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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLIBERTY CENTER, OHIO – Avec son nom patriotique, le petit village rural de Liberty Center, dans le nord de l’Ohio, est aussi rouge que les murs du Grandma’s General Store. Dans ce comté, 73 % des électeurs ont voté pour Donald Trump en 2024. À l’intérieur du petit commerce, les mots « liberté » et « indépendance » sont affichés partout.
Ce matin, le prix du gallon d’essence ordinaire est de 4,19 $. Depuis le début de la guerre en Iran, le prix à la pompe a augmenté en moyenne d’environ 35 % aux États-Unis.

Le correspondant Louis Blouin a entrepris de traverser les États-Unis du Maine au Texas en véhicule récréatif à la rencontre des Américains.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Le Parti républicain de Donald Trump souffrira-t-il de la hausse du coût de la vie aux élections de mi-mandat de novembre?
Pour en juger, voici les témoignages de cinq citoyens américains rencontrés à la pompe.
Elsadig Abbase, livreur de colis, 59 ans

Ce livreur de colis a subi de plein fouet l'augmentation des prix à la pompe.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Sa minifourgonnette est remplie d’une centaine de colis qu’il doit livrer aujourd'hui. Elsadig Abbase parcourt plus de 300 kilomètres quotidiennement. Cet immigrant soudanais livre des paquets six jours sur sept. Depuis quelques mois, il doit dépenser une centaine de dollars de plus par semaine en essence. Son employeur assume moins de la moitié de cette augmentation.
Sa conjointe travaille 60 heures par semaine. Ils ont quatre enfants à l’université. Les frais de scolarité deviennent très lourds à porter, explique-t-il.
Je vis d'un chèque de paie à l'autre. Je n'ai pas d'autre choix que de réduire mes dépenses. Je ne vais pas chez le médecin, car je n'en ai pas les moyens pour l'instant.
Donald Trump va-t-il payer le prix politique de la guerre en Iran avec l’augmentation du prix du carburant? C'est nous qui en payons le prix. Eux sont au sommet, ils ne ressentent rien, lance-t-il.
Il n’a pas la tête à la politique. Son regard est préoccupé. Sa plus grande hantise : ne plus pouvoir travailler. Si j’ai un accident de la route, que se passera-t-il?, demande-t-il. Elsadig Abbase n’a pas d’assurance maladie.
Est-ce le rêve américain tel qu’il l’avait imaginé quand il est arrivé aux États-Unis? Absolument pas. C'est une grande déception. Mais, en fin de compte, tant que je me réveille chaque matin, que je prends la route et que je rentre sain et sauf auprès de ma famille, c'est une bonne chose.
Mark Burer, ingénieur électrique, 57 ans

Cet électeur américain refuse de jeter la pierre à Donald Trump en raison de son offensive contre l'Iran.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Mark Burer doit conduire plus de 60 kilomètres pour se rendre au travail. Ses dépenses en essence se sont alourdies de 30 $ par semaine. Je ne vis pas d’une paie à l’autre. Je prends mes dispositions pour ne pas avoir à faire ça.
Avec l’augmentation du coût de la vie, Mark a changé ses habitudes depuis trois ans. Moins de sorties au restaurant, moins de voyages et moins de dépenses inutiles.
Est-il frustré par la guerre en Iran? Il y a toujours des guerres! C'est le cas depuis le début de notre vie, fait-il remarquer.
Malgré les pressions sur son budget, pas question de blâmer Donald Trump. Au volant de sa camionnette rouge, l’ingénieur reprend les arguments avancés par le président des États-Unis pour justifier son offensive contre le régime iranien.
Je suis sûr qu'il y avait une raison pour laquelle nous sommes intervenus là-bas. Nous ne voulons absolument pas que l'Iran possède l'arme nucléaire, car, une fois qu'ils l'auront, nous serons vraiment en difficulté. Après tout, ils scandent “mort à l'Amérique!”, c'est ce qu'ils crient!, souligne-t-il.
Mark Burer assure qu’il ne penche pas pour un parti ou pour l’autre, et que c’est au moment de l’élection qu’il choisira les meilleurs candidats.
Chelsea Taylor, vendeuse de voitures et tatoueuse, 30 ans

