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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, s’envolera mercredi vers la France et la Belgique, accompagnée de représentants d’universités et de cégeps québécois. Les buts officiels de cette mission d’une semaine sont de « dynamiser les partenariats universitaires et de recherche avec le Québec » et de conclure près d’une vingtaine d’ententes de coopération.
Mais surtout, ce que la ministre Biron souhaite faire, c’est de rétablir les faits et d’avoir un dialogue direct avec les partenaires universitaires, dans un contexte de récentes réformes en matière d’immigration qui ont eu un impact important sur l’intérêt des étudiants étrangers pour le Québec.
L’ajout de quotas d’étudiants étrangers ainsi que la fin du Programme de l’expérience Québec (PEQ), et plus particulièrement de son volet Diplômés, ont eu pour effet d’envoyer un message négatif à l’international et de refroidir les ardeurs de nombre d’étudiants étrangers, reconnaît Martine Biron.
La situation est telle que la majorité des cégeps et des universités ont vu les demandes d’admission de cette catégorie d’étudiants chuter de manière draconienne dernièrement, et les quotas d’étudiants internationaux sont aujourd’hui loin d’être remplis, confirme la ministre.
Il faut recadrer le message et enlever un peu de confusion, reconnaît-elle dans un entretien avec Radio-Canada.
J’ai promis [aux recteurs des universités] de poser un geste pour stimuler le retour des étudiants étrangers, particulièrement aux deuxième et troisième cycles. [...] Il est temps d’y voir et d’arriver avec des solutions en France et en Belgique.
L’immigration et l’enseignement supérieur, deux cheminements distincts
Ce qui est clair, c’est que Martine Biron ne s’en va pas en Europe dans l’esprit de séduire de futurs immigrants permanents au Québec.
L’intention des étudiants étrangers, a priori, ce n’est pas nécessairement de venir s’installer au Québec. Il y a d’abord et avant tout des jeunes qui viennent pour l’expérience du savoir, dit-elle.
C’est certain que, si un étudiant de haut niveau avec un doctorat, qui parle français, décide de rester au Québec, dans le [nouveau] PSTQ, il aura les outils nécessaires pour être invité à rester, très certainement. Mais ce n’est pas ça mon but, explique la ministre.
Ce que je veux faire, c’est la distinction entre les réformes de l’immigration et la mission de l’enseignement supérieur, qui est de stimuler la mobilité des étudiants étrangers, parce que c’est un grand apport à la recherche et à la mission internationale au grand cercle du savoir, explique Mme Biron.
Et la ministre trouve important de dynamiser la mobilité étudiante dans les deux sens, tant pour attirer les étudiants étrangers au Québec pour des séjours d’études que pour appuyer les étudiants québécois qui souhaitent aller à l’étranger.
Voilà pourquoi la première annonce qu’elle fera sera celle de bonifier le Programme de mobilité internationale, dont le soutien financier pour les courts séjours d’études en France et en Belgique passera de 2500 $ par mois pour un maximum de 20 000 $ à 3000 $ par mois pour un maximum de 24 000 $.
Passer à une autre étape : universités et cégeps heureux de l’initiative
Parmi les accompagnateurs de la ministre, il y a François Deschênes, qui est à la fois recteur de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et coprésident du Conseil franco-québécois de la coopération universitaire.
On veut leur dire que le Québec, c’est encore une destination de choix, qu’il y a de la place dans nos universités. On souhaite faire front commun pour porter ce message.
Le nombre de demandes d’admission d’étudiants étrangers à l’UQAR est passé de près de 10 000 en 2024 à 2150 l’an dernier, une diminution qui s’est traduite en une baisse de 45 % des nouvelles inscriptions. Et les chiffres préliminaires de la plus récente période d’admission laissent croire que cette baisse dramatique est appelée à se poursuivre, avec moins de 1000 demandes déposées jusqu’à présent.

François Deschênes, recteur de l'Université du Québec à Rimouski, accompagnera la délégation québécoise en France et en Belgique.
Photo : UQAR
Une situation que M. Deschênes attribue, oui, aux récentes politiques en immigration, mais aussi au resserrement dans les règles d’admission des universités, en coopération avec Ottawa, pour prévenir des cas d’abus, où des personnes obtenaient de manière frauduleuse le statut d’étudiant étranger dans le seul but d’immigrer au Canada.
Assurément, des dommages ont été faits. Mais ça, c’est le passé. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ensemble pour passer à une autre étape?
La PDG de la Fédération des cégeps, Marie Montpetit, est elle aussi heureuse d’avoir été invitée à participer à cette mission.
Il faut reconfirmer le message selon lequel les étudiants internationaux sont les bienvenus et [leur dire] qu’on a besoin d’eux, explique-t-elle. Le Québec a vraiment mauvaise presse. Aujourd’hui, il faut rétablir la confiance.

Marie Montpetit, présidente de la Fédération des cégeps
Photo : Amélie Pedrini
Les étudiants internationaux, apports nécessaires à l’avenir du Québec
Pour Mme Montpetit, les dossiers de l’immigration et de l’enseignement supérieur sont intrinsèquement liés. Accueillir des étudiants internationaux, ce n’est pas un luxe, c’est vraiment une nécessité pour répondre aux besoins de main-d’oeuvre dans plusieurs régions.
Elle indique que trois ans après la fin de leur formation en milieu collégial, 90 % des étudiants étrangers sont installés au Québec et y travaillent.
Dans ce contexte, Mme Montpetit souligne l’importance, pour elle, du retour du PEQ, qui facilitait l’accès à la résidence permanente à ceux qui avaient été diplômés au Québec. On souhaite ardemment qu’au lendemain de la course à la chefferie [de la CAQ], le nouveau premier ministre ou la nouvelle première ministre réévalue le PEQ Diplômés et le remette en place.
Tous les changements depuis deux ans sont venus créer de l’imprévisibilité. Si on veut être capable de renforcer le message à l’international, il faut que les politiques migratoires soient cohérentes avec ces messages-là.

La présidente de l'Union étudiante du Québec, Flora Dommanget
Photo : Radio-Canada / Gabriel Poirier
Tout comme Mme Montpetit, la présidente de l’Union étudiante du Québec, Flora Dommanget, est d’avis que les questions d’immigration et d’enseignement supérieur sont indissociables.
Elle estime que cette mission vise à réparer les pots cassés, alors que les dommages des politiques d’immigration au réseau de l’enseignement supérieur étaient prévisibles. Elle voit une contradiction entre le message que la ministre de l’Enseignement supérieur veut envoyer et la réalité du terrain.
On dirait que le gouvernement vient de se rendre compte que ses politiques en immigration ont un impact et qu’il essaie de rétropédaler, croit-elle.


2 months ago
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