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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLEESBURG, Virginie - « Ils veulent voler votre vote! Ils veulent l’annuler! », lance l’élu républicain Mike Clancy. Devant lui, des dizaines d’électeurs se sont rassemblés dans le stationnement du bureau de vote de Leesburg, en Virginie, pour s’opposer à un redécoupage de la carte électorale qui avantagerait les démocrates.
Les électeurs de la Virginie doivent se prononcer mardi sur un amendement qui pourrait faire basculer la représentation de l’État à la Chambre des représentants de six sièges démocrates et cinq républicains à dix démocrates et un seul républicain.
J'appelle ça de la suppression d’électeurs sous stéroïdes, martèle Mike Clancy, président du Parti républicain dans le dixième district de la Virginie. Nous devons riposter. Nous devons faire entendre notre voix et aller voter "non".

Mike Clancy, le président du Parti républicain dans le dixième district de la Virginie, prononce un discours devant des dizaines de partisans du « non ».
Photo : Noémie Laplante
Sous un soleil de plomb, les partisans du camp du non restent massés dans le stationnement et à l’ombre des arbres, brandissant des pancartes. On peut y lire : Empêchez les politiciens de truquer les cartes et Votez "non" ce 21 avril.
L’amendement est présenté par les démocrates comme une façon de rééquilibrer la carte électorale à l’échelle nationale, alors que plusieurs États ont déjà redessiné leurs cartes pour avantager le Parti républicain.
C’est injuste
Pour les partisans du non, adopter cette nouvelle carte électorale reviendrait à effacer leur poids politique dans l’État.
C’est complètement déséquilibré. C’est injuste, lance Greg Walker, un résident du dixième district venu manifester son opposition.
La Virginie est un État divisé presque à parts égales entre républicains et démocrates. Mais, avec ce redécoupage, les démocrates obtiendraient plus de 90 % des sièges.
La Virginie a longtemps été un bastion républicain, avant de basculer chez les démocrates en raison notamment du poids démographique des banlieues de Washington, qui sont majoritairement démocrates.
Depuis 2008, les démocrates ont remporté toutes les élections présidentielles, mais souvent de justesse, dans l’État.
Dans ce contexte, le comté de Fairfax, qui est fortement démocrate, est devenu un symbole pour les opposants au redécoupage. Ne laissez pas la Virginie devenir comme Fairfax (don't Fairfax Virginia), scandent certains manifestants, qui redoutent une concentration du pouvoir politique dans les grandes villes.
Je suis venue ici pour défendre ce qui est dans l'intérêt de la Virginie, lance Leslie Welchel, une pancarte à la main.
Nous vivons dans une région rurale, nous avons des fermes. Les gens du comté de Fairfax n'ont pas les intérêts des habitants ruraux à cœur, dit-elle.
On est en train de dire qu’un élu d’Alexandria ou d’Arlington pourrait représenter quelqu’un qui vit dans le comté de Shenandoah [l’un des plus conservateurs de l’État], s’indigne un autre participant, John Jennings.

Sur une pancarte électorale, on peut lire « Empêchez les politiciens de truquer nos cartes! Votez non! ».
Photo : Noémie Laplante
Rééquilibrer les choses
Les démocrates défendent ce redécoupage comme un moyen de corriger des déséquilibres plus larges. Au cours des derniers mois, plusieurs États ont en effet revu leurs cartes électorales pour avantager un parti ou l’autre.
En août 2025, le Texas a adopté une nouvelle carte électorale favorable aux républicains, sous la pression du président Donald Trump.
Des États républicains, comme la Floride et l’Ohio, mais aussi l’État démocrate de la Californie, ont emboîté le pas en redécoupant à leur tour leurs cartes électorales pour avantager leur parti.
En Virginie, la gouverneure démocrate Abigail Spanberger rappelle avoir soutenu, en 2020, la création d’une commission bipartisane chargée d’assurer un redécoupage plus équitable. Mais elle estime que le contexte a changé.
Mon soutien à cette commission n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est ce que nous observons dans les États à travers le pays, et un président qui affirme avoir "le droit" à davantage de sièges républicains avant les élections de mi-mandat de cette année, explique-t-elle dans une vidéo adressée aux citoyens et diffusée au début du mois de mars.
La Virginie a l’occasion de prendre des mesures en réponse à cela, ajoute-t-elle, en appelant à voter en faveur de l’amendement.
L’ancien président démocrate Barack Obama a lui aussi pris position en faveur du redécoupage électoral. Selon lui, il s’agit de rééquilibrer les choses à l’échelle nationale.
En avril, les Virginiens peuvent s’assurer que leur pouvoir électoral ne sera pas affaibli par ce que les républicains font dans d’autres États, affirme-t-il, dans une vidéo partagée vendredi dernier avec le réseau d'informations américain ABC News.

L'ancien président démocrate Barack Obama est devenu un porte-parole du camp du « oui » en Virginie.
Photo : Noémie Laplante
Une bataille qui s’annonce serrée
Le vote par anticipation avait déjà mobilisé près d’un million et demi d’électeurs en Virginie, lundi.
Selon un sondage réalisé par la Schar School de l'Université George Mason et le Washington Post, auprès de 1101 électeurs virginiens, 52 % des répondants disent soutenir l’amendement contre 47 % qui s’y opposent.
À Leesburg, les partisans du non multiplient les appels à la mobilisation. Si vous habitez dans le comté de Loudoun et que vous n’avez pas encore voté, ne partez pas d’ici sans l’avoir fait, lance Mike Clancy.
Rentrez chez vous, allez sur votre page Facebook et contactez entre 25 et 50 de vos amis. Dites-leur que c’est maintenant que ça se joue, lance aussi Mercedes Schlapp, une commentatrice politique américaine.
Le résultat de ce vote pourrait donner le ton des élections de mi-mandat, craignent les partisans du « non ». Ces élections détermineront la composition du Congrès et, par conséquent, la capacité du président Donald Trump à conserver une majorité républicaine à la Chambre des représentants. Sans cette majorité, faire avancer ses priorités pourrait devenir un véritable parcours du combattant pour le président.
Noémie Laplante est lauréate de la bourse « Expérimenter le journalisme à l'étranger » de la Fondation de l'UQAM.


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