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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayUn chirurgien plastique de Toronto doit payer 22,5 millions de dollars à d’anciens patients après les avoir filmés sans leur consentement à l’aide de caméras de surveillance installées dans sa clinique.
Un juge a déterminé que le Dr Martin Jugenberg, aussi connu sous le nom de Dr 6ix, a violé la vie privée des patients en installant une vingtaine de caméras à la clinique Toronto Cosmetic Surgery Institute, à l’intérieur de l’hôtel Fairmont Royal York, y compris dans des lieux privés.
Comme j’ai conclu, le Dr Jugenburg savait exactement ce qu’il faisait, soit violer la vie privée de ses patients. Son comportement en tant que médecin était répréhensible, a écrit le juge Paul Schabas dans sa décision cette semaine.

Le médecin Martin Jugenberg était visé dans le recours collectif. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Il a abusé de sa position de confiance et trahi ses patients vulnérables, desquels il profitait, ajoute le juge.
Par courriel, le médecin affirme qu’il va revoir la décision de la cour avec son avocat et qu’il fournira une réponse complète le moment venu.
Entretemps, je veux être clair : j’ai reconnu dans le passé que j’aurais dû en faire plus pour garantir que la confidentialité des patients était respectée et protégée correctement. Cette reconnaissance tient toujours.
Le bien-être, le confort et la confidentialité de mes patients sont de la plus haute importance. Je comprends que la confiance, une fois mise à l'épreuve, doit être regagnée par l’entremise d’actions, et mon équipe continue de s’engager pleinement à atteindre les plus hauts standards de soins, poursuit-il.
Un recours collectif en réaction à un reportage
Le recours collectif a été déposé à la suite de la publication d’une enquête de l’émission Marketplace qui a rapporté la présence des caméras de surveillance dans des salles d’examen de la clinique alors que les journalistes se penchaient sur les implants mammaires.
Lors de leur visite, les journalistes de Marketplace ont aperçu les caméras de sécurité dans une salle d’examen fermée où les patients doivent se déshabiller, ainsi que dans la salle d’attente.
Les appareils blancs et noirs étaient attachés au plafond, dans les coins des salles. Certaines caméras enregistraient aussi le son.

L'émission Marketplace a constaté qu'une caméra de surveillance se trouvait dans le coin (en haut à gauche) du plafond. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
J.C., l’une des demanderesses représentantes dans l’exposé de la demande, a visité la clinique pour un lifting mammaire durant l’été 2018. Elle a dit qu’une infirmière lui a demandé de retirer son haut ainsi que son soutien-gorge afin que des photos de ses seins puissent être prises avec une caméra portative, ce qui est une pratique commune, pour son dossier médical.
Elle dit qu’elle n’a pas réalisé qu’elle aurait pu être filmée avant de lire l’enquête de Marketplace à l’automne de la même année.
Je ne peux pas imaginer le nombre de femmes qui ne sont pas au courant de ce qui se passait. Aucun médecin ne devrait être en mesure de s’en tirer avec ce type de comportement, a dit J.C. en entrevue en 2019.
À la suite du dépôt de la poursuite au nom des anciens patients, le Dr Jugenburg a répondu que l’action en justice était sans mérite et qu’il comptait se défendre avec vigueur.
Les patients n’étaient pas informés
Le jugement indique que 24 caméras étaient installées à la réception, dans les salles d’attente, les couloirs, la salle du personnel et les espaces de travail. Elles se trouvaient aussi à l’intérieur des salles de consultation et d’injection, ainsi que dans la salle opératoire et celle de rétablissement, pour les patients qui ont été opérés.
Avant l’enquête de Marketplace, la seule affiche informant les patients qu’ils étaient filmés était masquée sur une étagère à l’intérieur de la salle opératoire.
Le juge Schabas dit que le médecin et son personnel n’informaient pas les patients au sujet des caméras et que la seule autre affiche était située à l’extérieur de la clinique, dans le lobby des ascenseurs. On y notait : Ce secteur est sous surveillance.

L'hôtel Fairmont Royal York à Toronto, où est située la clinique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Il n’y avait aucune affiche ailleurs dans la clinique, y compris dans les salles de consultation et d’examen, où les patients devaient souvent se dévêtir. Le Dr Jugenburg et son personnel n’informaient pas les patients non plus, écrit-il.
Quand le système de caméras a été révélé, le Dr Jugenburg a malhonnêtement fait valoir qu’il [existait] pour la sécurité et il n’a pas exprimé de remords. Ce comportement mérite d’être condamné et puni par la cour.
Au total, le médecin doit payer 22,5 millions de dollars aux patients. L’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario a désactivé les caméras dès décembre 2018 et a déclenché une enquête.
Avec les informations de Caitlin Taylor et Makda Ghebreslassie de CBC


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