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Pour les Mohawks de Kahnawà:ke, la reconquête du territoire commence ici

3 hours ago 4

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À l’étage du Conseil de bande de Kahnawà:ke, une carte occupe presque tout un pan du bureau du grand chef. Cody Diabo s’en approche et pose la main sur le territoire actuel de la communauté, une enclave verte cernée par les routes, les villes et les terres agricoles de la Rive-Sud de Montréal.

Autour, les différentes couleurs dessinent une autre géographie, celle des terres que les Mohawks estiment avoir perdues au fil des siècles. Tout ce qui apparaît en rouge représente le développement, explique-t-il en parcourant la carte du regard.

Le document montre l’étendue de la seigneurie du Sault-Saint-Louis, concédée en 1680 au bénéfice des Mohawks de Kahnawà:ke. Avec le temps, une grande partie de ce territoire est passée entre d’autres mains, malgré les protestations répétées de la Première Nation.

Des routes, des municipalités, des carrières et des terres agricoles occupent désormais les parcelles revendiquées. La construction de la voie maritime du Saint-Laurent a aussi profondément transformé les lieux. On nous a pris tellement de terres, résume Cody Diabo.

Des herbes hautes et quelques fleurs sauvages s’étendent sous un ciel parsemé de nuages.

Ces terres en friche pourraient bientôt accueillir des cultures destinées à renforcer l’autonomie alimentaire de la communauté mohawk.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Pour le grand chef, cette carte ne raconte pas seulement une dépossession ancienne. Elle montre aussi la rapidité à laquelle les espaces encore disponibles se transforment.

Quand on regarde ce qui s’est construit depuis 20 ans, et particulièrement au cours des dernières années, on constate que le développement s’accélère, souligne-t-il, ajoutant que chaque nouveau chantier risque ainsi de compliquer davantage une éventuelle restitution.

Au centre de la carte, le territoire actuel de Kahnawà:ke paraît modeste en comparaison des quelque 24 000 acres réclamés dans le cadre du grief territorial de la seigneurie du Sault-Saint-Louis. Ces terres, environ 9700 hectares, représentent presque deux fois la superficie actuelle de la réserve mohawk.

Nous devons avoir une véritable conversation sur la manière dont chaque pouce de terre sera rendu à Kahnawà:ke, affirme Cody Diabo.

La carte fixée au mur donne la mesure de cette revendication. Une première avancée se dessine à 15 kilomètres de la communauté, où 162 acres — environ 66 hectares, soit l’équivalent d’une petite centaine de terrains de soccer — sont en voie de lui être restituées.

Une main désigne les contours colorés d’un territoire sur une grande carte géographique.

Une carte montre le territoire actuel de Kahnawà:ke et l’étendue des terres revendiquées par la communauté mohawk sur la Rive-Sud de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Après un court trajet en voiture, le territoire représenté sur la carte devient tangible. Par une journée radieuse et chaude, les hautes herbes ondulent autour d’une ancienne installation fédérale située à cheval sur les municipalités de Saint-Rémi et Saint-Isidore. Une tour métallique domine les champs. À ses pieds, un bâtiment de briques et de tôle, aux fenêtres condamnées et aux murs couverts de graffitis, porte les marques de l’abandon.

Ottawa s’est engagé à restituer ce site à Kahnawà:ke par l’entremise du processus fédéral d’ajout aux réserves. Le transfert n’est toutefois pas encore officiel. L’ancien site de communications doit d’abord être assaini avant de pouvoir être intégré à Kahnawake no 14, le nom administratif de la communauté autochtone.

Le gouvernement fédéral a également annoncé une enveloppe de 1,2 million de dollars pour ces travaux, dont le Conseil mohawk entend assurer lui-même la gestion afin d’accélérer le calendrier. Pour Cody Diabo, ces 162 acres représentent bien davantage que leur seule superficie. Ils marquent une première avancée dans un dossier territorial ouvert depuis plus de 20 ans.

C’est un progrès incontestable dans le règlement de notre grief historique concernant la seigneurie du Sault-Saint-Louis. Environ 24 000 acres sont dus à Kahnawà:ke. Le fait que ce dossier avance nous donne de l’espoir, insiste-t-il en entrevue.

Le choix des mots est ici politique. À Kahnawà:ke, on parle moins de rapatriement que de rematriation, un terme qui renvoie à l’organisation matriarcale de la société kanien’kehá et refuse l’idée d’une faveur consentie par les autorités fédérales.

Nous reprenons possession de la terre, elle ne nous est pas donnée. Elle n’a jamais appartenu à quelqu’un d’autre qui aurait pu nous la donner. Nous ne faisons que reprendre ce qui constitue notre territoire.

