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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwaySorti vendredi, L’Odyssée, de Christopher Nolan, attire les foules, qui sont avides de découvrir le premier long métrage de fiction à avoir été entièrement tourné en IMAX 70 mm. Né à Montréal, ce format argentique, qui séduit aussi Denis Villeneuve, offre une expérience immersive unique.
Pour sa première fin de semaine à l’affiche, l’adaptation cinématographique du périple d’Ulysse a dépassé les attentes, avec des recettes mondiales de 264,1 millions de dollars américains (370,2 millions de dollars canadiens), selon les chiffres dévoilés dimanche.
En Amérique du Nord, ce film mettant en vedette Matt Damon, Anne Hathaway et Tom Holland a généré 124,5 M $ (174,5 M $ CA), alors que les prévisions oscillaient entre 90 et 100 M $.
Si L’Odyssée est diffusé sur 3900 écrans en Amérique du Nord, il n’est projeté en IMAX 70 mm, avec un ratio de 1.43:1, que dans 41 cinémas dans le monde, dont 9 au Canada.
À elles seules, ces 41 salles ont permis à L’Odyssée d’engranger des recettes de 6,3 M$ (8,8 M $ CA).
C’est notamment grâce à IMAX que ce film est devenu non seulement un grand succès, mais aussi un événement culturel mondial, déclare à La Presse canadienne Rich Gelfond, directeur général d’IMAX.
Un engouement à Montréal
À New York, le cinéma AMC Lincoln Square 13 est le seul établissement où il est possible de voir L’Odyssée en IMAX 70 mm.
Variety rapporte que des projections sont organisées à 2 h, à 3 h et à 6 h le matin pour répondre à la demande.
Je pense que, si on veut vraiment vivre l'expérience la plus authentique, la plus vraie et la plus pure, il faut absolument essayer de voir L’Odyssée en IMAX 70 mm, affirme Janine Marchessault, professeure de cinéma et médias à l'Université York.
On touche de très près à l'essence même du cinéma, et c’est l'intention du réalisateur.
Au Québec, c’est au cinéma Banque Scotia de Montréal que le public se presse pour découvrir, en IMAX 70 mm, le film que Christopher Nolan a tourné avec l’ambition de créer un chef-d’œuvre.
Pour l’occasion, le cinéma, exploité par Cineplex, a remis en service son projecteur 70 mm, qui n’avait pas servi depuis la sortie du film Interstellaire, également réalisé par Christopher Nolan, en 2014.
On constate un engouement pour les prochaines semaines, jusqu’au mois d’août. Plusieurs de nos clients présents pour les premières projections étaient déjà là à la sortie d’Interstellaire.
18 kilomètres de pellicule
Pour IMAX, l’arrivée en salle de L’Odyssée est l’aboutissement de plusieurs années de travail.
Les caméras à pellicule IMAX sont très bruyantes, ce qui tend à perturber le jeu des acteurs. L’entreprise canadienne a donc créé tout spécialement pour Christopher Nolan une caméra plus discrète, ainsi qu’un caisson destiné à envelopper la caméra pour réduire le nombre de décibels émis.
IMAX a également développé son réseau de projecteurs pour permettre à L’Odyssée d’être vu en IMAX 70 mm dans 41 cinémas, contre 30 pour Oppenheimer en 2023.
La diffusion en IMAX 70 mm de L’Odyssée, qui dure 2 h 52, mobilise 130 projectionnistes dans le monde. Ces derniers manipulent des bobines longues de près de 18 kilomètres et dont le poids combiné dépasse les 270 kilogrammes.
Les projectionnistes ont suivi une formation intensive d’une semaine pour apprendre à faire fonctionner les projecteurs, explique Mark Welton, président des cinémas IMAX.
Ce travail très mécanique exige de charger la pellicule, de la faire passer dans l'appareil et de surveiller attentivement son défilement tout au long de la séance afin de prévenir tout problème.
Il y a un soin très spécifique à apporter à la pellicule, souligne, de son côté, Daniel Séguin.
Montréal comme point de départ
Pouvoir se plonger dans L’Odyssée en IMAX 70 mm à Montréal est d’autant plus symbolique que c’est dans la métropole québécoise que l’histoire d’IMAX a commencé.
Dans le cadre de l’Expo 67, les réalisateurs canadiens Graeme Ferguson et Roman Kroitor se sont livrés à des expériences cinématographiques qui impliquaient notamment plusieurs écrans.
Après l’Expo 67, ils ont décidé de travailler sur une nouvelle technologie, raconte Janine Marchessault, dont les recherches portent sur l’histoire du cinéma sur très grand écran.
Plutôt que de miser sur de multiples écrans, ils ont décidé d’opter pour un seul immense écran, qui enveloppe le spectateur en remplissant sa vision périphérique, poursuit-elle.
Pour offrir une meilleure résolution, la pellicule utilisée mesure 70 millimètres de large, plutôt que 35 millimètres, comme c’est habituellement le cas dans le cinéma de fiction.
La technologie IMAX nécessite de puissants projecteurs et, donc, des caméras particulières.
Tourner en IMAX est coûteux : le budget de L’Odyssée se chiffre à 250 millions de dollars américains, soit 350 millions de dollars canadiens.

À l'Expo 67, le pavillon du Labyrinthe de l'Office national du film du Canada, qui consistait en un film projeté sur cinq écrans disposés en forme de croix, a contribué à la création d'IMAX.
Photo : Office national du film du Canada
Vous faites véritablement disparaître l'écran
Malgré l’avènement des projecteurs numériques IMAX, la cinématographie argentique en IMAX continue d’en faire rêver plusieurs, dont Christopher Nolan. Le réalisateur désirait, depuis l’adolescence, tourner un film entièrement en IMAX 70 mm.
La netteté, la clarté et la profondeur de l’image sont inégalées, insiste Christopher Nolan dans une entrevue avec l'Associated Press.
En tournant en IMAX 70 mm, vous faites véritablement disparaître l'écran. Vous obtenez une impression de 3D sans lunettes. Vous faites face à un écran gigantesque qui occupe la vision périphérique des spectateurs, ce qui les immerge totalement dans l’univers du film.

Le réalisateur britannique Christopher Nolan
Photo : afp via getty images / VALERIE MACON
Miser sur l’expérience pour attirer le public en salle
Le cinéaste britannique n’est pas le seul adepte de ce format : Ryan Coogler l’a utilisé, en association avec le format Ultra Panavision 70, pour réaliser Sinners. Le Québécois Denis Villeneuve a, pour sa part, partiellement filmé Dune : troisième partie en IMAX 70 mm.
Je pense que les cinéastes sont enthousiastes d’expérimenter différents formats de pellicule, de mener une véritable réflexion à ce sujet et de penser l’expérience de la projection elle-même comme une partie intégrante de leur processus de création, analyse la professeure Janine Marchessault.
Ce regain d’intérêt survient alors que le cinéma en salle perd du terrain face aux plateformes comme Netflix.
Les studios, les producteurs et les réalisateurs veulent faire revenir le public dans les salles de cinéma en lui offrant une expérience impossible à avoir à la maison.
Il y a un retour en force du cinéma, redéfini comme une expérience, continue-t-elle. Et cela intéresse notamment les spectateurs de la génération Z.


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