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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayQuelques jours après la présentation du Livre bleu du Parti québécois (PQ), au tour de Québec solidaire (QS) de tracer les contours de sa vision d'un pays indépendant. La formation politique s'apprête à publier un manifeste intitulé Nouveau Québec libre dans lequel elle expose sa vision « inclusive » et « décoloniale » de l'accession à l'indépendance.
Le document, dont Radio-Canada a obtenu copie, ne fait qu'une vingtaine de pages. Dans celui-ci, QS explique les raisons pour lesquelles il est urgent de faire du Québec un pays.
En 2026, l’indépendance du Québec est plus nécessaire que jamais, écrit-on d'entrée de jeu. Pour Québec solidaire, la crise écologique et la renégociation imminente des accords de libre-échange sous l’ère Trump démontrent l’urgence que le Québec défende lui-même ses intérêts sur la scène internationale.
Le Canada est irréformable sur le fond : toutes les tentatives de réforme du fédéralisme ont échoué.
Parmi ses arguments en faveur de l'accession à l'indépendance, le parti la présente comme la seule voie qui offre une réelle émancipation aux Premières Nations et aux Inuit. Le pays du Québec sera un État plurinational composé des 11 premiers peuples, est-il écrit dans le manifeste, dont la préface a été rédigée par la Commission nationale autochtone de Québec solidaire.
Dans celui-ci, le parti explique aussi brièvement la démarche qui mènerait à la tenue d'un référendum, c'est-à-dire la mise en place d'une assemblée constituante pour rédiger la constitution d'un Québec souverain.
Il y a une autre vision de l'indépendance
La comparaison avec le Livre bleu du PQ est inévitable. Ce document de plus de 500 pages, publié la semaine dernière, répond à une foule de questions liées à l'indépendance, de la monnaie à l'armée, en passant par les frontières, la citoyenneté et les relations internationales.
Des militants péquistes, en consultation avec des experts, y ont travaillé pendant près de trois ans.
Ce sont des ouvrages qui n'ont pas le même but, explique le co-porte-parole solidaire Sol Zanetti, en entrevue avec Radio-Canada. Selon lui, le manifeste vise entre autres à opérer un virage dans le mouvement indépendantiste vers une vision qui est plus susceptible de gagner.
Il y a une autre vision de l'indépendance, dit-il, qui soit à la fois inclusive, de tous les Québécois de toutes les origines et décoloniale.
Dans le cadre de la campagne Nouveau Québec, M. Zanetti affirme avoir donné près d'une centaine de conférences sur l'indépendance au cours des dernières années, notamment dans des cégeps et des universités, qui ont donné lieu à des discussions qui ont nourri la rédaction du manifeste.
C'est intentionnel qu'on n'ait pas écrit 500 pages puis qu'on n'ait pas tenté de répondre à toutes les questions par nous-mêmes, tout seuls dans notre coin, parce que le message c'est : "Faut pas faire ça."
Il salue la démarche du Parti québécois, qui a produit un document très intéressant, mais je me demande qui va lire ça au complet, ajoute-t-il. On s'est limité dans le nombre de pages parce qu'on veut que ce soit lu, indique le co-porte-parole de Québec solidaire. On se garde d'aller trop dans le détail de la forme exacte que ça va avoir parce qu'on se dit : "Pour que ce soit légitime, faut qu'on l'ait construit ensemble."
On peut répondre à plein de questions, mais il y a des questions qu'on doit laisser en suspens, dit-il. Ce qui est très important, c'est d'être vraiment conscient que tout ça doit être construit avec les nations autochtones.
Dans son Livre bleu, le PQ consacre bel et bien un chapitre aux relations avec les Premières Nations et les Inuit, mais celui-ci n'a pas encore été dévoilé. La formation politique écrit qu'elle a choisi d'entamer un dialogue avant de le publier, dans un esprit de collaboration et dans une optique de coconstruction de notre avenir collectif.
Il doit être rendu public au courant de l'été 2026.
Une assemblée constituante pour jeter les bases d'un Québec souverain
Les deux partis indépendantistes semblent donc diverger sur la vision, mais aussi sur la façon d'accéder à la souveraineté.
L'assemblée constituante que veut former Québec solidaire ferait en sorte que des représentants de la société obtiennent le mandat de rédiger la constitution d'un nouvel État.
Selon cette formule, explique Sol Zanetti, la question d'un éventuel référendum serait : Voulez-vous de cette constitution de pays indépendant?
Si la réponse est oui, on la met en application et on déclare l'indépendance.
L'avantage de cette méthode-là, c'est que les gens savent dans quoi ils s'embarquent, dit-il. Ils savent dans quel pays ils s'enlignent. Particulièrement pour les Premières Nations et les Inuit, je pense que c'est important de savoir dans quoi ils s'embarquent.
Or, dans son Livre bleu, le Parti québécois se montre très critique de cette idée.
Il est extrêmement hasardeux de conduire une consultation qui contient deux sujets aussi différents que l’indépendance et la forme des institutions, écrit-on.
Cette formule semble favoriser la naissance d’une coalition du "non", un "non" qui s’assied sur des éléments complètement différents, fait valoir le PQ.
En mélangeant ainsi les sujets, on s’éloigne d’un exercice référendaire sain : chaque option d’une consultation devrait en principe contenir une seule proposition autosuffisante et se concentrer uniquement sur l’essentiel, à savoir si le Québec devrait, oui ou non, décider par lui-même.


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