Un homme vêtu d’un polo noir se tient devant un vaste champ couvert d’herbes hautes et de fleurs jaunes.

Le grand chef Cody Diabo prend la pose sur les 162 acres que Kahnawà:ke souhaite consacrer à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Le dossier plonge ses racines dans la seigneurie du Sault-Saint-Louis, concédée en 1680 sous le régime français au bénéfice des Iroquois du Sault, comme les autorités coloniales désignaient alors les Mohawks de Kahnawà:ke.

Progressivement, une grande partie de ce territoire a été cédée à des colons malgré les protestations répétées de la communauté autochtone. L’emprise territoriale de Kahnawà:ke s’est encore réduite sous les régimes britannique puis canadien. Les discussions avec Ottawa ont repris dans les années 1990, avant l’ouverture de négociations formelles au début des années 2000, rappelle le leader mohawk

En 2022, le ministère fédéral des Relations Couronne-Autochtones en a pris possession. Le site avait auparavant été utilisé par le ministère de la Défense nationale, puis par les services fédéraux responsables des communications et de la gestion du spectre.

L’ancien site de communication radar ne fait toutefois pas partie des quelque 24 000 acres revendiquées par Kahnawà:ke dans le cadre du grief territorial de la seigneurie du Sault-Saint-Louis, mais il se trouve tout près de ce territoire historique et à quelques minutes de la communauté. Le Conseil mohawk a manifesté son intérêt pour ces terres en 2019, note le grand chef.

La proximité et la superficie ont convaincu nos dirigeants de saisir l’occasion, mais les 162 acres ne doivent pas être déduits des terres réclamées dans la seigneurie, dit Cody Diabo.

Cette ambition territoriale se heurte toutefois à une réalité complexe. Une grande partie du territoire revendiqué est aujourd’hui occupée, cultivée, traversée par des infrastructures ou intégrée à des municipalités. Cody Diabo écarte néanmoins l’idée d’un départ forcé des résidents et envisage plutôt une restitution progressive, au gré des parcelles qui deviendront disponibles.

Nous ne sommes pas des monstres et nous ne nous attendons pas à ce que les gens fassent leurs bagages et partent. Ce sera un retour générationnel.

Pour y parvenir, Kahnawà:ke demande à être avisée en priorité lorsque le gouvernement fédéral veut se départir d’un terrain excédentaire dans la région. La communauté pourrait alors évaluer chaque propriété avant qu’elle ne soit proposée à d’autres gouvernements, à des municipalités ou à des acheteurs privés, et déterminer si elle souhaite qu’elle lui soit restituée.

L’objectif serait de récupérer progressivement des parcelles permettant d’agrandir le territoire actuel et, lorsque cela est possible, de les relier entre elles. Cody Diabo veut éviter la création d’une multitude d’enclaves isolées.

La communauté ne voulait pas, dans l’ensemble, d’un territoire en damier. Ma position est maintenant de reprendre ces terres, puis de déterminer comment les relier à Kahnawà:ke. Il faut construire à partir de là.

Une carte routière montre un vaste territoire coloré en jaune et, plus au sud, une parcelle délimitée en rouge.

La parcelle de 162 acres, indiquée en rouge, se trouve au sud du territoire actuel de Kahnawà:ke.

Photo : Conseil mohawk de Kahnawà:ke

Sous les herbes, la facture de l’abandon

Sur place, la reconquête territoriale commence par l’assainissement du site. L’ancien bâtiment contient de l’amiante et de la peinture au plomb, tandis qu’une fuite de mazout pourrait avoir contaminé le sol. Le reste des terres est jugé cultivable, sous réserve des vérifications environnementales.

Le financement fédéral de 1,2 million de dollars devrait couvrir la démolition et l’assainissement du site, mais le Conseil mohawk se prépare à réclamer davantage si les coûts dépassent l’enveloppe.

Notre position a toujours été la suivante : vous devrez de toute façon payer, puisque vous auriez eu à effectuer vous-mêmes le nettoyage. Si cela coûte 1,4 million, nous irons chercher les 200 000 $ manquants, affirme Cody Diabo.

Et puis, le grand chef voit dans le pilotage du chantier par Kahnawà:ke une façon de bousculer une procédure fédérale qu’il juge archaïque. Il fait d’ailleurs remarquer que d’un océan à l’autre, certaines Premières Nations attendent depuis des décennies l'aboutissement d’un ajout à leur réserve.

D’après lui, les communautés autochtones devraient pouvoir recevoir les fonds et diriger elles-mêmes les travaux, plutôt que de demeurer prisonnières de la lenteur administrative. Des Premières Nations de l’Ouest canadien ont déjà demandé à Kahnawà:ke comment elle avait réussi à faire progresser le dossier aussi rapidement.

