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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMark Carney et certains premiers ministres provinciaux rencontrent des dirigeants des Premières Nations à Ottawa, lundi, une occasion importante qu’il faut savoir « saisir », selon le premier ministre. Toutefois, « beaucoup de rattrapage est à faire », martèle la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak, qui espère que « les portes ne se referment pas ».
À la mi-journée, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Francis Verreault-Paul, se montrait optimiste quant à la possibilité que les portes restent justement ouvertes.
C'est vraiment un des objectifs principaux de la journée, c'est de se revoir de façon continue, comme le font déjà les premiers ministres dans le cadre du Conseil de la fédération, a-t-il illustré.
Ce que j'entendais ce matin, c'est que le premier ministre Carney était bien ouvert à ceci, mais ça prend aussi l'aval des autres premiers ministres autour de la table. Quelques-uns se sont déjà prononcés qu'ils sont prêts à participer à ce type d'exercice-là, a-t-il précisé.
C'est le cas du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew. Ceci est mon invitation publique pour accueillir une prochaine rencontre, a-t-il lancé, tout sourire, en mêlée de presse. Ce serait bien d'accueillir tout le monde à Winnipeg, ou même dans une Première Nation. C'est le genre de relation qu'il faut entretenir et la seule manière de le faire, c'est en se rencontrant.
La dernière rencontre entre les dirigeants des provinces et des territoires et les chefs des Premières Nations remonte à 2005, à Kelowna.
Le sommet de lundi était cependant unique, puisque c'est le premier du genre en 120 ans, où toutes les discussions portent sur des questions déterminées par les Premières Nations. Le rattrapage s'impose donc, selon la cheffe nationale Woodhouse Nepinak.
Il s’agit d’une occasion importante de partager nos points de vue et de nous engager à agir. Sachons tous la saisir, a indiqué pour sa part Mark Carney dans son discours d'ouverture.
Sans surprise, le terme historique a été utilisé à plusieurs reprises en début de journée, y compris par le chef cri Sheldon Sunshine, qui s'exprimait au nom des Premières Nations des Traités 6, 7 et 8, dont les territoires chevauchent l'Alberta et la Saskatchewan.
On dit que cette rencontre est historique. Elle a certainement le potentiel de l’être, mais l’histoire ne se souviendra pas des discours et des photos. C’est ce que nous changerons qui passera à l’histoire.
Selon le discours du premier ministre, l’ordre du jour est ambitieux. Les priorités des Premières Nations à travers leurs droits, leurs traités et leurs champs de compétence sont au cœur des discussions, notamment les consultations, puis ce sera place aux discussions économiques.
Les représentants de chaque région ne disposaient que de quelques minutes chacun en avant-midi pour s'adresser aux premiers ministres.
Grands enjeux...
La rencontre arrive d’ailleurs à un moment décisif et déterminant, a noté pour sa part le premier ministre Carney, précisant que le Canada faisait face à des menaces pesant sur son économie, sa sécurité et sa souveraineté. Et pour relever ces défis, il faut un pays fort. Et c’est quand nous sommes unis que le Canada est le plus fort.
Le reste de son discours était ponctué de références à certains grands projets, particulièrement ceux auxquels participent des Premières Nations. L'importance qu'accorde le gouvernement Carney à ces projets est justement le principal point de contention entre Ottawa et les Premières Nations depuis son arrivée au pouvoir.

Verna Polson (à droite) met en garde le premier ministre canadien sur le développement rapide de projets d'extraction et des projets énergétiques au Canada qui ont un impact sur les droits des peuples autochtones.
Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld
Les gens reconnaissent tout le temps que nous sommes sur un territoire non cédé au Parlement, à l'école et dans des rencontres comme celles-ci. Mais on ne peut pas reconnaître la vérité au début d'une rencontre et la mettre de côté quand vient le temps de prendre des décisions, a prévenu la cheffe du Conseil de la Nation algonquine anishinabeg, Verna Polson. Ça s'applique aussi aux projets dits d'intérêt national.
Il ne s’agit pas d’imposer de grands projets à toute vitesse, a souligné la cheffe nationale Woodhouse Nepinak en faisant référence au projet de loi C-39, qui vise notamment à accélérer l’approbation de grands projets. C’est à notre tour de mener le changement dont nous avons tous besoin.
Cette dernière a cependant rappelé que les Premières Nations ne s'opposent pas nécessairement au développement du pays. Le Canada est à son meilleur. Nous sommes ensemble même si les discussions sont difficiles, a-t-elle insisté.
Difficile cependant pour les peuples autochtones de bâtir une réelle relation avec les autres ordres de gouvernement.
Ce que j'ai demandé aux [représentants des] provinces et territoires, c'est : combien de fois allez-vous devant les tribunaux pour faire respecter vos droits avec le Canada? Donc pourquoi est-ce que nous, les Premières Nations, c'est ce qu'on fait de façon systématique? Ce n'est pas de cette façon-là qu'on devient partenaires et qu'on parle d'unité.
... grandes absences

Cindy Woodhouse Nepinak souligne qu'il doit y avoir des rencontres comme celles de lundi sur une base plus régulière.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Tous les premiers ministres ne sont pas à Ottawa. Les premiers ministres du Québec, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique sont absents.
M. Verreault-Paul a relaté s'être entretenu avec Paul St-Pierre Plamondon vendredi, conversation au cours de laquelle le premier ministre l'a avisé de son absence. Le leader péquiste aurait indiqué qu'il préférait s'entretenir rapidement avec les communautés du Québec directement.
Le siège vide a causé la surprise, voire la frustration, dans la délégation des Premières Nations au Québec.
Ce sera à lui de répondre à nos chefs et grands chefs par rapport au fait qu'il n'était pas ici présent, aujourd'hui, a noté le chef Verreault-Paul. Il y a plusieurs plusieurs dossiers où est-ce que nous, les Premières Nations, on doit faire affaire avec les deux paliers gouvernementaux. Pensons à la sécurité publique, pensons aux services à l'enfance et à la famille [...] Je trouvais que c'était une très belle opportunité aujourd'hui de pouvoir adresser ces aspects-là de haut niveau.
Le gouvernement de l'Alberta, lui, a envoyé une équipe de fonctionnaires.
Paul St-Pierre Plamondon choisit de laisser la chaise du Québec vide, a lancé le chef libéral Charles Milliard sur les réseaux sociaux. À peine entré en fonction, lui qui promettait de collaborer avec le reste du Canada manque déjà une occasion de passer de la parole aux actes.
Le gouvernement du Québec rencontre les nations autochtones directement, de nation à nation, sur notre territoire, et non à une table organisée par le fédéral, selon son cadre, son calendrier et ses paramètres qui demeurent très flous, a rétorqué le nouveau ministre des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Simon-Pierre Savard-Tremblay.
Avec la collaboration de Marie-Laure Josselin


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