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Une caméra de type Flock repérée à Montréal

3 hours ago 3

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La lecture automatique de plaques d’immatriculation semble être arrivée à Montréal. Une caméra similaire à celles de l’entreprise controversée Flock est apparue sur le boulevard Henri-Bourassa, dans le quartier Rivière-des-Prairies, a constaté Radio-Canada.

Cette caméra, qui a tous les airs d'une Cloudrunner CR-H2, de l’entreprise montréalaise Genetec, a été accrochée à un lampadaire sur le terre-plein central, entre les boulevards du Golf et Rodolphe-Forget.

Au passage de Radio-Canada sur place lundi soir, elle semblait activée : un voyant vert s’allumait périodiquement sur son boîtier.

Cet appareil de lecture automatique des plaques d’immatriculation (LAPI), doté d’un GPS et d’une connexion au réseau mobile 4G LTE, permet de capter des plaques jusqu’à 125 pieds (environ 38 mètres) devant elle, peut-on lire sur le site web de Genetec.

Une caméra et un panneau solaire attachés à un lampadaire.

La caméra est alimentée par un panneau solaire.

Photo : Radio-Canada / Charles Séguin

À chaque lecture d'une plaque d'immatriculation, elle en enregistre le numéro ainsi qu'une photo du véhicule. Elle collecte également des données relatives au véhicule, telles que la couleur, la marque, le modèle, le type et plus, selon l’entreprise montréalaise.

Ces caméras aident les forces de l’ordre à résoudre des crimes en repérant des véhicules recherchés, toujours selon Genetec.

Si la technologie est déjà utilisée en Ontario, et si certains véhicules du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont dotés de lecteurs de plaques, aucune caméra fixe de ce genre n’avait encore été répertoriée à Montréal.

Une caméra Flock est couchée au sol, à Austin, au Texas.

Les caméras Flock aux États-Unis sont régulièrement vandalisées ou volées. (Photo d'archives)

Photo : Reuters / Kaylee Greenlee

Aux États-Unis, un réseau de plus de 100 000 caméras installées aux quatre coins du pays, notamment par l’entreprise Flock, fait polémique ces derniers mois. Les appareils sont régulièrement vandalisés, plusieurs y voyant un symbole d’une surveillance de plus en plus intrusive et massive.

Une enquête du Washington Post a aussi révélé, début août, que des policiers s’étaient servis du système Flock pour espionner leur conjointe ou leur ex-conjointe. Face aux controverses, plusieurs organisations ont résilié leurs contrats avec Flock.

Le système Cloudrunner de Genetec n’est toutefois pas identique à celui de Flock, qui n’est pas implanté sur le territoire québécois. Si les informations collectées par les caméras Flock sont mises en commun dans une base de données centrale, accessible à plusieurs corps de police, celles de Genetec ne peuvent être consultées que par leur opérateur.

Une capture d'écran du logiciel de Genetec, sur laquelle on voit des images de voitures.

Le système de Genetec permet de trier ou de filtrer les véhicules repérés sur les images d'un réseau de caméras.

Photo : Genetec

Qui l'a mise là?

En amont, sur le boulevard, rien n’annonce la présence d’une caméra, comme cela pourrait être le cas pour des radars photo, par exemple.

L’appareil est accompagné de panneaux solaires et d'un petit boîtier. À part les étiquettes du produit, aucun logo ou signe d’appartenance à la Ville de Montréal ou à son service de police n’est visible.

À qui appartient donc la caméra du boulevard Henri-Bourassa? Impossible de répondre avec certitude à cette question pour l’instant.

Par courriel, un relationniste de la Ville a seulement indiqué que le Service des technologies de l'information de la Ville de Montréal n’a pas acquis et n’installe pas de caméras de type [LAPI] Genetec Cloudrunner CR-H2.

Selon le portail des contrats de la Ville, toutefois, Montréal aurait signé en octobre dernier un contrat de 17 134 $ avec une firme de services de sécurité, dont la description est Fourniture et souscription pendant 1 an de 4 unités Cloudrunner de Genetec. Aucun autre détail sur ce contrat n’est accessible sur ce portail ou sur le site de la Ville.

Le relationniste de la Ville n’a pas donné suite aux courriels de Radio-Canada détaillant ses découvertes.

Des véhicules circulent sur le boulevard Henri-Bourassa.

La caméra surveille les voies vers l'est du boulevard Henri-Bourassa.

Photo : Radio-Canada / Charles Séguin

Genetec n’a pas voulu confirmer que ses produits étaient utilisés à Montréal et la firme qui a obtenu le contrat, Infynia.com Inc., n’a pas donné suite à nos demandes.

À la publication de cet article, le SPVM n'avait pas répondu aux demandes de Radio-Canada.

Lors de recherches antérieures à la découverte de la caméra, le SPVM avait assuré à Radio-Canada qu’il avait seulement accès en tout temps au flux vidéo de ses 46 caméras de sécurité urbaine (nouvelle fenêtre), qui sont identifiées et dont l’emplacement est connu.

Cependant, comme toute organisation policière, le SPVM observe et évalue les diverses technologies qui existent sur le marché, regarde le contexte d’utilisation et analyse si cela cadre avec ses besoins, avait précisé le service de police.

La Sûreté du Québec a indiqué qu'elle n’est pas au courant de la présence de telles caméras sur le territoire de Montréal et qu’elle n’a pas juridiction sur les boulevards. La Société de l’assurance automobile du Québec a indiqué qu’elle n’avait rien à voir avec cela non plus.

La Gendarmerie royale du Canada, elle, a répondu qu’elle ne confirme ni n’infirme la présence, l’installation ou l’utilisation d’équipements précis à un endroit donné, pour des raisons opérationnelles et de sécurité.

L'Agence de mobilité durable de Montréal, dont certains véhicules de surveillance du stationnement sont dotés de caméras LAPI, a assuré que la technologie n'était pas utilisée dans le quartier Rivière-des-Prairies.

Pour un problème « précis »

En entrevue, Dominique Peschard, membre du comité Surveillance des populations, intelligence artificielle et droits humains de la Ligue des droits et libertés, a expliqué que la vidéosurveillance doit être faite pour un usage limité, qui répond à un objectif précis.

Dans un guide destiné aux organismes publics, la Commission d’accès à l’information du Québec les invite à ne recueillir que les images nécessaires pour solutionner le problème ciblé.

Si, dans le cadre d’une enquête policière spécifique, les caméras sont utilisées avec un mandat judiciaire, il n’y a pas de problème, indique M. Peschard.

Cependant, en déployant des caméras comme ça dans certains lieux et en les faisant filmer en permanence, on ne répond pas à un objectif ciblé dans le cas d’un problème ciblé, estime-t-il.

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