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Incertitude sur la tenue de la prochaine réunion irano-américaine à Islamabad

1 month ago 46

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Ça ressemble à une course contre la montre où chaque partie maintient la pression jusqu’à la dernière minute.

Du côté américain, le vice-président J.D Vance a suspendu son départ pour Islamabad. Il doit encore participer à d’autres réunions à la Maison-Blanche, selon un haut responsable de la Maison-Blanche dans une courte déclaration transmise à l'AFP.

De son côté le Wall Street Journal rapporte que le président Donald Trump discute l’option d’annuler le voyage de M. Vance au Pakistan, car les Iraniens ne seraient pas prêts à céder sur la question de l’enrichissement de l’uranium.

Reuters rapporte qu’un haut responsable iranien lui a indiqué que la délégation iranienne pourrait partir à Islamabad si les Américains mettaient un terme aux pressions.

Selon ce responsable, les efforts du Pakistan pour convaincre les Américains n’ont pas abouti jusqu’à présent.

Nous refusons toute négociation sous la pression ou qui vise notre reddition, a indiqué le responsable iranien cité par Reuters.

Téhéran et Washington divergent sur le moment auquel prendra fin le cessez-le-feu annoncé par le président américain le 7 avril, et dont il avait alors fixé la durée à deux semaines.

Donald Trump a dit dans un entretien lundi avec l'agence Bloomberg que l'ultimatum donné à Téhéran pour passer un accord expirerait mercredi soir, heure de Washington, mais pour la télévision iranienne, le délai prendra fin mardi à 00 h 00 GMT, soit 03 h 00 heure de Téhéran.

Le Pakistan, pays médiateur, a lui dit que la trêve entre les deux pays expirait mardi à 23 h 50 GMT.

L'Iran a violé le cessez-le-feu à de nombreuses reprises!, a écrit par ailleurs le président américain dans un message lapidaire sur son réseau Truth Social, sans plus de détails.

Il a ensuite affirmé que les États-Unis étaient dans une position très forte pour négocier. Je pense que l'on va finir avec un super-accord. Je pense qu'ils n'ont pas le choix, a déclaré le président américain lors d'une interview à la chaîne CNBC.

Des soldats armés de mitraillettes dans une rue bordée de banderoles évoquant les pourparlers irano-américains

Au Pakistan, des agents de sécurité montent la garde à un poste de contrôle sur une route temporairement fermée près de l'hôtel Serena, dans la zone rouge d'Islamabad, le 20 avril 2026, en prévision des pourparlers de paix américano-iraniens.

Photo : Getty Images / AFP / AAMIR QURESHI

À Islamabad, tout est pourtant prêt pour accueillir les équipes de négociateurs. Des policiers lourdement armés et des soldats sécurisent le quartier gouvernemental où sont censées se tenir les discussions, et l'hôtel Serena, où s'était tenue la première session, a été vidé de ses clients ces derniers jours.

Le reste de la capitale pakistanaise fonctionne au ralenti, commerces, bureaux et écoles fermés, tandis que les camions ont interdiction d'entrer dans la ville.

Les pourparlers visent à trouver un accord durable pour mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale, alors que la trêve entrée en vigueur le 8 avril expire mercredi soir, heure américaine, selon Donald Trump.

Déclarations contradictoires

Le président américain, qui multiplie les ultimatums et déclarations contradictoires depuis le début de la guerre, a jugé lundi soir une extension du cessez-le-feu très improbable.

Si les revendications américaines ne sont pas satisfaites avant le terme, beaucoup de bombes exploseront, a-t-il encore averti, alors que Washington réclame notamment une réouverture du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Donald Trump a réaffirmé qu'il comptait maintenir le blocus sur les ports iraniens tant qu'il n'y aura pas de "DEAL" avec Téhéran, affirmant que l'Iran perdait 500 millions de dollars par jour, un chiffre intenable pour eux, même à court terme.

