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Nombre record de martinets ramoneurs dénombrés en 2025 : que s’est-il passé?

5 hours ago 4

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Lors du décompte annuel des martinets ramoneurs l'an dernier, tous les records ont été battus. Les quatre soirs qu'a duré l'opération, les bénévoles ont recensé 7000, 10 000, 11 000 et 12 000 individus. La moyenne des 30 dernières années tournait plutôt autour de 4500 oiseaux par soir.

En cette Journée mondiale des martinets, voici les explications sur ce qui a bien pu se passer.

Le martinet ramoneur est un petit oiseau insectivore facile à confondre avec l'hirondelle, bien que son vol soit plus saccadé. Il est désigné menacé, car les populations au Québec ont diminué de 88 % depuis le début des années 1970.

Chaque année, les martinets ramoneurs effectuent une très grande migration vers le bassin amazonien. À leur retour, à la fin mai, ils se rassemblent en grand nombre dans des cheminées pour dormir. Au coucher du soleil, ils s'y précipitent par centaines. Le spectacle est impressionnant!

Depuis 1997, le Service canadien de la faune profite de l'occasion pour les compter. L'opération s'appelle le suivi des dortoirs et se déroule au Québec devant 50 cheminées qui sont presque toujours les mêmes. Le décompte se déroule sur quatre soirées non consécutives à la fin mai et au début juin.

L'an dernier, la cheminée de Saint-George-de-Beauce a attiré 2535 oiseaux en un seul soir, ce qui semble être le record du Québec. La cheminé de la polyvalente de Mont-Laurier en a accueilli 1955, du jamais vu pour l'ornithologue Robert LeBrun qui fait le décompte à cet endroit depuis des décennies.

Avant la pandémie de COVID-19, le nombre de martinets ramoneurs à Mont-Laurier tournait plutôt autour de 700. Ces dernières années, leur nombre a grimpé autour de 1300, raconte Robert LeBrun.

Les chiffres du décompte de 2025 ont été impressionnants tant dans les grandes cheminées de Montréal que dans de plus petits dortoirs, comme la cheminée de Chambly en Montérégie, où 210 martinets ont été comptés contre moins de 100 par le passé.

Bien que réjouissants, les records de 2025 ne constituent cependant pas une tendance, précise la biologiste au Service canadien de la faune, Sara Boukherroub.

Pour l'instant, c'est comme une année exceptionnelle. Si ça continue, là, on pourrait établir une tendance à la hausse, mais ça prendrait plusieurs années pour parler d'une tendance. Pour l'instant, on parle d'exception.

Un martinet ramoneur vole dans le ciel.

Un martinet ramoneur en vol (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Dan Logan

La biologiste avance tout de même des hypothèses pour expliquer l'exception de 2025.

On peut émettre l'hypothèse qu'il y a eu un changement dans les voies migratoires. Ma deuxième hypothèse serait que le taux de reproduction en 2024 a été exceptionnel au Québec ou que le taux de survie a été exceptionnel à cause de conditions de migration très, très favorables. Ces hypothèses peuvent bien sûr se cumuler, précise-t-elle.

Pour établir un début de tendance, il faudrait aussi que les chiffres exceptionnels de 2025 se reproduisent en 2026. Or, les données préliminaires du suivi des dortoirs fait les 20, 24, 28 mai et 1er juin derniers ne le permettent pas encore.

Certes, avec 2600 oiseaux comptés en un seul soir, la cheminée de Saint-George-de-Beauce a établi un nouveau record pour le Québec. Mais à la polyvalente de Mont-Laurier, il s'agit plutôt d'un retour à la normale avec 1145 oiseaux, tout comme à Chambly où l'on retourne sous la barre des 100 martinets ramoneurs.

Cindy Bertran Cerino et Caroline Tétrault, souriantes, devant la cheminée d'une église.

Cindy Bertran Cerino, biologiste pour les espèces en péril au Service canadien de la faune, et Caroline Tétrault, ornithologue et membre de la Société de biologie de Montréal, se préparent à compter les martinets ramoneurs qui entreront dans l'église du Très-Saint-Rédempteur dans le quartier Hochelaga à Montréal.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

À Montréal

À la principale cheminée de Montréal, 388 martinets ramoneurs ont été comptés le 24 mai dernier. C'est moins de la moitié du nombre d'individus qui y avaient été recensés en 2025. L'ornithologue Caroline Tétrault espère que la migration tardive est la principale cause de cette différence. Et puisqu'il y a plusieurs cheminées dans la métropole, elle se demande aussi si les oiseaux ne pourraient pas avoir adopté de nouveaux dortoirs. Pour le savoir, il faudra attendre la compilation finale du suivi des dortoirs de 2026 qui sera disponible au milieu de l'été.

Caroline Tétrault invite le public à porter attention à ce qui se passe autour de chez eux et à signaler les cheminées qui reçoivent des martinets ramoneurs.

C'est important de [les] signaler aux autorités compétentes, à QuébecOiseaux ou au Service canadien de la faune. Comme ça, ça nous aide dans notre mission à pouvoir dénombrer ces petits oiseaux-là, puis aider à leur survie.

Même s'il est impossible d'établir une tendance à la hausse du nombre de martinets ramoneurs, l'analyse sur plusieurs décennies du suivi des dortoirs, combinée au relevé des oiseaux nicheurs qui se déroule depuis 1966, pourra permettre de confirmer, ou non, la fin du déclin et une stabilisation des populations, depuis quelques années.

Un oiseau qui semble à l'étroit dans un nid qui est collé à la brique.

Un martinet ramoneur qui couve dans une cheminée. (Photo d'archives)

Photo : Bruce Di Labio

Le gouvernement canadien dispose aussi d'un programme de rétablissement des populations de martinets ramoneurs qui met l'accent sur la préservation des cheminées. Les grandes cheminées servent de dortoirs lors du retour de la migration, mais la nidification se fait dans de plus petites cheminées, ainsi que dans de grands arbres morts ou creux.

Le 7 juin a été désigné Journée mondiale des martinets en 2019 par l’association Martinets sans frontières. Le site Internet de l'organisme QuébecOiseaux précise que cette journée a pour objectif de faire connaître les espèces de martinets partout à travers le monde et de promouvoir leur protection.

Il existe une centaine d'espèces de martinets dans le monde, mais une seule au Québec : le martinet ramoneur.

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