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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMark Carney a de bonnes raisons de croire qu’il est toujours la coqueluche du moment en Europe, après avoir été encensé pour son discours à Davos.
Le président français, Emmanuel Macron, l’a invité pour une visite bilatérale à Paris, avant le sommet du G7 qui aura lieu dans les Alpes françaises, en début de semaine prochaine.
Le gouvernement irlandais lui a proposé de venir pour un premier voyage officiel – à Dublin et dans le comté de Mayo, dans l’ouest de l’île – alors que le pays s’apprête à prendre la tête du Conseil de l’Union européenne.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, s'est envolé vers l'Europe, le 11 juin 2026.
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Dans les deux cas, le premier ministre canadien aura droit à de belles attentions : dîner privé à l'Élysée en compagnie des épouses, Diana Fox Carney et Brigitte Macron, ainsi qu'une messe dans le village d'Irlande dont ses grands-parents paternels sont originaires et où M. Carney a encore des cousins éloignés.
Dans cette communauté d’Aughagower, qui compte quelques centaines d’habitants, on est d’ailleurs très excité à l’idée de voir débarquer le premier ministre du Canada, dimanche. On a même repeint le centre communautaire pour l'occasion.

Mark Carney se rendra dans le comté de Mayo, dans l’ouest de l’Irlande, dimanche.
Photo : Getty Images / AFP / David Gannon
Toutefois, autant Mark Carney peut se dire qu’il est la saveur du mois en Europe, autant un autre politicien risque de l’éclipser dans les prochains jours : Donald Trump.
Le président américain aime se retrouver au centre de l’attention et sa présence à un sommet international – cette fois-ci au G7 à Évian – a de bonnes chances de devenir perturbatrice.
L’an dernier, lorsque les leaders étaient réunis en Alberta, M. Trump avait quitté de façon précipitée – officiellement pour s’occuper du Moyen-Orient – laissant certaines discussions en plan.

Donald Trump, lors de son départ prématuré de Kananaskis, en Alberta, en juin 2025.
Photo : Reuters / Kevin Lamarque
Dans une séance de breffage avant le voyage, de hauts fonctionnaires canadiens ont voulu se faire rassurants : au niveau préparatoire, a lancé l’un d’entre eux, tous les membres du G7 sont en train de négocier de bonne foi.
Mais Stéphane Dion, ancien ambassadeur du Canada à Paris, ne se fait pas d’illusion. Donald Trump, note-t-il, est un personnage différent des autres dirigeants à la table.
C’est un G6 + 1.
Selon M. Dion, le président américain a des approches complètement différentes sur le plan du multilatéralisme et de la relation avec les dictatures – des divergences qui ont le potentiel de faire dérailler les discussions. Il y a toujours le risque que la crise du jour emporte tout le reste, ajoute-t-il.

Stéphane Dion a été ambassadeur du Canada à Paris de 2022 à 2025.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Un départ de Donald Trump avant la fin du sommet n’est donc, encore une fois, pas à exclure et, déjà, on sent que la France, le pays hôte, veut limiter les occasions de braquer le président américain.
Comme l’an dernier, il n’y aura pas de communiqué final conjoint à l’issue du sommet à Évian. On publiera plutôt de courtes déclarations ciblées, sur des thèmes précis, que chaque pays pourra choisir de signer ou non. Le Canada, par exemple, espère des avancées dans le domaine des minéraux critiques, des enjeux macroéconomiques mondiaux et du développement international.
C’est en raison du président Trump, croit M. Dion. Sinon, il y aurait une déclaration conjointe.
Une rencontre Trump-Carney?
Mark Carney souhaite également profiter du G7 pour s’entretenir avec Donald Trump. La dernière rencontre bilatérale officielle avec le président américain remonte à octobre dernier, lorsque le premier ministre canadien s’était rendu au bureau ovale.
L’entourage du premier ministre n’a pas voulu confirmer s’il avait demandé à la Maison-Blanche un entretien formel, mais une source laisse entendre qu’une requête a bel et bien été faite par le Canada, et une autre qu’elle aurait été accueillie favorablement. Rien, toutefois, ne serait coulé dans le béton.
Mais peu importe, Mark Carney et Donald Trump auront l’occasion de se parler au sommet, croit Stéphane Dion : Le G7, c’est des échanges informels. [Les leaders] sont dans un endroit fermé. Il y aura certainement beaucoup d’échanges avec le président.
En point de presse jeudi soir à Toronto, le premier ministre a d’ailleurs indiqué qu’il aurait des conversations avec le président sur plusieurs sujets dans les prochains jours et qu’une rencontre était prévue à Evian entre le ministre Dominic LeBlanc et le représentant américain au commerce, Jamieson Greer.

Les leaders du G7 lors des discussions au sommet en Alberta, l’an dernier.
Photo : Associated Press / Mark Schiefelbein
La semaine dernière, Ottawa a reculé face aux géants du web américains, en exigeant moins de redevances pour le contenu canadien – une mesure saluée par l’ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra.
Mark Carney a aussi repris des mots chers à Donald Trump – Make America Great Again – lorsqu’il s’est adressé à des gens d’affaires à New York, à la fin mai. Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, avait alors accusé le premier ministre canadien de dire une chose et son contraire lorsqu'il était question de Washington.
Malgré tout, Frédéric Mérand, professeur de sciences politiques à l’Université de Montréal, croit que M. Carney est dans une position intéressante au G7 : Il n’est pas un ami de M. Trump, comme peuvent vouloir l’être la première ministre du Japon ou la présidente italienne. Il n’est pas non plus très critique ouvertement de Trump, comme ont pu l’être Emmanuel Macron ou Friedrich Merz en Allemagne.
Ça fait de lui, d’une certaine façon, la personne évidente vers laquelle se tourner lorsqu’il s’agit de faire passer des messages à Trump.
Reste à voir maintenant si le président américain et les circonstances du sommet laisseront un peu de lumière à Mark Carney.


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