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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayIls sont venus pour étudier ici, ont été diplômés dans un établissement d’enseignement canadien et souhaitent travailler dans un des secteurs clés ciblés par le gouvernement : la santé, le transport, l’éducation, l’agriculture ou encore l’ingénierie. Ce sont des candidats au permis de travail postdiplôme (PTPD).
On peut donc supposer que, pour Immigration Canada, ce sont des travailleurs qu'on souhaite avoir dans des domaines professionnels pour lesquels il y aurait une pénurie de main-d'œuvre, lance d’entrée de jeu Me Yves Martineau, coprésident de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration (AQAADI).
Selon des chiffres obtenus par Radio-Canada, depuis fin 2025, 4200 demandes ont été refusées à cause de ces instructions confuses, dont 195 étaient le fait de citoyens français.
Il faut dire que, depuis le 1er novembre 2024, le gouvernement exige pour le PTPD un test de langue, peu importe le pays d’origine ou la langue maternelle, comme c’est le cas pour plusieurs autres demandes d’immigration.
Une nouvelle exigence mal communiquée aux candidats, selon Me Martineau, puisque jusqu'à tout récemment, aucun bouton de téléversement ne permettait d’ajouter les résultats de leur test de langue.
Et encore aujourd'hui, le site web du ministère fédéral indique que les résultats du test de langue sont facultatifs bien que le candidat doive les ajouter. Une formulation qui a dérouté bien des candidats, qui en ont conclu qu’ils n’avaient pas à le fournir.

Une capture d’écran du site IRCC prise le 17 septembre 2026.
Photo : Site d'Immigration Canada
La confusion est aussi présente en anglais.
Résultat : plusieurs se voient refuser leur permis de travail pour un simple document manquant à leur dossier, mais qu’ils ont pourtant en leur possession.
Il y a une forte proportion – des candidats – qui ont effectivement les compétences linguistiques. Mais pour une erreur administrative, ils n'ont pas inclus leurs tests, explique Me Martineau, qui rencontre autant des candidats admissibles francophones qu'anglophones.
Aviser les candidats au lieu de refuser leur demande
Consciente que les demandeurs sont responsables de la procédure, l’AQAADI souhaiterait que, dans le cas d’un document manquant, le ministère avise les candidats avant de simplement refuser leur dossier.
Si le gouvernement ne veut pas avoir la flexibilité, [Immigration Canada] a le droit de le faire. Je le déplore parce que je pense qu'il y a des impacts humains, sociaux et économiques qui dépassent largement le coût administratif.
Sur les 195 demandes de citoyens français refusées, 165 l’ont été entre les mois de janvier et de mai dernier. Des chiffres qui s’expliquent notamment par les délais de traitement des demandes.
La mesure est entrée en vigueur le 1ᵉʳ novembre 2024 et les personnes se sont surtout diplômées en juin 2025, et les délais de traitement à l'époque étaient d'autour de neuf mois… il est normal que les décisions commencent à tomber à partir de 2026, ajoute l’avocat.
« Un sentiment de trahison »
C’est exactement ce qui est arrivé à Lucie Cézar, comme le rapportait Radio-Canada début août (nouvelle fenêtre). Cette infirmière auxiliaire diplômée au Québec s’était vu refuser son permis de travail fin juillet pour un test de français manquant. Conséquence : impossible pour elle de travailler, tout comme son mari, puisqu’ils étaient sur un seul et même dossier.
Recontactée il y a quelques jours, elle raconte les démarches administratives qu’elle a entreprises depuis pour contester ce refus, selon elle injustifié.
Étant donné qu'on savait que notre demande de reconsidération n'était pas sûre de passer et qu’on avait vraiment une épée de Damoclès au-dessus de la tête, il fallait qu'on refasse une demande pour se sécuriser et se dire aussi qu'on était dans l'action.

L'infirmière française Lucie Cézar s'est vu refuser un permis de travail pour un test de français manquant dans son dossier.
Photo : Radio-Canada
Lorsqu’elle parle du besoin de se sécuriser, c’est parce que, nonobstant les délais de traitement d’Immigration Canada, les demandeurs ont 180 jours après l'obtention du diplôme pour faire une demande PTPD et 90 jours après la date d’expiration du permis d’études.
J'ai quand même un petit sentiment de trahison, parce que, depuis le début, on respecte les règles […] on a coché toutes les cases et puis on ne donne pas le papier auquel on a le droit
Lucie Cézar a finalement reçu son permis de travail fin août, à la suite de sa contestation. Elle aura donc dû cesser de travailler durant plus d’un mois. Les démarches de son conjoint sont toujours en cours et lui ne peut donc toujours pas travailler.
Elle souhaite maintenant se faire rembourser les 1600 $ déboursés pour les démarches administratives engagées en raison du refus non justifié d’Immigration Canada.
5 % des demandes refusées, dit IRCC
L’IRCC souligne que le taux de refus avoisine 5 % du volume des demandes traitées. Seulement entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, le ministère dit avoir traité 221 315 demandes et en avoir approuvé 205 280.
Dans une réponse envoyée par courriel, le ministère confirme que le fait de ne pas fournir la preuve requise ou de ne pas atteindre le niveau minimal applicable peut entraîner le refus de la demande.
Toutefois, le ministère ajoute qu’il est de la responsabilité du demandeur de s’assurer que sa demande est complète et qu’elle comprend tous les documents requis.
Questionné sur la possibilité d’aviser les candidats d’un document manquant, Immigration Canada indique que, selon les circonstances, un agent peut communiquer avec le demandeur afin d’obtenir des renseignements ou des documents supplémentaires.
Trois semaines après nos demandes, le site Internet d'Immigration Canada n'avait pas été changé au moment d'écrire ces lignes.


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