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Les infrastructures énergétiques au cœur de la guerre avec l’Iran

2 months ago 27

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Donald Trump a retardé de cinq jours des frappes qu'il menaçait de lancer sur le réseau électrique de l'Iran si ce dernier refusait de débloquer le détroit d'Ormuz, mais le flou persiste.

Le 21 mars, Donald Trump a menacé de réduire en cendres les centrales électriques iraniennes si l'Iran refusait de débloquer le détroit d'Ormuz.

Pour sa part, l'Iran a promis de riposter en attaquant toutes les infrastructures énergétiques, informatiques et de dessalement appartenant aux États-Unis et à Israël dans la région. L'Iran a ajouté que le détroit d'Ormuz serait complètement fermé et ne serait pas rouvert tant que nos centrales électriques détruites n'auront pas été reconstruites.

Déjà, de nombreuses installations critiques ont été endommagées en raison d’attaques de drones et de missiles, selon les données de l’Institute for the Study of War (ISW).

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré la semaine dernière à Politico (nouvelle fenêtre) qu'il existait des motifs raisonnables de penser que les deux parties au conflit pourraient avoir commis des crimes de guerre en attaquant des installations énergétiques.

Le 18 mars, Israël a attaqué le gisement pétrolier de South Pars et le centre de traitement d'Assalouyeh en Iran. Cela a provoqué une vague d’attaques de l’Iran contre des raffineries, des usines de gaz et des terminaux d'exportation en Arabie saoudite, au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn.

Le principal pôle énergétique du Qatar, Ras Laffan, qui abrite la plus grande installation d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, a été frappé. Le PDG de QatarEnergy a déclaré à Reuters (nouvelle fenêtre) (lien externe, en anglais) que ces attaques avaient mis hors service un sixième de la capacité d'exportation de GNL du Qatar et que les réparations prendraient entre trois et cinq ans.

L'Iran a aussi menacé d’attaquer le complexe pétrochimique d'Al-Jubayl en Arabie saoudite, le gisement de gaz d'Al Hosn aux Émirats arabes unis, ainsi que le complexe pétrochimique de Mesaieed au Qatar.

L'Arabie saoudite avait commencé à acheminer d'importants volumes de pétrole vers l'ouest afin de contourner le détroit d’Ormuz. Puis, le 19 mars, la raffinerie SAMREF, située dans la ville portuaire de Yanbu, a été frappée par l’Iran.

L’Iran continue de miser sur des attaques de drones pour attaquer des installations énergétiques, comme le gisement de gaz de Shah et le port de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis.

Une attaque de drone contre la raffinerie de Mina Al-Ahmadi au Koweït, l'une des plus grandes du Moyen-Orient, a provoqué une suspension des opérations du complexe gazier de Habshan et du champ de Bab.

Selon le Koweït, le 23 mars, sept lignes électriques dans plusieurs régions du pays avaient été mises hors service après avoir été endommagées par des débris de missiles et de drones.

Une attaque contre la raffinerie de Sitra à Bahreïn a fortement réduit la production de ses champs pétroliers. En Israël, une frappe iranienne a touché des installations pétrolières dans le port de Haïfa.

Les Américains et Israéliens ont aussi frappé l’île de Kharg, visant les installations militaires. Aucune infrastructure pétrolière de l'île – un terminal pétrolier d'où partent environ 90 % des exportations iraniennes de brut – n'aurait été endommagée, mais Washington menace toujours d’occuper l'île pour pousser l'Iran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Où se trouvent les plus grandes centrales électriques d'Iran?

Le président Trump a menacé de détruire l'une des plus grandes centrales électriques d'Iran, sans toutefois préciser laquelle.

L'Iran compte près d’une centaine de centrales électriques (38 % utilisent des turbines à gaz et à vapeur; 26 % sont à gaz). Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), ces centrales représentaient environ 85 % de la production totale d'électricité.

Le plus grand site est la centrale de Damavand, située à Pakdasht, à 50 kilomètres au sud-est de la capitale Téhéran. Si cette centrale était détruite, cela n'affecterait qu'environ 3 % de la capacité électrique totale de l'Iran.

Par contre, Damavand fournit environ 43 % de l'électricité de Téhéran, une ville de plus de 10 millions d'habitants, selon l’Iran Open Data Center.

