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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes dizaines de milliers de survivants du double séisme qui a frappé mercredi le Venezuela manquent cruellement de nourriture et d'abris, a alerté mardi l'ONU, des experts de santé mettant en garde de leur côté contre de possibles épidémies après la catastrophe qui a fait au moins 1700 morts.
Les séismes de magnitude 7,2 et 7,5, les plus violents ayant touché le pays sud-américain depuis plus d'un siècle, ont aussi fait des dizaines de milliers de disparus. Les secours sont lancés dans une course effrénée contre la montre pour tenter de retrouver des survivants sous les décombres.
Depuis, 6461 personnes ont été secourues, selon le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, mais des dizaines de milliers de personnes (50 000 selon l'ONU) restent portées disparues.
Sur la base d'images satellitaires, la NASA estime qu'environ 58 870 bâtiments ont été endommagés ou détruits dans l'ensemble de la zone affectée.
Dans l'État de La Guaira, dans le nord du pays, le plus durement touché, les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées. Les tensions au sein de la population s'accroissent, alors que l'accès à l'aide demeure limité, s'est alarmé mardi le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

Un homme recherche de la nourriture dans les déchets à Caracas, au Venezuela. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Carlos Jasso
À La Guaira, Daniela Armas, une vendeuse de 18 ans blessée lors des séismes, décrit à l'AFP une situation apocalyptique : De l'aide est distribuée ici, mais parfois les gens s'entretuent pour de la nourriture [...] Tout le monde se bat, comme dans un combat de coqs.
J'ai peur de rentrer chez moi, car ma maison, même si elle est toujours debout, est toute fissurée, ajoute-t-elle.
C'est dans ce contexte dramatique que le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé mardi un appel initial de 50 millions de dollars pour nourrir quelque 500 000 personnes pendant trois mois.
Les séismes ont touché de nombreuses familles, dont certaines luttaient déjà pour se procurer des aliments de base. Maintenant, avec les moyens de subsistance détruits, les infrastructures gravement endommagées, de nombreuses [familles] sont menacées de sombrer encore plus dans la précarité, a expliqué Stephanie Hochstetter, responsable de l'agence onusienne dans le pays.
Selon l'ONU, début 2026, 7,9 millions de personnes avaient déjà besoin d'aide humanitaire au Venezuela.
De son côté, le HCR a lancé une campagne pour rattacher les enfants séparés de leurs parents, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) redoute des épidémies et s'inquiète de systèmes inadéquats de suivi des disparus et d'enregistrement des victimes.

Des avis laissés par des proches à la recherche de personnes disparues sont affichés à l'entrée d'un immeuble détruit lors des tremblements de terre à La Guaira, le 28 juin 2026. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Matias Delacroix
Le HCR chiffre ses seuls besoins à environ 15 millions de dollars américains, notamment pour abriter temporairement 30 000 personnes pendant six mois.
Plus de 80 % de l'État de La Guaira est en état de crise, il faut que les autorités agissent. Elles devraient au moins se concentrer sur les services de base comme l'électricité, l'eau potable et le nettoyage, s'indigne Pablo Alfonzo, un homme de 64 ans réfugié sous une tente de fortune.

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Un bénévole observe les opérations de recherche des victimes dans les décombres des bâtiments effondrés à Caraballeda, dans l'État de La Guaira, au Venezuela, le 28 juin 2026.
Photo : AFP / Mauricio Valenzuela
En attendant, les survivants se débrouillent comme ils peuvent, à l'image de Celix Ruiz, à Ciudad Piar, dans l'est du Venezuela, qui dort dans le stationnement d'une pharmacie. Ici, personne ne veut aller dans un refuge. Être dans un refuge c'est comme être dans la rue, dit-elle. Il semble que j'aie une côte fracturée, mais les hôpitaux sont saturés, déplore-t-elle.

