PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY
Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLe Canada s’est imposé au cours des dernières années comme l’une des grandes puissances du patinage de vitesse sur courte piste, l’une des disciplines olympiques où le pays connaît le plus de succès.
Derrière cette réussite se trouve entre autres Olivier Jean, un ancien patineur olympique canadien devenu entraîneur de l’équipe nationale en 2022, qui a entrepris de transformer l’approche tactique canadienne grâce à une utilisation poussée des données.
C’est une tête de scientifique dans un corps de patineur. C’est une excellente combinaison, souligne le directeur de la performance de Patinage de vitesse Canada, Marc Schryburt, en entretien avec Radio-Canada.
Une sorte de savant fou au sein de l’organisation, Jean occupe officiellement le poste d’entraîneur tactique et technique. Son travail, encore peu répandu dans le monde du courte piste, consiste à transformer l’analyse statistique des courses en stratégies concrètes pour les athlètes.
Avant, on avait des intuitions. Maintenant, on a des données. Et ça, ça vient d’Olivier, résume Schryburt.

Olivier Jean (deuxième en partant de la droite) a notamment remporté la médaille d'or du relais 5000 m pour le Canada aux Jeux olympiques de Vancouver, en 2010.
Photo : Getty Images
Les résultats canadiens témoignent de la réussite du programme. La saison dernière, Courtney Sarault et William Dandjinou ont chacun remporté le Globe de cristal, décerné aux meilleurs patineurs du Circuit mondial, tandis que le Canada a également décroché le titre au classement par équipes.
Quelques mois plus tard, les patineurs canadiens récoltaient cinq médailles aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, faisant du courte piste l’une des trois disciplines les plus prolifiques du pays, à égalité avec le ski acrobatique et le patinage de vitesse sur longue piste. Une récolte pourtant inférieure aux ambitions de l’équipe.
Des statistiques pour repenser la course
L’utilisation de chronomètres et de temps au tour n’a évidemment rien de nouveau dans le patinage de vitesse. Ce qui distingue le travail de Jean, c’est sa volonté de comprendre, à partir des données, les mécanismes qui favorisent la victoire.
Plutôt que de simplement mesurer la vitesse des athlètes, il cherche notamment à déterminer où ils doivent se trouver dans le peloton, à quel moment ils doivent attaquer et quelles stratégies leur offrent statistiquement les meilleures chances de succès.
On va examiner les tendances des courses à différents moments. Par exemple, on utilise le terme de ''positionnement critique'' : c’est là où sont situés, disons, 90 % des gagnants dans une course, avec un certain nombre de tours à faire, explique Olivier Jean.
Où sont-ils positionnés statistiquement, à quel moment de la course? C’est là qu’on va vouloir positionner nos athlètes pour favoriser le succès.
Autrement dit, Jean transforme les tendances observées en outils concrets pour les entraîneurs et leurs athlètes. Il ne s’agit plus seulement de savoir à quelle vitesse patiner, mais de comprendre comment se placer pour gagner.
Les analyses d’Olivier Jean bousculent certaines des stratégies traditionnelles du courte piste, notamment celle qui consiste à rester à l’arrière du peloton pour économiser son énergie avant d’attaquer dans les derniers tours.
Quand je patinais, on ne regardait pas le sport de cette façon-là. [...] On entend souvent des athlètes, ou dans les médias, que le succès vient du fait de tirer de l’arrière, de garder son énergie pour la fin, explique-t-il.
Les statistiques disent complètement le contraire. La course à l’avant apporte plus de résultats. Et surtout, des résultats constants : il y a moins de facteurs de chance, comme des mauvais dépassements, par exemple, quand on reste en tête de peloton.
Dans un sport où une chute ou un accrochage peut anéantir une course en une fraction de seconde, cette approche plus offensive permet aux Canadiens de limiter les risques et de mieux contrôler le déroulement des épreuves.
Tout est étudié. Le temps au tour, le positionnement en course, les aspects sur lesquels l’athlète est en progression ou en régression, abonde l’entraîneur-chef de l’équipe nationale, Marc Gagnon.
À ma connaissance, il n’y a pas vraiment de poste technique dans les autres équipes où l’on fait ce que lui fait.
Un rôle de développement national