Parmi d’autres cibles potentielles pour les Américains et les Israéliens, on compte la centrale de Ramin, dans le sud-ouest, celle de Shahid Salimi sur la côte de la mer Caspienne, celle de Kerman dans le sud-est et la centrale de Shahid Montazeri à Ispahan.

Ces centrales ont chacune une capacité de production d'électricité entre 1600 MW et 2400 MW; elles produisent plus du cinquième de l’électricité iranienne.

Les installations nucléaires à nouveau visées?

L'opération militaire menée par les États-Unis en juin 2025 a porté un coup dur au programme nucléaire iranien, selon le Centre d'études stratégiques et internationales (site du CSIS, en anglais (nouvelle fenêtre)), une organisation à but non lucratif basée à Washington. Les Américains avaient alors décimé les installations d'enrichissement de Fordo et de Natanz et avaient détruit les installations métallurgiques d'Ispahan. L'Iran n'aurait pas remis en état ces sites nucléaires.

Cette fois-ci, les Américains et les Israéliens ont attaqué des installations de recherche scientifique, ainsi que le siège de l'Agence iranienne de l'énergie atomique à Téhéran et le centre d'essais d'explosifs de Parchin.

Cependant, ce week-end, les Américains ont de nouveau frappé le complexe nucléaire à Natanz.

En riposte, l'Iran a notamment frappé Dimona, une ville israélienne qui abrite un centre stratégique de recherche nucléaire dans le désert du Néguev.

Notons que l'énergie nucléaire ne compte que pour 1 % des sources d'approvisionnement en énergie de l’Iran, qui dispose d'une seule centrale opérationnelle à Bouchehr, construite par la Russie.

À ce jour, aucune frappe directe contre le réacteur de Bouchehr n'a été confirmée. Toute frappe contre ce réacteur présente des risques radioactifs importants, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui avertit que de vastes zones devront être évacuées et que les radiations pourraient avoir un impact sur les eaux du golfe Persique.

À travers la région, il y a une autre centrale nucléaire aux Émirats arabes unis. Des réacteurs sont en construction (nouvelle fenêtre) (site de l'AIE, en anglais) en Égypte et en Turquie.

Usines de dessalement

Téhéran a par ailleurs déclaré que les usines de dessalement étaient de potentielles cibles.

Ces usines sont nécessaires pour les pays du Moyen-Orient, qui en dépendent pour fournir de l’eau douce à sa population croissante. Sept des huit pays les plus touchés par le stress hydrique au monde se trouvent dans cette région.

Selon l’Iran, les États-Unis auraient déjà frappé une usine de dessalement sur l'île de Qeshm le 8 mars. Celle-ci alimentait en eau une trentaine de villages. L’Iran a riposté en attaquant une usine de dessalement bahreïnie.

Infrastructures numériques

L’Iran a d’ailleurs publié une liste d’installations technologiques américaines aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, au Qatar et en Israël comme cibles potentielles. Dans cette liste, on compte notamment les opérations de Google à Dubaï et au Qatar, le centre de Palantir à Abu Dhabi et les installations d’IBM et d’Oracle à Jérusalem, à Abou Dhabi et à Be’er Sheva.

Le 1er mars, des drones iraniens ont frappé deux centres de données d’Amazon Web Services (AWS) aux Émirats arabes unis. Une troisième installation AWS à Bahreïn a été endommagée à la suite d'une frappe de drones.

Si l’Iran n’a pas explicitement menacé d’attaquer des câbles sous-marins de fibre optique, plusieurs experts avertissent depuis que ces infrastructures dans le détroit d’Ormuz et dans la mer Rouge sont à risque.

Ces câbles relient les principaux centres de données construits dans le Golfe par des entreprises telles qu'Amazon, Microsoft et Google à des milliards d'utilisateurs à travers le monde. Si ces câbles venaient à être sectionnés ou endommagés par des mines ou des missiles, cela pourrait entraîner des perturbations massives de l'interconnectivité mondiale.

Plus de 90 % des données numériques (nouvelle fenêtre) circulant entre l'Europe et l'Asie transitent par un dense réseau de câbles passant sous la mer Rouge et le golfe Persique.

En 2024 (nouvelle fenêtre), trois câbles traversant la mer Rouge ont été endommagés après qu'un missile eut frappé un navire, perturbant les services Internet en Inde, au Pakistan et dans les pays du Moyen-Orient.

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