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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa Chine a réfuté une nouvelle fois les allégations de travail forcé dans ses usines automobiles après la controverse créée par un député canadien qui semblait mettre en doute les violations des droits de la personne dans ce pays.
L'ambassade de Chine au Canada a publié vendredi soir un message sur les réseaux sociaux pour nier que du travail forcé serait utilisé pour produire des composants de véhicules électriques chinois.
Elle a qualifié ces allégations de mensonge flagrant que certains utiliseraient pour discréditer l'accord Canada-Chine sur les véhicules électriques.

Le premier ministre Mark Carney a conclu un accord sur l'importation de voitures électriques chinoises avec le président chinois Xi Jinping en début d'année. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Les commentaires de l'ambassade sont intervenus au lendemain des excuses présentées par Michael Ma pour un échange tendu lors d'une audience en commission.
Il avait alors demandé à une experte si elle avait constaté de visu le travail forcé en Chine ou si elle s'était fiée à des ouï-dire.
Margaret McCuaig-Johnston, chercheuse principale à l'Université d'Ottawa, avait déclaré aux membres de la commission que les véhicules chinois étaient construits à partir de produits issus du travail forcé de membres de la minorité ouïghoure en se référant à une étude de Human Rights Watch.
M. Ma a précisé par la suite qu’il s’était en fait renseigné sur le travail forcé à Shenzhen, un pôle de fabrication de véhicules électriques, et non au Xinjiang, où le gouvernement chinois est accusé de commettre des abus généralisés à l’encontre des Ouïghours.
Les conservateurs insistent pour que le premier ministre Mark Carney réagisse aux propos de M. Ma et clarifie la position du gouvernement fédéral sur la question du travail forcé alors que le Canada renforce ses relations commerciales avec la Chine.

Des Ouïghours dans un camp de rééducation. La Chambre des communes avait reconnu en 2021 que la minorité ouïghoure en Chine est victime d'un génocide. (Photo d'archives)
Photo : WeChat / Administration judiciaire du Xinjiang
Le chef conservateur Pierre Poilievre a demandé à M. Carney de répondre par oui ou par non à la question de savoir si le premier ministre estime qu’il existe du travail forcé en Chine dans un message publié samedi matin sur les réseaux sociaux.
Mark Carney doit nous dire quelle est sa position, a écrit M. Poilievre.
Il faisait écho à un appel précédent du porte-parole conservateur en matière d’affaires étrangères, Michael Chong, qui avait demandé au premier ministre de clarifier d'urgence sa position.
Preuves accablantes
Le ministre de l'Énergie, Tim Hodgson, a assuré vendredi que le gouvernement fédéral s'oppose au travail forcé.
Dans une déclaration publiée samedi, un porte-parole du ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, a tenu les mêmes propos.

Maninder Sidhu est ministre canadien du Commerce international. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Le Canada condamne sans équivoque le travail forcé sous toutes ses formes et partout dans le monde, a déclaré le porte-parole Huzaif Qaisar.
Les propos de M. Ma, tels que rapportés, ne reflètent pas la position du gouvernement du Canada sur la question extrêmement grave du travail forcé.
Le Canada dispose de mesures juridiques et réglementaires rigoureuses pour garantir qu’aucun produit importé au Canada ne soit issu du travail forcé, a ajouté M. Qaisar dans une déclaration qui ne faisait aucune mention explicite de la Chine.
Lynette Ong, directrice du Laboratoire de gouvernance de la Chine à l’École Munk des affaires mondiales et des politiques publiques, a relevé que le gouvernement devrait saisir cette occasion pour reconnaître les préoccupations concernant le travail forcé en Chine, compte tenu des preuves accablantes au sujet de cette pratique, sous peine de nuire à sa réputation.
Refuser d’admettre l’existence de preuves nous ferait paraître faibles, précise Mme Ong.
En 2022, les Nations unies ont fait savoir que la Chine avait commis de graves violations des droits de la personne au Xinjiang contre les Ouïghours et d’autres minorités musulmanes, violations qui pourraient constituer des crimes internationaux, notamment des crimes contre l’humanité.

Des agents de sécurité ouïghours en patrouille près de la mosquée Id Kah, à Kashgar, dans le Xinjiang. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / AP/Ng Han Guan
Un rapport publié la même année par Affaires mondiales Canada concluait que la Chine utilise des programmes par ailleurs légitimes de requalification et de réinstallation de travailleurs sans emploi comme instruments d'une vaste campagne d'oppression, d'exploitation et d'endoctrinement de la population musulmane ouïghoure à la culture chinoise han.
La Chine doit également renforcer ses partenariats
Selon Mme Ong, la reconnaissance des violations des droits de la personne en Chine ne nuira pas nécessairement aux relations commerciales avec cette superpuissance asiatique au moment où le Canada cherche d'autres partenaires commerciaux que les États-Unis dans un contexte d'incertitude liée aux droits de douane.
Elle ajoute que la Chine se trouve également dans l'obligation de renforcer ses échanges commerciaux.
L'économie chinoise ne se porte pas très bien. Elle compte sur la croissance de ses exportations pour stimuler sa croissance, notamment celles de véhicules électriques et d'autres produits de haute technologie.
Le Canada est signataire de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Par conséquent, l'importation de véhicules électriques chinois au Canada a des répercussions sur le marché nord-américain, explique-t-elle.
L’accord sur les véhicules électriques a permis au Canada de réduire son droit de douane de 100 % sur les véhicules électriques chinois à 6,1 % et d’autoriser l’importation de 49 000 véhicules électriques chinois avec un objectif de 70 000 véhicules importés d’ici 5 ans.
La Chine, de son côté, a accepté de réduire les droits de douane sur les produits canadiens, notamment le canola.
Mme Ong adopte une approche pragmatique quant aux relations entre le Canada et la Chine, affirmant que Pékin pourrait être un allié politiquement incompatible mais que le Canada a beaucoup à gagner sur le plan économique en maintenant de bonnes relations commerciales.
À l’heure actuelle, marquée par l’incertitude, la concurrence et les tensions géopolitiques mondiales, nous ne pouvons pas nous permettre de confondre intérêts politiques et économiques, juge-t-elle. Nous avons de nombreuses valeurs incompatibles avec celles de la Chine. Cependant, sur le plan économique, il existe de nombreux domaines sur lesquels nous pouvons travailler et qui serviront les intérêts des deux pays.


2 months ago
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