Cody Diabo espère que cette expérience créera un précédent, tout en insistant qu’Ottawa ne saurait se décharger de ses obligations en confiant aux communautés la gestion des travaux.

Le Canada n’a aucun problème à exproprier une terre dès qu’il le veut. Mais lorsqu’il est temps de payer sa dette et de la rendre aux Premières Nations, cela prend des décennies. C’est inacceptable.

Un panneau gouvernemental bilingue se dresse au milieu d’une végétation dense, en bordure d’un chemin.

L’ancien centre fédéral d’observation du spectre fait partie des installations qui devront être démantelées avant la restitution du terrain à Kahnawà:ke.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Un bateau comme avertissement?

Sur le terrain de 162 acres, à quelques mètres du bâtiment condamné, un amas de terre, de béton et de débris tranche avec le vert éclatant des champs. Un peu plus loin apparaît un bateau. Posée sur l’asphalte craquelé, la petite embarcation à moteur déborde de sacs, de cartons, de branches et de déchets divers. La scène témoigne de l’abandon du site.

Les dépôts sauvages avaient commencé avant la visite, le 29 juin, de la ministre fédérale Rebecca Alty, au cours de laquelle celle-ci a annoncé l'aide de 1,2 million de dollars pour décontaminer le site, relate Tehosterihens Deer, conseiller en relations publiques du Conseil mohawk de Kahnawà:ke.

En prévision de sa venue, nous avions fait nettoyer le terrain et installer une nouvelle barrière munie d’un cadenas.

Il indique que le bateau chargé de détritus est apparu deux ou trois jours après l’événement. Des reçus et des colis contenant des renseignements permettant d’identifier leur propriétaire auraient été abandonnés parmi les déchets. Les Peacekeepers de Kahnawà:ke et un service de police voisin ont depuis été saisis du dossier.

Quelqu’un s’est rendu là-bas avec une meuleuse, car il ne s’agissait même pas d’un coupe-boulon. Cette personne savait qu’elle allait devoir couper le cadenas pour déposer le bateau, ajoute Tehosterihens Deer.

Un homme vêtu d’un polo clair pose devant un vaste terrain couvert d’herbes hautes, sous un ciel nuageux.

Tehosterihens Deer, conseiller en relations publiques du Conseil mohawk, se tient sur les 162 acres en voie d’être restituées à Kahnawà:ke.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Depuis, des blocs de béton ont été placés devant l’entrée. Une équipe de la communauté doit désormais les déplacer chaque fois qu’un véhicule accède au site. Le Mohawk se garde toutefois d’attribuer un mobile à l’auteur du geste. S’agissait-il simplement d’éviter les frais associés à l’élimination des déchets ou de transmettre un message après l’annonce du retour prochain des terres?

On se pose forcément la question, lance le conseiller en relations publiques. Est-ce seulement quelqu’un qui a reculé pour vider son chargement avant de repartir? Nous savons maintenant qui est cette personne. Laissons les policiers faire leur suivi et nous finirons bien par le découvrir.

L’incident ne remet toutefois pas en cause la volonté de Kahnawà:ke d’entretenir de bonnes relations avec les communautés voisines, assure le grand chef Cody Diabo. Selon lui, les élus municipaux accueillent généralement le projet avec ouverture, même si certaines réticences persistent dans la population.

Nourrir Kahnawà:ke pour un siècle

Au-delà du bâtiment délabré, le regard se perd dans des champs où poussent graminées et fleurs sauvages. C’est là que le projet prend une autre dimension. La communauté ne prévoit pas, pour l’instant, d’y construire des logements, malgré une pénurie qui touche aussi Kahnawà:ke.

L’éloignement relatif du noyau résidentiel de la communauté et la qualité agricole des terres ont fait pencher la balance vers la production alimentaire. L’idée, c’est que cette parcelle nourrisse notre peuple pendant les 100 prochaines années, résume Cody Diabo.

Le projet reste à définir avec la communauté, mais l’agriculture traditionnelle devrait y occuper une place centrale. Traditionnellement, nous cultivions ensemble le maïs, le haricot et la courge. Chaque plante complète les autres, explique Cody Diabo à propos des Trois Sœurs. Cette méthode de compagnonnage, aussi pratiquée par les Wendat, tranche avec les monocultures intensives qui entourent le site.

Deux blocs de béton obstruent une entrée clôturée donnant sur une route, des champs et une éolienne.

Des blocs de béton sécurisent désormais l’entrée du terrain de 162 acres après plusieurs dépôts sauvages faits sur le terrain en voie d’être restitué à Kahnawà:ke.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Les consultations permettront de préciser les usages du terrain. Plusieurs possibilités sont déjà envisagées, notamment des serres, un petit élevage, un point de vente communautaire et, peut-être, des installations solaires combinées aux cultures. Cody Diabo imagine un lieu où les membres de la communauté pourraient travailler, transmettre leurs connaissances et accéder à des aliments sains, sans faire de la rentabilité l’objectif premier.

