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Les quotas d’aiglefin coupés de 57 % en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick

3 months ago 16

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Pêches et Océans Canada coupe de plus de la moitié le quota d’aiglefin qu’il est permis de capturer dans les Maritimes.

À compter du 1er avril, le quota de 7128 tonnes va passer à 3069 tonnes dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, le sud du Nouveau-Brunswick et le golfe du Maine.

C’est une diminution de 57 %.

Stocks en déclin, selon le fédéral

Le ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO) a refusé une demande d’entrevue, mais a envoyé des explications par courriel.

Ses évaluations des stocks de poissons démontrent un déclin constant de l’aiglefin depuis 2016.

Dans cette période, les plus faibles quantités d’aiglefin ont été recensées en 2024 et 2025.

La température des eaux de fonds est élevée depuis 2010, ce qui affecte potentiellement le comportement de l’aiglefin et la disponibilité de sa nourriture, affirme le ministère fédéral.

L’aiglefin habite typiquement les zones peu profondes près des côtes pendant l’été, et les eaux plus profondes l’hiver. Cependant, on ne sait pas avec certitude comment les changements récents de température influencent sa répartition, écrit le MPO.

Impact sur les entreprises

Ce n’est pas la première fois que des fluctuations des stocks d’aiglefin sont remarquées, selon Vanessa Bourgeois, directrice de la gestion des pêches et de la science au Conseil des poissons de fond de l’Atlantique – un groupe qui représente des pêcheurs.

Ce qui est du jamais-vu, ajoute-t-elle, c’est une diminution du quota en réaction à ces fluctuations.

Une femme habillée en tenue de bureau, debout devant une photo d'un port de pêche flou.

Vanessa Bourgeois, directrice de la gestion des pêches et de la science au Conseil des poissons de fond de l’Atlantique, un groupe qui représente des pêcheurs.

Photo : fournie par Vanessa Bourgeois

C’est sans précédent, renchérit Alain d'Entremont, président de Scotia Harvest Inc., une entreprise de pêche et de transformation des produits de la mer basée à Seabrook, en Nouvelle-Écosse.

C’est une surprise, parce que ça ne correspond pas nécessairement à ce qu’on observe en mer, a-t-il déclaré.

Il dit néanmoins comprendre ce qui motive la décision du MPO.

Les pêcheurs d’aiglefin pêchent dans des bancs de poissons et n’ont pas nécessairement un portrait global de la situation, explique-t-il. Nous sommes toujours intéressés de savoir ce que les études mesurent.

Un homme dans une usine, en combinaison protectrice blanche et bonnet. Il exhibe en souriant un poisson mort rouge.

L'usine de Scotia Harvest transforme aussi le sébaste, souligne le propriétaire, Alain d’Entremont. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Puisque son entreprise pêche et transforme d’autres produits de la mer, comme le sébaste et les pétoncles, ce sera plus facile pour elle d’éviter des répercussions financières.

Il ne s’attend pas à ce que le prix de l’aiglefin augmente, puisqu’il continue d’être très pêché dans les eaux du nord de l’Europe.

À Lower West Pubnico, Gibby d’Entremont, propriétaire de Nova's Finest Fisheries Inc., a déclaré en entrevue jeudi que la décision du MPO de couper le quota était dure à avaler.

Cela représente un million de livres de moins vers l’usine, affirme-t-il.

La capacité de production de son entreprise est de 25 000 livres par jour. Il estime donc que la baisse du quota va représenter 40 jours de travail de moins par année.

Vanessa Bourgeois, du Conseil des poissons de fond de l’Atlantique, affirme que des pêcheurs ont déjà communiqué avec l’organisme. Ils lui auraient dit que la baisse du quota va être extrêmement dommageable pour leurs entreprises.

En 2022, la valeur des débarquements d’aiglefin a été supérieure à 14 millions de dollars, selon le gouvernement fédéral. Cela n’inclut que les poissons pêchés, pas les produits transformés.

D’après le reportage de Giuliana Grillo de Lambarri (CBC)

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