Language Selection

Get healthy now with MedBeds!
Click here to book your session

Protect your whole family with Orgo-Life® Quantum MedBed Energy Technology® devices.

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Face aux feux de forêt, Mistissini tire les leçons du passé

4 hours ago 2

PROTECT YOURSELF with Orgo-Life® QUANTUM TECHNOLOGY

Orgo-Life the new way to the future

  Advertising by Adpathway

Louise Blacksmith observe le ballet des bateaux à moteur qui défilent sur le lac Mistassini en attendant le retour de son petit-fils en canot. Dans son esprit, les feux de forêt qui ravagent le Nord de l’Ontario s'imposent. Comme beaucoup de membres de la communauté de Mistissini, elle pense à ceux qui ont tout perdu là-bas.

Ça doit être horrible, ce qu’ils vivent, déplore-t-elle. Dans le Nord de l’Ontario, de violents feux de forêt ont forcé l’évacuation de plus de 2800 personnes et détruit au moins deux communautés.

Je suis inquiète pour les incendies qui font rage en ce moment là-bas. C’est terrible. Je compatis avec ces gens. Nous, en 2023, nous avions retrouvé nos maisons intactes, dit cette aînée qui a enseigné la langue crie.

Louise Blacksmith.

Louise Blacksmith est plutôt sereine quant à la saison des feux dans le nord du Québec, mais elle garde en tête ce qu'il se passe en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Si elle évoque l’année 2023, c’est parce qu’elle-même a dû quitter sa communauté à cause des incendies. Cet été là, des feux de forêt records ont entraîné l’évacuation de 27 000 personnes au Québec, dont une majorité étaient autochtones. Leurs communautés représentent la moitié des évacuations dues aux feux de forêt, et la proportion augmente depuis quelques années, alors qu’elles ne touchent que 5 % de la population canadienne.

À l'époque, le départ de Mme Blacksmith pour Québec n'a pas été trop difficile. L’hôtel s’est bien occupé de nous. J’ai notamment trouvé des activités à faire avec les personnes âgées. Je suis allée acheter de la laine, des aiguilles à tricoter et du matériel de couture, et on se réunissait dans le hall pour tricoter. Les aînés nous ont appris à faire les lanières en laine, se souvient-elle en souriant.

Les feux l'inquiètent un peu, d’autant plus qu’il y en a plus d’une centaine qui sont actifs et non maîtrisés au Québec. Malgré tout, l’aînée a confiance en sa communauté : 2023 a servi de préparation, dans un sens, croit-elle.

Une réaction rapide

Dans son bureau, la directrice de la santé et du développement social de Mistissini, Elizabeth Ashamock, ouvre ses tiroirs, à la recherche d’un carnet de notes rouge. C’est là qu’elle a religieusement noté ce qu’elle a observé et vécu à l’été 2023.

Je ressentais beaucoup d’anxiété, de stress, surtout quand je voyais que le ciel était orange. Il faisait alors très sombre dehors, raconte la femme dans la cinquantaine.

Elizabeth Ashamock.

Elizabeth Ashamock était soulagée de partir en 2023, car la fumée des feux l'incommodait.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Finalement, le chef s'est résigné: le brasier menaçait de couper l’unique route qui relie Mistissini à Chibougamau, à environ 100 kilomètres au sud. Elizabeth Ashamock était soulagée : J'avais peur d’être piégée, et la fumée me faisait vraiment mal à la gorge. Je me suis dit : "Il faut que je parte d’ici".

Plus de 3500 personnes ont donc pris la route pour Québec et Jonquière, les premiers évacués étant les personnes les plus vulnérables, comme celles qui sont sous dialyse ou celles qui souffrent de problèmes respiratoires.

Si pour certaines communautés les conséquences d'une évacuation peuvent être lourdes, Elizabeth Ashamock a surtout souligné que des enfants étaient laissés seuls ou dans le couloir [des hôtels] et que des infirmières n'étaient pas immédiatement présentes sur les lieux. La directrice était aussi inquiète de la proximité des commerces d'alcool.

Loin de Mistissini, elle se questionnait de ce qu'elle allait retrouver à son retour : Qu’est-ce qui va se passer? Qu’est-ce qui va arriver à nos maisons? Qu’en est-il de nos camps, de nos cabanes?

Jason Shecapio.

Jason Shecapio est très fier de la rapidité avec laquelle la communauté a réagi en 2023. Il montre le travail de coupe qui a été fait pour créer une barrière au feu.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Trois ans plus tard, Jason Shecapio, à l’époque coordonnateur de la sécurité publique, regarde la réaction de sa communauté avec satisfaction. Je suis fier de Mistissini. Nous avons réagi rapidement, explique celui qui est aujourd’hui directeur des services municipaux.

Il fait partie des 80 personnes, dont la plupart étaient des employés de première ligne, qui sont restées sur place lorsque l’ordre d’évacuation a été donné.