Olivier Jean est l'entraîneur tactique pour l'équipe canadienne de patinage de vitesse sur courte piste depuis 2022.
Photo : Greg Kolz / Greg Kolz / Patinage de vitesse Canada
L’influence d’Olivier Jean dépasse désormais les frontières du centre national d’entraînement, à Montréal.
Convaincue de la valeur de ses méthodes, Patinage de vitesse Canada lui a également confié un mandat d’harmonisation des approches techniques et tactiques à travers le pays.
Cette année, il a aussi un rôle national d’alignement pour que même nos centres juniors commencent à réfléchir de la même façon, avec les mêmes outils, résume le directeur de la performance, Marc Schryburt.
L’objectif est de transmettre cette nouvelle façon d’analyser les courses aux centres régionaux d’entraînement, afin que les jeunes patineurs se familiarisent avec ces principes bien avant leur arrivée au centre national de l’aréna Maurice-Richard.
Cette démarche vise également les entraîneurs, qui pourront intégrer les mêmes outils et repères tactiques dans le développement de leurs athlètes.
Le travail de Jean s’étend aussi au suivi des performances physiques, grâce à une multitude de données recueillies sur la glace comme à l’extérieur.
On a accès à énormément de données à travers des puces électroniques, des capteurs autour de la glace, ou en suivant les progrès des athlètes en cyclisme, en athlétisme ou en musculation en dehors de la glace. Leur récupération et leur sommeil, explique-t-il.
Et moi, avec l’équipe de physiologie, par exemple, on va regarder ces données et voir ce qu’on peut optimiser chez chaque athlète pour avoir un suivi personnalisé.
Cette approche permet d’adapter la préparation aux besoins de chaque patineur, au-delà des seules considérations tactiques.
À terme, les méthodes élaborées par Jean pourraient ainsi influencer la formation de plusieurs générations de patineurs canadiens, bien au-delà des membres actuels de l’équipe nationale.
C’est comme ça qu’on s’assure qu’en 2030, et dans le futur, on sera aussi efficaces qu’on l’est présentement, assure Marc Schryburt.
L’intelligence artificielle, nouvel outil de performance

L'entraîneur-chef de l'équipe canadienne, Marc Gagnon (à gauche) montre des découpages vidéos à la jeune recrue québécoise Victoria Jean-Baptiste.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon
Si son travail d’analyse statistique a déjà été documenté sur notre site par le passé, Jean a franchi une nouvelle étape au cours des derniers mois avec l’intégration de l’intelligence artificielle.
Pour une équipe nationale qui doit décortiquer une quantité considérable de courses et de séquences vidéo avec des ressources limitées, cette technologie change la donne.
Elle permet notamment d’automatiser certaines tâches de classement, de recherche et d’analyse qui exigeaient auparavant de longues heures de travail.
Ça a été un changement énorme, affirme Marc Schryburt. Avant, des découpages vidéo isolant certains mauvais dépassements à revoir, qui nous auraient pris des heures, nous prennent quelques secondes, donne-t-il en exemple.
La réalité, c’est qu’on n’est pas une équipe professionnelle, techniquement, [on est un sport amateur]. Arriver à ce qu’Olivier a réussi à développer dans les cinq, six derniers mois à l’aide de l’intelligence artificielle, c’est un travail colossal qui aurait pris plusieurs personnes pour le faire il y a six, sept ans, ajoute Marc Gagnon.
Ce n’est pas qu’on n’avait pas l’expertise pour le faire, c’est plutôt que ça prenait du temps et des ressources qu’on n’avait pas.
En quelques années, ce savant fou a ainsi contribué à faire de l’analyse des données une composante importante de la préparation tactique canadienne. Et avec le développement l’intelligence artificielle et la diffusion de ses méthodes à travers le pays, cette transformation pourrait bien n’en être qu’à ses débuts.


17 hours ago
8






















English (US) ·
French (CA) ·
French (FR) ·