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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayJason et Augustin se penchent pour cueillir les graines poivrées et citronnées du lycope uniflore. Gabin surveille un martin-pêcheur d’Amérique tandis que Célestin tente d’attraper un agrion, une toute petite libellule bleue, pour l’examiner.
Quand Fabien mène un groupe en nature, la magie opère. Qu’il s'agisse de ses étudiants ou de curieuses et curieux occasionnels venus profiter d’un atelier, il enseigne avec une simplicité qui inspire confiance.
Approchez, approchez! Fabien invite un groupe à le rejoindre au champ. La lumière décline doucement. La verge d’or annonce la fin de l’été, mais la soirée est douce.
Avant de partir à la cueillette, le biologiste apprend le nom de chaque personne, puis se présente sobrement.
Il tente de donner aux huit participants une idée de l’immensité du monde dans lequel ils s’apprêtent à entrer. En botanique et en entomologie, chaque réponse soulève mille questions, explique-t-il. Plus on creuse les secrets de la nature, plus elle nous fait comprendre qu’on n’y occupe qu’une place infime. Je me sens souvent bien petit, admet le gaillard de plus de six pieds qui surplombe le groupe.

Tout le monde est prêt à remplir son panier et sa tête. Premier spécimen : la vergerette du Canada, avec ses discrets capitules et ses feuilles au goût légèrement piquant. Fabien plie lestement ses longues jambes pour en ramasser. Ses gestes sont doux et précis. Il souligne qu’avec cette verdure sauvage abondante, il ne cultive plus le radis.
Je ne savais pas que ça se mangeait, s’exclame une apprentie cueilleuse. Cette phrase, le guide doit l’entendre plus souvent que toute autre. La porte est ouverte et l’intérêt est éveillé. Le groupe est désormais captif de ses propos.
L’atelier repose sur un exercice cardinal : trouver les mots justes pour parler de ces espèces mal-aimées. L’objectif est d’allumer une petite étincelle chez les néophytes, et la récompense, de recueillir les éclats d’enchantement.
J’ai toujours vécu au travers de ces plantes, parce que je viens d’un rang avec des champs à perte de vue… On ne s’est jamais vraiment préoccupé de c’était quoi, ces plantes-là, raconte Nancy Bradette, venue suivre l’atelier avec sa fille, Félicia. La Jeannoise ajoute avec enthousiasme : Demain, je suis partie dans le champ pour aller cueillir des fleurs!
Pour sa fille, ce sont les fleurs pas si belles qui méritent qu’on s’y attarde. Finalement, ce ne sont pas des mauvaises herbes! déclare en riant Félicia.
Originaire d’Amérique centrale, Elena Madrid raconte comment ses parents se soignaient avec des plantes.
Dans les villages éloignés au Honduras, c’est très difficile de voir les médecins, rapporte-t-elle. Elle se souvient des divers contenants remplis de plantes macérées que son père gardait dans le réfrigérateur quand elle était petite. Avec mon imaginaire d’enfant, je me disais que c’était des monstres, dit-elle en riant, une tige de patience crépue à la main.
Quand je suis arrivée au Lac-Saint-Jean, je me suis dit : "La première affaire que je vais faire, je vais essayer de comprendre quelles plantes sont importantes à connaître pour se soigner."
Les participantes et participants quittent le champ, gagnés par la passion de leur guide. L’heure est à la dégustation.
Fabien leur ouvre la porte de sa maison. Par contre, les téléphones et les caméras n’entrent pas dans le repaire. Un seul coup d'œil suffit à confirmer qu’ils n’y auraient pas leur place, de toute façon.
Une odeur chaude de bois et d’huiles essentielles flotte dans le logis. De grandes affiches laminées appuyées sur les meubles détaillent plusieurs espèces de guêpes. Des fragments rocheux accompagnés de leur fiche informative ainsi que les tranches de plusieurs essences de bois sont disposés ici et là. Un plant de thé du Labrador au centre de la table de la cuisine veille sur la pièce. C’est comme un plant de basilic qu’on laisse sur la table, note le discret géant.
Séquoia, sa petite chienne grise, nous accueille, maîtresse de ce musée d’histoire naturelle.
Dans ce décor, les cueilleurs et cueilleuses partagent une petite tasse d’une infusion d’un vert vif. Fabien, sincère et un peu maladroit, fait passer le liquide.


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