Les Mohawks souhaitent également utiliser des semences traditionnelles et éviter leur croisement avec les cultures voisines, ce qui pourrait nécessiter des distances de protection, des serres ou d’autres aménagements.

Aujourd’hui, tout est en monoculture et on en voit les problèmes. Il faut pulvériser davantage de produits et le sol ne se regénère pas comme il le devrait sans l’ajout de sources artificielles, notamment des engrais chimiques, pour obtenir une récolte la saison suivante, fait valoir Cody Diabo.

La souveraineté alimentaire répond aussi à une inquiétude climatique. Chaleurs extrêmes, pluies abondantes et sécheresses fragilisent les chaînes d’approvisionnement, comme les récoltes. Pour une communauté encerclée d’autoroutes, de zones industrielles et de terres qu’elle ne contrôle pas, disposer d’un espace agricole protégé devient une manière de mieux faire face aux bouleversements à venir.

Pour n’importe quel peuple, savoir nourrir sa population et en avoir les moyens est ce qu’il y a de plus important. Il faut nous assurer que, si la situation devient encore plus grave, nous aurons au moins une source de nourriture.

Le Conseil n’exclut pas non plus de travailler avec les agriculteurs voisins. Ceux-ci pourraient mettre leur machinerie et leur savoir-faire à la disposition de la communauté en échange de l’usage de certaines parcelles pour des cultures commerciales.

Une telle entente réduirait les coûts de démarrage et créerait des liens concrets avec les municipalités environnantes, mais la priorité restera la communauté. Nous ne cherchons pas à nous associer à de grandes entreprises pour produire la nourriture. Les membres de la communauté passeront d’abord.

De hautes plantes sauvages bordent un vaste champ sous un ciel bleu traversé de nuages.

Après l’assainissement du terrain, Kahnawà:ke envisage d’y cultiver les Trois Sœurs – le maïs, le haricot et la courge – pour renforcer sa souveraineté alimentaire.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Outre les défis déjà mentionnés plus haut pour la communauté, la restitution de ce terrain oblige également Québec à se pencher sur un dossier que la province a longtemps considéré comme relevant d’Ottawa.

Cody Diabo estime que le gouvernement provincial doit prendre part aux discussions, puisque les municipalités relèvent de lui et que toute redéfinition territoriale aura des conséquences locales. Il relie aussi cette question au débat récurrent sur la souveraineté du Québec. Si vous voulez vous séparer, séparez-vous, mais vous ne partirez pas avec les terres mohawks, lâche-t-il.

Une éventuelle modification du statut politique du Québec, soutient-il, ne pourrait faire abstraction des titres et des griefs territoriaux autochtones non réglés.

Sur le terrain, pourtant, l’avenir immédiat demeure très concret. Il faut attribuer les contrats, démolir le bâtiment, retirer les matériaux dangereux, analyser les sols, évacuer les nouveaux déchets et consulter la population. Le grand chef espère accueillir des membres de Kahnawà:ke dès que le chantier sera achevé et commencer les cultures à la prochaine saison propice.

Au regard des quelque 24 000 acres revendiquées, ces 162 acres peuvent sembler dérisoires. Sur le terrain, leur étendue impressionne pourtant. Cent soixante acres, ce n’est pas rien. Cela n’entame même pas la dette globale du Canada envers nous, mais c’est un début. Maintenant, quel sera le prochain terrain?, conclut Cody Diabo.

Land Back, reprendre la terre

Le mouvement Land Back, ou retour des terres, dépasse la seule restitution de territoires. Porté par les peuples autochtones, il revendique aussi un pouvoir réel sur l’utilisation des terres, la protection de l’environnement et l’exploitation des ressources.

En Colombie-Britannique, une décision historique a reconnu en 2025 le titre ancestral de la Nation quw’utsun, aussi appelée Cowichan, sur environ 732 acres à Richmond. Le jugement n’a pas annulé les titres des propriétaires privés, mais a invalidé ceux d’Ottawa et de la Ville sur certaines parcelles. La province doit maintenant négocier avec la nation autochtone, tandis que la décision fait l’objet d’appels.

À Kahnawà:ke, au Québec, le retour des terres emprunte une autre voie. La communauté négocie avec Ottawa l’ajout de 162 acres à sa réserve pour y développer l’agriculture et renforcer sa souveraineté alimentaire. Elle considère cette parcelle comme une première étape vers la récupération de quelque 24 000 acres au sud de Montréal.

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