À bord de son camion, il montre du doigt les coupes qui ont été faites en urgence en 2023. De part et d’autre d’un chemin couvert de sable blanc, derrière les rangées violettes d’épilobes, une trentaine de mètres de végétation basse ou de petits feuillus se dressent devant les premières épinettes.

Une carte satellite sur laquelle on distingue la communauté et des traits plus clairs qui représentent des barrières antifeux.

Les flèches rouges indiquent la barrière antifeux qui a été réalisée en un temps record autour de Mistissini.

Photo : Google map

Nous avons fait cela en un temps record, en une semaine à peine. Cela a même impressionné la SOPFEU, se réjouit Jason Shecapio.

L'évacuation a été bien planifiée, même si ce n’était pas parfait. Nous avions un objectif commun et nous y sommes plutôt bien parvenus.

Elizabeth Ashamock ne partage pas forcément ce point de vue. Elle croit que la communauté agit encore trop souvent en réaction plutôt qu’en anticipation. Elle souligne la charge de travail importante pour son équipe en 2023 : tout le monde en a porté beaucoup sur ses épaules. Elle souhaite qu’à l’avenir, les tâches soient mieux réparties.

Faire mieux

Une fois que la poussière a pu retomber, la communauté, et surtout son Comité de plan d’urgence (Emergency Planning Committee, créé durant la pandémie de COVID-19) auquel siègent plusieurs instances, a débreffé. Un rapport a aussi été commandé par le conseil de bande et a formulé plus de 90 recommandations, selon le chef Michael Petawabano.

Une route de sable et de la forêt.

Le long de cette piste de sable, à gauche, des arbres ont été coupés durant les feux de forêt de 2023 pour former une barrière et empêcher leur propagation.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Mistissini étudie encore la mise en place d’un plan officiel. Le chef souligne que, même si trois ans se sont déjà écoulés, c’est un travail de longue haleine qui se poursuit. Surtout,la communauté a pris conscience que cela ne suffit pas de se baser uniquement sur la distance entre le feu et la communauté pour déclencher une évacuation.

On travaille sur des changements concernant nos procédures. Mais il est important de noter que tout ce que nous avons réussi à faire en 2023 n’est pas perdu, et nous pouvons encore nous en servir.

Le délai d’évacuation, le niveau de la qualité de l’air, la disponibilité des urgences et la capacité de maintien des services essentiels seront désormais pris en compte. Les différentes phases d’évacuation ont aussi été revues.

Mais il y a plusieurs recommandations que nous ne pourrons jamais mettre en place, faute de moyens financiers, comme la création de notre propre camp en cas d’évacuation pour l’accueil des déplacés, mentionne le chef.

Un aperçu des recommandations

Dans le rapport commandé par Mistissini, 92 recommandations ont été faites à la suite de la gestion des feux de forêt de 2023 et de l’évacuation. Les axes de réflexion tournent autour de plusieurs grands thèmes : les communications, le protocole d’évacuation, le site d’évacuation, les opérations d’urgence, la structure du Comité de planification d’urgence et la création de nouveaux protocoles.

La prévention a aussi été soulignée, tout comme l’amélioration de la logistique, la mise en place d'un meilleur soutien psychologique, l’établissement de directives claires sur la répartition des coûts entre les différents ordres de gouvernement, et la mise sur pied d’une campagne de sensibilisation sur les assurances pour les camps de chasse.

Toutes les personnes interrogées par Espaces autochtones s’entendent pour dire qu’une communication efficace constitue un élément important.

La communauté dispose de différents outils pour avertir la population : la radio communautaire, les réseaux sociaux et même l’utilisation de talkies-walkies pour les gens qui se trouveraient en forêt, à leur camp.

Un panneau qui fait état du risque d'incendie en forêt.

En juillet, plusieurs interdictions de feux à ciel ouvert ont été lancées par la SOPFEU.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Nous avions beaucoup communiqué en 2023, et les gens étaient moins anxieux que les années précédentes, fait remarquer Jason Shecapio. D’ailleurs, à l’époque, une division vouée aux communications a été créée.

Lorsqu'on ne communique pas, lorsqu'on ne donne pas les informations, les gens paniquent. Et tout devient un peu chaotique.

Le rôle des pompiers de Mistissini

Depuis les feux de forêt de 2023, les pompiers du Département d'incendie de Mistissini, qui compte une trentaine de volontaires et sept professionnels, suivent un entraînement annuel de trois jours – et non plus tous les deux ans, comme avant – donné par la SOPFEU, avec qui le service a un contact quasi quotidien.

Ryan Gunner devant un camion de pompier.

Ryan Gunner explique qu'il manque à la communauté un camion pompier doté de quatre roues motrices.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Parfois, c'est la SOPFEU qui contacte les Cris pour leur demander de gérer tel ou tel brasier en attendant leur arrivée depuis la base de Chibougamau.

Par ailleurs, si le terrain est accessible et que les conditions de sécurité sont réunies, les pompiers cris peuvent s'y rendre et commencer le travail en attendant les renforts de la SOPFEU. Toutefois, ils doivent tout de même attendre l'aval de l'organisme.

