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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa greffe est une technique horticole utilisée depuis des millénaires. Il y a des traces de son utilisation en Chine dès 1560 ans avant Jésus-Christ et elle est évoquée dans des textes de la Grèce antique et de l’Empire romain.
L’idée, c’est de combiner les forces de deux, voire de plusieurs variétés en un seul plant. La variété du bas, le porte-greffe, est sélectionnée pour la performance de son système racinaire et sa résistance aux maladies. Celle du haut, le greffon, est choisie pour la qualité de ses fruits.
L’opération est délicate et demande une expertise particulière (nouvelle fenêtre). C’est pourquoi la grande majorité des producteurs de tomates en serre achètent des plants greffés chez des pépiniéristes spécialisés.

La greffe se fait encore manuellement chez plusieurs producteurs.
Photo : Radio-Canada
Une étude de 2008 indiquait que plus de 40 millions de plants de tomates greffés (nouvelle fenêtre) poussaient chaque année dans les serres nord-américaines, un chiffre qui a, selon toute vraisemblance, explosé depuis, à l’instar de l’ensemble de la production serricole.
Tous nos plants sont greffés, confirme le vice-président à la production chez Savoura, Richard Dorval, lors d’une visite de La semaine verte dans des serres de Mirabel. On parle ici de 1,2 million de plants de tomates en production pendant près d’un an.
Pour nous, c'est rendu essentiel pour augmenter la production et s'assurer que la production est optimale pendant toute l'année.

L’agronome Richard Dorval travaille dans l'industrie de la tomate depuis une trentaine d’années.
Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand
Les plus importants pépiniéristes spécialisés au pays sont en train d’automatiser leurs opérations de greffage. C'est le cas d’Ontario Plants, qui greffe chaque année des dizaines de millions de plants de tomates.
Dans les installations de l’entreprise à St. Thomas, dans le sud-ouest ontarien, une partie du greffage se fait encore manuellement. Mais elle a récemment fait l’acquisition de robots greffeurs, qui prennent tranquillement le relais.
Ontario Plants veut automatiser le processus, notamment pour des raisons de biosécurité, parce que l’humain – le greffeur – est vecteur de maladies, mais aussi parce que le robot permet de pallier un manque de main-d’œuvre.

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L’intégration de l’intelligence artificielle a permis, à l’aide de caméras, d'inspecter les plants pour vérifier leur diamètre et leur hauteur. Seuls les plants sélectionnés poursuivent le parcours vers la greffe.
Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand
Le greffage, c’est un savoir-faire, ce n’est pas facile, explique Pieter van Dijk, directeur de la technologie et de l'innovation chez Ontario Plants. C'est pourquoi trouver des personnes expérimentées n'est pas si simple. Même si on arrive à en former, une fois la saison terminée, on les perd parce qu’on ne fait pas de greffage toute l'année. C'est pour ça qu'on investit dans la machine.
L'automatisation se fait par étapes et nécessite beaucoup d’ajustements.
Pour l’instant, le robot qui sélectionne les greffons fonctionne à plein régime. Mais celui qui doit exécuter la greffe ne fait que 50 % du travail : il coupe le porte-greffe et place la pince qui retiendra les deux parties ensemble. Pour accomplir le processus complet, l’entreprise ontarienne devra ajouter un module supplémentaire à son robot greffeur.
Un reportage de Marie Maude Pontbriand et de Hugo Pothier à ce sujet sera présenté à l'émission La semaine verte diffusée sur ICI Télé samedi à 17 h (18 h 30 HA).

La cicatrice entre les deux plants réunis demeure visible après la greffe.
Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier
Les tiges des porte-greffes présentent souvent des variations de courbure ou de diamètre. C’est pourquoi des employés expérimentés sont encore nécessaires pour fixer le greffon sur le porte-greffe.
Ce n’est pas parfait, ça pourrait être mieux, constate Pieter van Dijk après avoir fait fonctionner le robot greffeur sous nos yeux. Disons qu'avec cette machine, un lot affiche un taux de réussite de 99,9 %, un autre de 90 % et un autre de 80 %. Alors que, manuellement, on est à 99,9 %.
Il faudra encore du temps pour améliorer le processus : produire des plants standardisés qui répondent aux spécificités de la machine et mieux former les opérateurs. L’objectif est d'automatiser le greffage à 100 %, comme c’est le cas aux Pays-Bas, où le robot a été conçu.
Les principaux développeurs de ces robots greffeurs se trouvent en Europe et en Asie. Ontario Plants utilise un modèle néerlandais développé par TTA-ISO. Le fabricant affirme qu’une quinzaine de ses appareils exécutant la greffe du début à la fin sont en activité dans le monde. Il a vendu trois machines qui coupent et installent les pinces à des compagnies canadiennes à plus d’un million de dollars chacune.

Pieter van Dijk (à gauche) constate que certains ajustements doivent être faits avant de confier tout le greffage des plants de tomates aux robots.
Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand
Cet investissement de temps et d’argent en vaut la peine, estime Pieter van Dijk, puisque le robot peut fonctionner jour et nuit et a une capacité de production de 4000 plants à l’heure.
Plusieurs autres végétaux comestibles peuvent être greffés. C’est le cas des poivrons, des aubergines, des concombres et des melons. Quand on compare une culture de melons d’eau greffés à une culture sans greffes, le rendement est cinq fois supérieur, souligne Pieter van Dijk.
Cette technique permet de produire plus de nourriture par mètre carré, souligne-t-il. Il y a donc un bel avenir pour le greffage.


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