Cette électrice de l'Ohio appuiera les démocrates aux élections de mi-mandat en raison de l'enjeu du coût de la vie.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Un bébé gigote sur la banquette arrière de la voiture de Chelsea Taylor. Elle cumule deux emplois en plus de son rôle de mère de famille. L’augmentation du coût de la vie lui impose des choix difficiles. Elle aimerait pouvoir emmener sa fille aînée, âgée de 9 ans, au parc de trampolines ou faire des activités amusantes qui coûtent de l’argent.
Je suis obligée de lui dire “non, pas cette semaine” ou “peut-être dans quelques semaines”. On voit tout de suite la déception sur son visage, explique-t-elle.
Chelsea se décrit comme une électrice indépendante qui a déjà voté démocrate et républicain. Pour les élections de mi-mandat, son choix est déjà fait. Elle appuiera les démocrates pour envoyer un signal sur la question du pouvoir d’achat.
Elle se dit frustrée par Donald Trump, qui avait promis de ne pas s’engager dans de nouveaux conflits à l’étranger.
Je vois le contraire de ce qu’il avait promis, tranche-t-elle.
Jenna Landseadel, commis à la réception d’un hôtel, 31 ans

Jenna, mère de trois enfants, jongle avec deux emplois.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
À la pompe voisine, Jenna nous raconte qu’elle et son conjoint cumulent deux emplois chacun. Cette mère de trois enfants, qui prend aussi soin de son beau-fils, travaille de 55 à 60 heures par semaine. Ici, on ne peut pas vivre avec un seul revenu par ménage, souligne-t-elle.
Comment font-ils pour joindre les deux bouts? Des heures supplémentaires!, lance son conjoint sur le siège du côté passager.
Heureusement, la famille peut se permettre des vacances grâce à des tarifs avantageux de la chaîne hôtelière qui l’emploie.
Que pense-t-elle de la gestion de l’économie par le locataire de la Maison-Blanche?
Je ne suis pas vraiment en colère. En fin de compte, c'est une question d'inflation. Le président a une certaine influence sur quelques aspects, mais je dirais que cela relève d'un ensemble de facteurs plus large, soutient Jenna Landseadel.
Quel enjeu guidera son vote aux élections de mi-mandat?
Je ne suis pas vraiment la politique. Ça ne m'a jamais vraiment intéressée, d'ailleurs. Je... je ne vote même pas, admet-elle finalement, avant de pouffer de rire.
Kevin Cartwright, enseignant de soudure et artiste, 51 ans

L'augmentation du prix de l'essence a fait mal au portefeuille de Kevin Cartwright, un enseignant et artiste de Détroit de passage en Ohio.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Une grande camionnette toute neuve et rutilante vient de se stationner à la pompe. Quand Kevin Cartwright se l’est procurée, il ne s’attendait pas à ce que le prix du carburant bondisse de la sorte en raison des événements au Moyen-Orient.
Son budget a encaissé un coup. On fait avec, vous savez.
Pendant l’année scolaire, l’homme enseigne la soudure dans une école secondaire. L’été, il se consacre à l’art visuel et à des petits boulots supplémentaires. Je pioche ici et là pour garder les choses à flot, explique-t-il.
Il a l’intention de s’exprimer sur le coût de la vie dans la boîte de scrutin en novembre. Il faut tenir bon jusqu'à ce qu'on y arrive. Espérons qu'on pourra voir une éclaircie, dit-il.
Kevin Cartwright écarte l’idée de vendre sa camionnette pour équilibrer son budget. Je viens de l’acheter. Ça va passer. Il faut seulement serrer les dents, déclare-t-il.


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