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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayL’enjeu central de l’élection ne doit pas concerner le référendum sur la souveraineté du Québec, selon le chef péquiste. En promettant de lancer l’exercice après le départ de Donald Trump à la Maison-Blanche, il tente de redéfinir le thème dominant de la campagne imminente.
Quel parti est le plus fiable pour répondre à vos priorités? Voilà qui devrait plutôt guider le choix des Québécois, pense-t-il. Mais en repoussant le calendrier référendaire déjà dévoilé dans son livre bleu sur l’avenir du Québec, il s’expose lui-même à des interrogations sur sa fiabilité à mener le projet souverainiste jusqu’au bout.
Même si le report n’est que de quelques semaines par rapport au plan du livre bleu, des souverainistes pressés pourraient craindre qu’il se dégonfle. Le chef péquiste rétorque qu’il a tellement répété sa promesse de référendum dans un premier mandat qu’il ne fait aucun doute sur ses intentions et qu’il peut maintenant parler d’autres choses.
Bien qu’il ait toujours été constant sur la question de la souveraineté, il risque maintenant d’avoir l’air de manquer de constance en changeant d’adversaire. Dans le discours du chef péquiste jusqu’à maintenant, la principale menace à l’émancipation du Québec a toujours été le paternalisme du gouvernement fédéral et son ingérence dans les affaires. Aujourd’hui, il donne en partie raison à Christine Fréchette et Charles Milliard qui considèrent que c’est plutôt l’imprévisibilité du président américain l’ennemi commun.
Peut-on vraiment parler de recul? Pas vraiment, puisque cet exercice serait amorcé dans un premier mandat majoritaire. Donald Trump doit normalement quitter Washington au début de l’année 2029.
Son virage, tel que décrit par ses rivaux, est réfléchi et planifié, même s’il paraît improvisé en réaction aux sondages démontrant que l’appui à la souveraineté stagne. Déjà, cet hiver, Paul St-Pierre-Plamondon avait laissé planer la possibilité d’attendre la fin du règne de Donald Trump, après avoir perçu les inquiétudes des électeurs durant l’élection partielle de Chicoutimi.
De toute évidence, il souhaite évacuer les questions portant sur le calendrier avant le déclenchement de la campagne électorale, pour éviter que ça ne devienne un thème central. Encore fallait-il trouver la fenêtre idéale pour le faire.
Cette semaine lui offrait deux possibilités. D’abord, il était attendu que la vérificatrice générale confirme le trou financier du Québec dans son rapport préélectoral sur l’état des finances publiques du Québec. Il avait une première occasion de rassurer les Québécois sur le jugement qu’il allait exercer pour trouver le moment opportun pour une consultation référendaire. En attendant ce moment, il espère qu’un éventuel gouvernement péquiste saurait poser les bons gestes pour redresser la situation financière.
Une autre fenêtre s’ouvrait avec les négociations entourant les tarifs américains supplémentaires à compter du 19 août. Son entourage devait attendre de voir si le gouvernement Carney allait s’entendre in extremis avec l’administration Trump. À 24 heures de l’échéance, les signaux ont indiqué le contraire. Le chef péquiste avait une poignée pour justifier sa décision d’attendre une nouvelle administration américaine avant d’entamer des discussions sur l’avenir du Québec.
Il se présente en chef authentique et honnête, qui met toutes les cartes sur la table. Mais il y a deux jokers dans son jeu de cartes : la CAQ et le Parti conservateur du Québec.
Fréchette aussi imprévisible
À cause de son éternelle rivalité bipartite, les stratèges du Parti québécois sont capables d’anticiper en bonne partie le vote libéral. Ils connaissent les comtés réputés rouges qu’ils n’ont aucune chance de rapatrier.
Mais il est difficile pour eux de prédire la performance de la CAQ. Christine Fréchette est parvenue ces derniers mois à retrouver l’attention des Québécois, même si son effet semble avoir plafonné dans les sondages durant l’été. Le fait qu’elle demeure plus populaire que son propre parti peut réserver des surprises.
Les indécis voudront-ils lui donner une autre chance? Comme les gens de la grande région de Québec, par exemple? Oseront-ils finalement voter pour le Parti conservateur du Québec, comme le veut le slogan de la formation politique? Où vont-ils tendre la main à l’équipe Christine Fréchette?
Aucune formation ne veut laisser une majorité potentielle lui glisser entre les doigts. Le Parti québécois cherche sûrement à augmenter ses chances de victoire majoritaire en essayant de rassurer les Québécois inquiets du contexte économique.
Mais quel serait le calendrier dans l’éventualité d’un gouvernement péquiste minoritaire? Posez-lui n’importe laquelle des questions sur le pays du Québec, Paul St-Pierre Plamondon y répondra. Il souhaite aussi répondre à toutes les questions sur sa gouvernance. Mais il n’a aucun intérêt à émettre d’hypothèse qui l’amènerait à reconnaître qu’il risque de voir une possible majorité lui échapper.


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