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Les nouveaux droits de douane américains suscitent une vague de critiques

14 hours ago 1

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Plusieurs partenaires commerciaux des États-Unis ont vivement dénoncé la nouvelle salve de droits de douane imposée par le président américain Donald Trump à une soixantaine d'économies, dont le Canada.

Ces tarifs, fixés à 10 % ou 12,5 %, sont entrés en vigueur vendredi à l’expiration des tarifs temporaires de 10 % instaurés en février dernier pour remplacer les droits de douane réciproques, qui avaient été invalidés par la Cour suprême.

Pour justifier ces nouvelles mesures tarifaires, l’administration américaine a invoqué le manque d’effort de ses partenaires commerciaux pour empêcher l'importation de produits issus du travail forcé.

L'Australie, dont les droits de douane sont passés de 10 % à 12,5 %, vendredi, a déclaré que ces tarifs étaient totalement injustifiés.

Nous pensons que, parmi tous les pays du monde, l’Australie prend très au sérieux la question de l’esclavage, notamment l’esclavage moderne, et qu’elle continuera à le faire, a soutenu son ministre du Commerce, Don Farrell.

Nous continuerons à faire pression sur le représentant américain au Commerce [Jamieson Greer] pour qu’il supprime tous les droits de douane sur les produits australiens.

En Nouvelle-Zélande, le premier ministre Christopher Luxon a soutenu que ces droits de douane, également de 12,5 %, étaient extrêmement décevants, injustifiés et préjudiciables au commerce.

Les droits de douane ne sont pas la solution : ils font grimper les coûts et renforcent l’incertitude pour les entreprises, a-t-il écrit sur le réseau social X.

Christopher Luxon se tient derrière un lutrin.

Le premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Phil Walter

Au Japon, le secrétaire général du Cabinet, Minoru Kihara, a déclaré qu'il était regrettable que cette mesure impose des droits de douane au motif de l’absence de mesures interdisant les importations de biens fabriqués par le travail forcé, alors même que l’industrie et le commerce japonais respectent les règles internationales.

Pour sa part, le ministère des Affaires étrangères de la Chine, qui a été frappée par des tarifs de 12,5 %, a dit qu’il s’opposait à toutes les formes de droits de douane unilatéraux.

L’Union européenne soulagée

À l'opposé, l’Union européenne (UE), à laquelle s’appliquent des droits de douane de 10 %, a accueilli cette annonce avec soulagement. Elle craignait des représailles de la part des États-Unis après avoir infligé une amende de près de 890 millions d’euros (soit 1,4 milliard de dollars canadiens) à Google, pour atteintes à la concurrence.

L'UE se félicite que ce résultat soit conforme aux engagements américains sur les droits de douane prévus dans l'accord commercial conclu l'an dernier entre Bruxelles et Washington, a aussi salué Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne. Cet accord, conclu en juillet 2025 en Écosse, fixe un plafond de 15 % pour les droits de douane américains sur les marchandises européennes.

Olof Gill s'est réjoui que ces nouvelles mesures tarifaires mettent en place un taux de taxation de 10 % tout compris pour l'UE, et réintrodui[sen]t les exonérations de droits de douane additionnelles sur certains produits européens, comme le liège et les diamants, en plus de biens qui en étaient déjà exemptés, comme les avions et leurs pièces détachées, ainsi que les médicaments génériques.

Cela crée une dynamique positive dans les discussions avec Washington, a-t-il déclaré.

L'enquête sur le travail forcé

Le secrétaire américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que ces nouvelles mesures tarifaires sont le résultat d’une enquête sur l'incapacité [de ces pays] à adopter et à faire respecter efficacement une interdiction visant l’importation de biens produits grâce au travail forcé.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, arrive au Palais national de Mexico le 23 juillet 2026.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, le 23 juillet 2026. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / YURI CORTEZ

Cette justification a toutefois été dénoncée par la responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, Kaja Kallas. Si l’on compare notre législation du travail à celle des États-Unis, chez nous, les salariés bénéficient de congés payés, nous offrons de très bonnes conditions de travail à nos employés; cette mesure n’est donc pas vraiment fondée, a-t-elle affirmé.

À Ottawa, le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a déclaré que le Canada partageait cet objectif des États-Unis contre le travail forcé.

C'est pourquoi le Canada dispose de l'un des régimes les plus robustes au monde pour prévenir et combattre le travail forcé, appuyé par des mesures législatives et des mécanismes d'application solides.

La veille de l'entrée en vigueur de ces nouveaux tarifs, le premier ministre canadien Mark Carney avait assuré que le Canada allait intensifier ses négociations avec les États-Unis, tout en affirmant qu'une réplique précipitée serait contre-productive.

Avec les informations de l’Agence France-Presse et de La Presse canadienne

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