L'état des feux de forêt au Canada

En date du 27 juillet 2026, il y a :

  • 31 Premières Nations touchées par des feux de forêt
  • 18 Premières Nations évacuées en raison des répercussions des feux de forêt
  • 3467 personnes actuellement évacuées des Premières Nations en raison des feux de forêt

Source : gouvernement du Canada

Ryan Gunner, chef du service incendie, souhaiterait toutefois avoir une marge de manœuvre plus grande encore, pour moins dépendre des ordres ou des conseils de la SOPFEU.

Je pense que ce serait bien que nous prenions les devants ou que nous puissions agir directement, au lieu de les attendre, car parfois, cela peut prendre du temps, dit-il.

Selon lui, en 2023, quand les flammes ont commencé à se faire voir, le service incendie a demandé à la SOPFEU s’il pouvait intervenir; une requête qui lui aurait été refusée, l'organisme lui demandant d’attendre plutôt son arrivée.

Le service de communication de la SOPFEU ne peut ni confirmer ni infirmer les dires de M. Gunner, mais il explique qu’il est possible qu’il ait recommandé de ne pas intervenir, pour des raisons de sécurité.

Le casque du pompier et chef du service incendie Ryan Gunner.

Les pompiers de Mistissini peuvent suivre annuellement une formation de mise à jour offerte par la SOPFEU.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Si la relation est positive, selon le chef du service incendie, il concède que l’idéal serait que la communauté ait le droit de prendre les devants, au lieu d’attendre après [la SOPFEU].

Il n’est pas le seul. Dans leur étude, les chercheurs de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) ont mis en lumière le désir des participants cris de créer un organisme de gestion des feux dirigé par les Cris.

Aller plus loin

Selon Roberta Petawabano, directrice locale du Centre communautaire Miyupimaatisiiun (CMC), plusieurs se sentent rassurés par le fait que leur communauté est entourée d’eau. Elle souligne leur connaissance de leur territoire ancestral.

On s’adapte facilement à ce genre de situations. Mes parents nous emmenaient souvent chasser les oies ou simplement aller au lac en été. C’est ce qui nous permet de connaître le terrain, confie-t-elle.

Mme Petawabano croit que ces connaissances, détenues surtout par les aînés, doivent être considérées davantage dans les prises de décision des différentes instances gouvernementales, de même que dans la gestion des situations d’urgence, comme les feux de forêt.

Des arbustes en premier plan et, à l'arrière, une forêt de résineux.

Les espèces résineuses sont les plus à risque de brûler rapidement.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

À une époque, les aînés participaient aux consultations sur [les feux de forêt], puis cela a pris une dimension plus professionnelle. Je pense que nous passons à côté de leur expérience, affirme-t-elle.

Roberta Petawabano rappelle que les aînés voyageaient beaucoup à pied, en canot, et connaissaient donc très bien le terrain. Le savoir des aînés est une aide précieuse pendant les incendies.

On parle de réconciliation, alors il faut tenir compte du savoir des aînés et de leur connaissance du territoire. Une approche différente avec les populations autochtones serait certainement idéale, ajoute-t-elle, disant souhaiter que le lien des Cris avec leur territoire soit davantage pris en compte dans les prises de décision.

En impliquant plutôt qu’en imposant, on gagne la confiance, et le partage des connaissances, entre en jeu.

Il y a toujours la possibilité d’un incendie de forêt, mais je pense que les Cris l’envisagent différemment, ajoute-t-elle.

La perception des feux par les Autochtones

Ce que veut dire la directrice du CMC, c’est que les Cris voient les feux de forêt d’une autre manière que les allochtones.

Les feux de forêt sont vus comme très dangereux par vous, les allochtones. Mais ils sont aussi un nouveau départ. Nous pratiquions des feux culturels pendant des centaines d’années, puis cela nous a été interdit, souligne Gilbert Baribeau, gérant de l’hôtel de Mistissini.

Le feu comme source régénératrice est une idée partagée par les Cris au-delà de Mistissini. Pour une étude publiée en 2026, le chercheur de l’UQAT Guillaume Proulx et son équipe ont parlé avec des membres des communautés de Nemaska et Wemindji.

Gilbert Baribeau.

Gilbert Baribeau rappelle la vision que les Autochtones ont des feux.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Le feu crée aussi de nouveaux habitats pour plusieurs espèces animales considérées comme fondamentales. On a toujours vécu avec les feux de forêt. Ils ne représentent pas que la destruction, mais aussi la renaissance, précise Gilbert Baribeau.

La plupart des maîtres de trappe (tallymen) insistaient sur le fait que le feu avait des effets bénéfiques sur le paysage et évoquaient son rôle dans le réapprovisionnement de la forêt en ressources.

Le feu n’est donc pas forcément perçu comme un danger potentiel.

Read Entire Article

         

        

Start the new Vibrations with a Medbed Franchise today!  

Protect your whole family with Quantum Orgo-Life® devices

  Advertising by Adpathway