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Les Rendez-vous Québec Cinéma s’ouvrent avec Nina Roza

1 month ago 20

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Ce mercredi, les Rendez-vous Québec Cinéma (RVQC) s'amorcent à Montréal pour neuf jours de célébration du septième art. Plus de 200 films – dont 66 sélectionnés en compétition – attendent le public, qui pourra également assister à de nombreuses discussions et activités publiques.

Cette année, les RVQC changent de saison. Le festival organisé par Québec Cinéma se tenait auparavant au mois de février.

Ce changement s’explique par le souci de laisser le temps aux équipes de souffler après le Gala Québec Cinéma, qui a lieu en décembre, et d'attirer les cinéphiles, parfois moins enclins à sortir de chez eux en plein hiver.

Projection en accéléré

Les RVQC débutent environ deux semaines après que le festival a annoncé la projection en accéléré du film d’Anne Émond Amour Apocalypse. Ce visionnement, prévu samedi, a pout but de susciter une réflexion sur les habitudes de consommation de films québécois chez la jeune génération.

La décision de montrer ce film en accéléré a fait réagir, suscitant des réactions non seulement amusées mais aussi critiques sur ce mode de diffusion accusé de dénaturer l’expérience cinématographique. Le cinéaste québécois François Delisle a même demandé le retrait de la programmation de son film Le temps.

C’est une projection unique en son genre, nuance Laura Rohard, directrice du festival. Le reste, ce sont des projections très classiques, très normales, dans des conditions optimales.

La polémique ne semble pas avoir nui aux RVQC puisque les ventes de billets vont bien, assure-t-elle.

Nina Roza en ouverture

Cette année, la programmation des RVQC fait la part belle aux femmes audacieuses et iconoclastes. On a de beaux films de femmes, écrits, réalisés et produits par des femmes, précise Laura Rohard.

Lauréat de l’Ours d'argent du meilleur scénario à Berlin en février dernier, le film sur l’exil et le déracinement Nina Roza, de la Québécoise Geneviève Dulude-De Celles, donne le coup d’envoi du festival.

Ce film – lumineux et sensible, selon Laura Rohard – est projeté pour la première fois en Amérique du Nord avant de prendre l’affiche en salle vendredi.

D’ici le 30 avril, les RVQC organiseront aussi, en présence des cinéastes, les premières de Best Boy, de Jesse Noah Klein, et de trois documentaires : À pied, de Vali Fugulin, qui porte sur la marche, Là où tout se rassemble, de Guillaume Langlois, axé sur la correspondance entre jeunes Autochtones et non-Autochtones, et le road-movie en Gaspésie L’aventurine, de Carlos Ferrand.

Quant aux courts métrages, le festival sera l’occasion de découvrir C'est ma sœur, de Zoé Pelchat-Ouellet. Ce film, sélectionné lors de la dernière Berlinale, raconte l’histoire de deux sœurs, Agathe et Camille, qui vit avec la trisomie 21.

Le réalisateur québécois Jérémy Comte verra lui aussi son court métrage projeté pendant le festival. Intitulé Brute, son film, sélectionné au Festival de Berlin, parle d’anxiété de performance et de dépression.

La 44e édition des RVQC s’achèvera sur la présentation en grande première de Kaïros, un film de Jennifer Alleyn qui explore aussi la question du déracinement.

Séances de rattrapage

Les RVQC, ce sont également des rétrospectives. Les spectateurs pourront ainsi se (re)plonger dans Le train, de Marie Brassard, dans Où vont les âmes, de Brigitte Poupart, et dans le documentaire Ils sont sacrés, de Kim O’Bomsawin.

Quatre films déjà sortis, dont Peau à peau, de Chloé Cinq-Mars, Montréal, ma belle, de Xiaodan He, et le documentaire Baie James 1975 : le choc des nations seront de nouveau projeté sur grand écran avant de faire l'objet de discussions animées par la chroniqueuse culturelle Ariane Cipriani.

Le documentaire La méthode scandinave, d’Anik Salas, inspirera quant à lui un échange sur l'égalité des genres.

Les 50 ans du film d’André Forcier L’eau chaude, l’eau frette seront soulignés dimanche soir à la Cinémathèque québécoise.

Robert Morin se tient debout.

Le réalisateur québécois Robert Morin.

Photo : Radio-Canada / LisaMarie Noël

Déjà présenté à la Semaine de la critique de Montréal en janvier dernier, Six portraits néoréalistes, dans lequel Robert Morin dresse le portrait de six immigrants à Rome, représente le coup de cœur de Laura Rohard.

C’est un film qui ne ressemble à rien d’autre, à mi-chemin entre documentaire, fiction et hommage au Voleur de bicyclette, explique-t-elle. C’est très poignant et, en même temps, c’est très politique et militant.

Désir, humour et leçons de cinéma

Du côté des événements, le Combat des courts revient pour une deuxième année et Annie Brocoli remontera sur scène avec le Broco-band après la projection d’Annie Brocoli dans l’espace lors de La nuit de la nostalgie : Brocoli et cie

Vendredi, le désir sera au cœur d’une soirée en trois parties qui débutera avec Invisibles, un film sur la sexualité des personnes qui vivent avec un handicap, réalisé par Junna Chif.

Pour la première fois, les RVQC tiendront une soirée d’humour avec 3,2,1... Stand up!, lors de laquelle six humoristes vont livrer un numéro original inspiré d’un film québécois.

En plus d’offrir des leçons de cinéma avec Philippe Brault, Anne Émond et Anaïs Barbeau-Lavalette, les RVQC proposeront deux tables rondes, l’une sur le cinéma jeunesse avec India Desjardins et l’autre sur la comédie avec Eric K. Boulianne et Catherine Léger.

Une rencontre avec Luc Dionne, animée par la journaliste de Radio-Canada Marie-Maude Denis, est aussi à l'horaire.

Le dévoilement de la bande-annonce du film québécois François.e a fait réagir la communauté trans jusqu’en France ces derniers jours. Des extraits de cette comédie dramatique seront dévoilés lors d’une soirée animée par Eugénie Lépine-Blondeau, à laquelle participera l’autrice trans Gabrielle Boulianne-Tremblay, qui a coécrit ce film qui met en vedette Louis Morissette.

L’ensemble de la programmation de la 44e édition des RVQC est accessible en ligne (nouvelle fenêtre).

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