Plusieurs familles sont dans la rue après les séismes qui ont frappé le pays. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Jesus Vargas
D'autres se retroussent les manches, comme Diorjailis Escalona, une médecin de 23 ans : Au bout de deux jours, j'ai commencé à travailler comme volontaire, raconte-t-elle à l'AFP. Sur le plan émotionnel, je suis démolie de voir tant de vies perdues à cause du tremblement de terre, mais on essaie d'aider, insiste-t-elle.
La météo complique aussi la tâche des sauveteurs, qui ont dû par exemple suspendre durant la nuit une tentative d'extraction de victimes à La Guaira en raison de fortes pluies, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les précipitations ont cessé à l'aube.
Morgues saturées
Les États-Unis ont doublé le montant de leur aide bilatérale après la tragédie, pour un total de 300 millions de dollars américains dirigés vers les ONG et les agences onusiennes.
En janvier, l'armée américaine a capturé le président Nicolas Maduro, poursuivi pour narcotrafic présumé. Depuis, Washington et Caracas se sont rapprochés, soutient la cheffe de l'État par intérim Delcy Rodriguez, tout en prenant le contrôle des secteurs miniers et des hydrocarbures du pays.
Environ 50 000 personnes restent portées disparues, selon les Nations unies, et leurs proches sont toujours lancés dans une quête désespérée pour tenter de les retrouver. Et ce, alors que la fenêtre fatidique des 72 heures, où des survivants sont susceptibles d'être retrouvés après un séisme, s'est refermée samedi.

L'ONU entend fournir 10 000 sacs pour les dépouilles des victimes des séismes, mais elle espère qu'ils ne seront pas tous utilisés. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / AFP / Juan Barreto
Sur les quais du port de La Guaira, une morgue a été improvisée. Dès les premiers jours, blessés et cadavres ont été envoyés vers les hôpitaux de la région, mais les infrastructures sont saturées.
Ma famille est ici. On me dit que sa soeur et ses enfants sont là, ainsi que les enfants de mon frère, explique à l'AFP Wilker Molalla, dans la file d'attente pour identifier leurs corps. Il y avait 11 personnes chez moi, seuls deux d'entre nous ont survécu parce que nous étions au travail, souffle-t-il.
Dans les funérariums, les crémations s'enchaînent. Une employée dit avoir travaillé jusqu'à minuit au cours du week-end. Et ce n'est que le début, prédit Freddy Rey, un autre fonctionnaire d'un cimetière.
Selon l'OMS, citant la présidente par intérim, 38 hôpitaux du pays ont été endommagés, dont trois sont dans un état critique.

Des personnes se rassemblent tandis que les équipes de secours participent aux opérations de sauvetage. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Maxwell Briceno
Les perturbations des services de santé, des réseaux d'eau et d'assainissement, combinées aux déplacements de population, pourraient favoriser des flambées de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche, a averti un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, lors d'un point de presse à Genève.
La communauté internationale s'est pourtant mobilisée : selon le coordonnateur de l'ONU au Venezuela, Gianluca Rampolla Del Tindaro, 27 pays ont envoyé une quarantaine d'équipes de secours, soit plus de 2000 secouristes et autres personnes sur le terrain, avec plus de 160 chiens.
Ces équipes étrangères réussissent parfois à extraire des décombres des victimes, avec chaque fois les mêmes images de secouristes extrayant ces blessés hagards, en larmes, traumatisés.

Les secouristes extraient des décombres un jeune garçon trois jours après les tremblements de terre qui ont frappé La Guaira, au Venezuela, le 27 juin 2026. (Photo d'archives)
Photo : Associated Press / Fernando Vergara
L'ONU a fourni 10 000 sacs mortuaires, bien qu'elle espère un bilan final moins lourd.
Au début de leur sommet, mardi au Paraguay, les présidents des pays membres du Mercosur – Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay – ont observé une minute de silence en hommage aux victimes de la catastrophe.


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