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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayFort d’un financement de près de 350 000 $, la communauté d’Odanak, située dans le Centre-du-Québec, prend sa place dans un projet de développement touristique qui s’axe autour de la rivière Saint-François, dans le sud de la province. De quoi mettre en valeur son histoire et la faire découvrir à un plus grand public.
On ne se sera jamais la Gaspésie, où les gens vont venir passer une ou deux semaines, mais on est proche de Montréal et Québec, et on veut donner envie aux gens de revenir plusieurs fois [dans notre secteur], explique avec enthousiasme Stéphanie Nika Trottier, conseillère en développement touristique de la communauté d’Odanak.
La communauté abénakise s’est donc associée à un projet déjà existant dans la région pour faire briller sa culture et son histoire : la Tournée de la Saint-François.

La rivière Saint-François relie le fleuve Saint-Laurent et la ville de Sherbrooke.
Photo : Drummond Économique
Car Stéphanie Nika Trottier croit au potentiel attractif de la rivière Saint-François, ce cours d'eau qui traverse le territoire ancestral de sa communauté : On n’a rien à envier au lac Saint-Jean. [Notre] territoire est magnifique et de toute beauté; c’est juste qu’[il] n’est pas connu.
Jacques T. Watso, l'élu au conseil de bande d’Odanak qui porte le dossier du tourisme pour la communauté, souligne que des attraits sont déjà présents comme le Musée des Abénakis, le café Masko et de l'hébergement.
Mettre en valeur le patrimoine abénakis
Lancée en 2021, la Tournée de la Saint-François est un parcours qui s’étend sur 250 kilomètres et traverse les territoires des MRC de Nicolet-Yamaska, de Val-Saint-François et de Drummond, ainsi que celui d’Odanak. Il propose différents arrêts culturels, gastronomiques ou d'activités de plein air : microbrasserie, fermes, bleuetières, points de vue sur la rivière, parcs et belvédères...
Sauf qu’il manquait un élément essentiel : la mise en valeur de la présence des Abénakis d’Odanak le long de ce cours d’eau qui relie le Grand lac Saint-François, en Chaudière-Appalaches, au fleuve Saint-Laurent, avec un détour par la ville de Sherbrooke.
La rivière, appelée Alsig8ntogok par les Abénakis, était l’autoroute de ce peuple, précise Jacques T. Watso. Ça signifie "la rivière où il y a le village abandonné", explique-t-il.
Aujourd’hui, La Tournée de la Saint-François poursuit donc son développement grâce à une subvention de 346 000 $ de la part de Développement économique du Canada accordée à Odanak, ce qui représente environ 90 % du coût total du projet.

Le parcours s'étend sur 250 kilomètres et prendra désormais en compte l'histoire des Abénakis d'Odanak.
Photo : Drummond Économique
Avec cette somme, les Abénakis d’Odanak pourront créer 31 panneaux explicatifs, et parfois même interactifs avec des éléments sonores et des codes QR à balayer, pour permettre aux visiteurs d’en apprendre plus sur cette occupation du territoire ancestral.
Le contenu des explications de chaque panneau est en phase de développement, tout comme leur futur emplacement. Ils seront en français et en anglais, mais la langue abénakise, l’aln8ba8dawaw8gan, devrait elle aussi avoir sa place.
Leur installation est prévue pour la saison touristique de 2027 et les Abénakis ont pu bénéficier de l'accompagnement de la Société du réseau des économusées.
Miser sur le tourisme
Jacques T. Watso sait que, dépourvue de ressources hydrauliques ou minérales qui permettent à certaines communautés de pouvoir se développer, Odanak doit plutôt miser sur le tourisme.
[Ce projet] contribue au développement économique du territoire, tant pour les Abénakis que pour les communautés avoisinantes. C’est une forme de réconciliation économique.
On n’a pas de ressources, on n’a pas de forêts, on ne veut pas aller dans le jeu [de hasard]. On ne veut pas non plus développer les cabanes à cannabis. Après analyse, on voit qu’on a un riche patrimoine culturel, précise l’élu.

Jacques T. Watso est un fervent défenseur de l'identité autochtone. (Photo d'archives)
Photo : Facebook de Jacques T. Watso
D’autant que les gens ont une soif de savoir qui sont leurs voisins. Les gens de Drummondville peinent à savoir qui occupe le territoire, selon lui.
Ça permet aussi de travailler le sentiment de fierté au niveau de la communauté.
Le défi n’est pas aisé, car, selon Alain Brosius, conseiller en développement touristique pour la Ville de Drummondville, la région est très industrielle. Il y a cette culture, alors on essaye de structurer depuis trois, quatre ans une dynamique touristique, car il y a beaucoup de valeurs ajoutées patrimoniales, culturelles... On commence seulement à développer le tourisme […] pour diversifier l’économie.
Grâce aux panneaux, la communauté espère aussi pouvoir quantifier l'attrait touristique de la région.


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