose pour toutes les équipes qui affrontent la Caroline.

Juraj Slafkovský poursuivi par Sebastian Aho.
Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis
Encore trop de revirements
Le match n’était pas vieux de trois minutes quand Juraj Slafkovsky a connu une présence désastreuse sur la glace. Un premier revirement – un dégagement vers la zone neutre qu’ont saisi les Canes avant de pénétrer de nouveau la zone offensive – a mené à un tir dangereux que Jakub Dobes n’a pu maîtriser. En saisissant le retour, Slaf s’est mis dans l’idée de tricoter avec la rondelle au milieu de joueurs des Hurricanes agglutinés dans l’enclave. Mauvaise idée.
Il a perdu le disque et les visiteurs ont immédiatement marqué.
S’en est suivie une autre suite de revirements et de gestes mal calculés qui ont placé le Canadien dans le trouble. Pourtant, malgré le nombre de lancers qui penchait comme d’habitude en faveur des Hurricanes, ces derniers demeuraient prenables. Leur gardien méritait d’être testé davantage.
Tous ces revirements sont autant le résultat de mauvaises prises de décision avec la rondelle que de coéquipiers qui pourraient mieux s’offrir en option de passe et être connectés entre eux.
C'est une des forces de la Caroline, ils couvrent toutes les options possibles et le porteur de la rondelle fait une erreur, a expliqué le centre Phillip Danault, dont le trio s’en est très bien tiré dans les circonstances.
Il force le porteur de la rondelle à faire une erreur et à transporter la rondelle, et il n’y a pas d'espace. C'est une de leurs forces de nous faire un peu paniquer avec la rondelle.
Il faut être capable de respirer et de penser en dessous de cette forte pression qu’exercent les Hurricanes. Ce n’est pas évident.
Des dossiers à régler
Le Canadien n’affrontera pas les Hurricanes à tous les matchs, et il trouvera plus d’espace face à des adversaires moins suffocants, ce qui lui permettra de prendre le contrôle de certains matchs.
Mais le match de mardi, pour peu qu’il ait servi d’étalon de mesure face aux champions de la Coupe Stanley, est venu lui rappeler qu’il y a un niveau de volonté et même d’intransigeance qu’il lui reste à atteindre pour devenir dominant. C’est un travail de longue haleine.
À plus court terme, le CH doit corriger plusieurs facettes qui clochent en ce début de saison.
On a beau dire que la perte d’Ivan Demidov pourra être colmatée par la profondeur de l’équipe, il reste que l’équipe aura maintenant plus de difficulté à assembler un deuxième trio offensif capable d’être le filet de sûreté du trio de Nick Suzuki.
En l’absence de Demidov, et loin du duo Suzuki-Caufield, Slafkovsky avait une pression accrue sur ses épaules pour mener son trio.
Ça ne s’est pas passé comme il l’espérait.
St-Louis s’est résolu à le renvoyer sur le premier trio en troisième période, mais en principe, avec Demidov dans la formation et avec l’arrivée de Chris Kreider, l’équipe devrait pouvoir répartir ses forces sur deux trios afin d’équilibrer son attaque. C'est le souhait.
Slafkovsky arrivera-t-il à tirer lui-même un trio vers le haut sans des compagnons de trio aussi doués que lui? Cela reste à voir. La défaite de mardi a montré un Slafkovsky désireux de trop en faire et prompt aux mauvaises décisions.
L’avantage numérique est autre facette que le Canadien devra corriger. Il n’a touché la cible qu’une fois en dix supériorités jusqu’à maintenant, et passe trop de temps à se regrouper et à s’installer. Or, même si Demidov rate les six à dix prochains matchs, on ose croire que le Canadien aura les outils pour retrouver son aplomb. Le fait d’intégrer Chris Kreider à la première unité, lui qui a fait tant de dommages dans l’enclave au fil des ans, ne sera pas une mauvaise chose.
Mais pour l’instant, force est d’admettre qu’on n’y est pas encore.
Enfin, on doit reconnaître que le Canadien vient de s’incliner deux fois même s’il a marqué neuf buts. Le gardien Jakub Dobes a eu deux contre-performances consécutives et il doit peut-être calmer son jeu par rapport à ce qu’on a vu de lui lorsqu’il était à son mieux.
Il ne serait guère étonnant de voir Samuel Montembeault amorcer sa saison jeudi soir face aux Predators de Nashville.
Augmenter le niveau de compétition, mieux gérer la rondelle pour passer moins de temps dans son territoire et pour limiter les surnombres, gagner plus de batailles pour la rondelle, optimiser ses unités spéciales, donner le temps à son gardien numéro un le temps de se retrouver…
C’est peut-être un vaste programme, mais il reste quand même 81 matchs à la saison du Canadien.


8 hours ago
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