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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayDiriger la plus jeune équipe de la LNH vient avec son lot d’imprévisibilité. C’est parfois grisant, parfois frustrant, mais ce n’est jamais reposant.
Patrik Laine avait encore deux saisons à écouler à un salaire annuel de 8,7 millions. Il avait considérablement ralenti et son taux d’absentéisme était inquiétant depuis quatre ans. Pour une jeune équipe aux prises avec un sérieux manque de profondeur en attaque, et pour des dirigeants ayant foi dans le leadership réparateur de Martin St-Louis, cet ajout constituait toutefois un beau risque.
Or, ce plan a été déjoué. L'attaquant a spectaculairement aidé le CH à se qualifier pour les séries la saison dernière. Toutefois, la vitesse de la progression de la formation a largement surpassé la période d’absorption de son lourd contrat. Au printemps 2025, Laine était déjà devenu obsolète. Et comme au jeu de la chaise musicale, il n’y avait plus de place pour le Finlandais dès le premier jour du camp d’entraînement en septembre dernier.
Et comme la musique s’est aussi arrêtée pour Kent Hughes et Jeff Gorton, ils sont restés pris pendant toute la saison avec un fardeau de 8,7 millions qui les a menottés et empêchés d’améliorer leur club.
Bref, si la fulgurante progression de leur équipe leur avait semblé probable en 2024, et s’ils avaient justement évalué le cadeau de Grec qu’on leur faisait, Hughes et Gorton n’auraient peut-être pas cherché à acquérir Patrik Laine.
Cette histoire illustre à quel point la performance humaine est imprévisible et à quel point, dans le monde du sport, le mieux devient parfois l’ennemi du bien.
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Parmi les dangers qui guettent les dirigeants d’équipes sportives, on pourrait aussi ajouter la tentation de régler de façon superficielle un problème fondamental. Comme le veut un vieil adage, ce genre de solution équivaut souvent à mettre un cataplasme sur une jambe de bois.
Tout cela nous amène directement à la décision du Canadien de rappeler le jeune gardien Jacob Fowler en vue de l’important match que disputait l’équipe mercredi à Ottawa.
D’entrée de jeu, cette décision est très facile à expliquer. Fowler est probablement le plus bel espoir de l’organisation et il domine dans la Ligue américaine. De son côté, Samuel Montembeault connaît une saison difficile et il ne semble pas parvenir à retrouver sa confiance.
Parmi les 59 gardiens qui ont participé à 20 matchs ou plus, Montembeault apparaît au 43e rang pour avoir accordé 4,9 buts de plus que ne l’aurait fait un gardien moyen face aux mêmes tirs. Son taux d’efficacité s’élève à ,872, alors que la moyenne de la LNH se trouve à ,896. Son taux d’efficacité sur les tirs constituant un faible danger le place par ailleurs au 54e rang.
Bref, on remplace un athlète dont le rendement est à la baisse par un autre susceptible d’offrir des performances supérieures. Ça arrive tous les jours dans tous les sports.
Mercredi, Fowler a d’ailleurs donné raison aux dirigeants du CH avec une performance extraordinaire. Le gardien originaire de la Floride a notamment permis au Tricolore de l’emporter en biffant les multiples revirements commis par ses coéquipiers en deuxième période. Il a aussi réalisé plusieurs arrêts difficiles lorsque les Sénateurs attaquaient à 6 contre 5 dans les derniers instants du match.
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Jacob Fowler deviendra assez rapidement le gardien numéro un de cette équipe. Aucun doute là-dessus. Et il assumera sans doute le mieux possible son rôle de cataplasme au cours des prochaines semaines.
Mais cela ne doit pas faire oublier la jambe de bois, c'est-à-dire le problème structurel de cette équipe en défense.
Le Canadien occupe le 24e rang en défense cette saison. Année après année, malgré des injections de talent considérables, il fait partie du dernier tiers de la ligue en ce qui a trait aux buts accordés. Et si le CH accorde trop de buts, c’est parce qu’il figure tout le temps parmi les équipes qui donnent le plus de chances de marquer de qualité à ses adversaires.
C’était vrai au plus déprimant de la période de reconstruction (quand on ne cherchait pas vraiment à gagner) et ce l’est encore aujourd’hui. Cette saison, Montréal vient au 26e rang en ce qui a trait à la quantité de chances de marquer de qualité accordées. L’an dernier il détenait le 30e rang.
La saison dernière, le CH s’est qualifié pour les séries malgré 261 buts accordés, soit la 22e position en défense. Et cette 22e place avait été chèrement gagnée. Il avait fallu que les gardiens, particulièrement Samuel Montembeault, figurent parmi les plus efficaces de la LNH et que l’unité de désavantage numérique connaisse une saison exceptionnelle.
Cette saison, un peu comme lorsqu’un personnage de bandes dessinées colmate des fuites d’eau avec ses doigts et que d’autres apparaissent instantanément ailleurs, les problèmes défensifs du Canadien se sont déplacés. Les gardiens se sont avérés moins efficaces et l’étanchéité de l’unité de désavantage numérique a fondu comme neige au soleil en raison des départs de Joel Armia, Christian Dvorak et David Savard.
Mais de vilains traits de caractère sont restés et semblent vouloir s’incruster. Comme cette propension à accorder des buts très tôt ou très tard dans une période, ou à accorder deux buts dans un court laps de temps. Ou comme cette obstination, comme le déplore souvent Martin St-Louis, à manquer de patience et à tenter des jeux à faible pourcentage de réussite qui finissent par provoquer de coûteux revirements
Aucun gardien, aussi talentueux soit-il, ne peut tenir le coup avec constance si la structure qui l’entoure est aussi imprévisible.
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Après avoir vu le CH participer aux séries la saison dernière, on s’attendait à ce que cette jeune équipe – la plus jeune de la ligue – ait gagné en maturité et en patience. Mais l’immense talent offensif du groupe et sa capacité à combler des retards semblent avoir effacé les bonnes intentions en défense du mois d’octobre. Et alors que l’équipe est engagée dans la dernière ligne droite du calendrier, on semble de retour à la case départ.
Le Tricolore se dirige vers une saison de plus de 100 points et vers une autre participation aux séries. Et c’est absolument remarquable pour un groupe aussi jeune.
Mais il le fait à nouveau en s’appuyant sur des bases fragiles : une attaque qui marque une quantité impressionnante de buts et une défense permissive qui requiert un niveau d’héroïsme élevé de la part des gardiens.
En attendant que cette équipe devienne studieuse en défense, souhaitons donc la meilleure des chances à Jacob Fowler.


2 months ago
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