Les États-Unis ont d'ailleurs annoncé mardi avoir intercepté et inspecté sans incident un pétrolier iranien sous sanction, dans une zone non précisée.

Lundi, la société de données maritime Lloyd's List Intelligence avait cependant relevé qu'au moins 26 navires de la flotte fantôme iranienne avaient contourné le blocus américain depuis son instauration la semaine dernière.

Un navire de guerre escorte un bateau.

Une frégate pakistanaise escorte un navire de transport dans le détroit d'Ormuz où les attaques se multiplient contre les navires marchands depuis le début de la guerre contre l'Iran.

Photo : Reuters / ISPR

Le président américain a par ailleurs laissé entendre que la Chine, où il doit se rendre en voyage officiel mi-mai, avait aidé l'Iran à reconstituer son stock d'armement.

Les Iraniens ont probablement un peu reconstitué leurs stocks depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, a dit le président américain, en ajoutant que les États-Unis avaient capturé un bateau hier qui transportait certaines choses, ce qui n'était pas très bien, peut-être un cadeau de la Chine, je ne sais pas.

J'ai été un peu surpris, a-t-il encore dit, ajoutant : je pensais avoir un accord avec le président Xi (Jinping), mais ce n'est pas grave, c'est comme ça en temps de guerre.

Revenant sur le nucléaire, dossier déclencheur du conflit, M. Trump a reconnu que déterrer le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran serait un processus long et difficile. Il avait assuré auparavant que l'Iran avait accepté de remettre ses stocks, ce qu'a démenti Téhéran, qui nie vouloir se doter de l'arme atomique et défend son droit au nucléaire civil.

Nous n'acceptons pas de négocier sous la menace et, au cours des deux dernières semaines, nous nous sommes préparés à abattre de nouvelles cartes sur le terrain, a souligné pour sa part le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, photographié après avoir rencontré son homologue libanais à Beyrouth le 12 octobre 2024.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images

L'impasse actuelle entre les États-Unis et l'Iran n'est plus un affrontement de capacités, mais plutôt une lutte d'endurance politique et de leviers de négociation, estime le CSIS (Center for strategic and international studies) dans une note.

Savourer la trêve

À Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie a repris son cours, entre cafés bondés, sportifs et promeneurs en nombre dans les parcs.

Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, a savouré au maximum le répit apporté par la trêve. Je suis sortie sans me stresser, je me suis baladée, je suis allée dans les cafés, restaurants, ici et là, raconte la jeune femme, rencontrée par l'AFP dans une rue de la capitale.

Deux jeunes femmes autour d'un étal de légumes dans un marché.

Des Iraniens font leurs courses de fruits et légumes sur un marché du nord de Téhéran, le 21 avril 2026, profitant du cessez-le-feu dans la région.

Photo : Getty Images / AFP

Mais pour Saghar, 39 ans, interrogée par une équipe basée à Paris, il n'y a pas de lumière au bout du tunnel. La situation économique est horrible. Ils (le pouvoir, NDLR) arrêtent des gens pour rien. Les exécutions se multiplient.

Un homme condamné pour l'incendie d'une mosquée au cours des manifestations en décembre et janvier, et accusé de collaboration avec les États-Unis et Israël, a été pendu mardi matin, selon le site Mizan Online, organe du pouvoir judiciaire.

Discussions Israël-Liban

Sur l'autre front de la guerre qui a embrasé le Moyen-Orient, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban auront lieu jeudi à Washington, a annoncé la diplomatie américaine. Comme les premières du 14 avril, elles se tiendront au niveau des ambassadeurs.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, que les deux parties se sont accusées de violer.

Israël entend désarmer le Hezbollah par des moyens militaires et diplomatiques, a affirmé mardi le ministre de la Défense, Israël Katz.

Selon un nouveau bilan officiel, 2387 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Avec les informations de Agence France-Presse, Al Jazeera et Reuters

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