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Le tigre et le président : la présidence française au cinéma

4 days ago 2

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Dans Le tigre et le président (sur ICI Télé, le 25, à 01 h 27 ), c'est Jacques Gamblin qui incarne un président inconnu. Mais comment ce rôle si important a-t-il été représenté au grand écran?

Le cinéma américain n’a jamais hésité à personnifier la figure du président dans ses films, sous toutes ses formes. Mais qu’en est-il de sa représentation dans le cinéma français (au-delà du fait qu’elle a toujours eu les traits d’un homme, blanc)?

Deux hommes dans un bureau avec un flamand rose.

Le tigre et le président, de Jean-Marc PeyrefittePhoto : TVA Films

Le tigre et le président, de Jean-Marc Peyrefitte (2022)

L’histoire – tout à fait vraie – était trop romanesque pour que le cinéma ne s’en empare pas! En 1920,  les élections présidentielles en France portent au pouvoir un quasi-inconnu, Paul Deschanel, qui gagne face à George Clémenceau. Si la déception de ce dernier est vive, elle est pourtant remplacée par une excitation certaine lorsque Deschanel tombe d’un train et disparaît!

Profondément humain et visant davantage la comédie que la reconstitution exacte, le film capitalise, avec raison, sur le duel entre deux acteurs d’exception : André Dussolier et Jacques Gamblin!

À voir sur ICI Télé le 25 à 01 h 27

Les saveurs du palais.

Les saveurs du palais de Christian VincentPhoto : Métropole Films Distribution

Les saveurs du palais, de Christian Vincent (2013)

L’angle est singulier, mais ô combien français. Car avant d’être président, l’homme qui occupe la plus haute fonction française est aussi un gourmet.

Et c’est sur la relation, tendre et singulière, qui unit le chef de l’État à sa cuisinière que se penche ce film sympathique. Mieux encore, c’est en évoquant précisément la relation entre Danièle Delpeuch, cuisinière établie dans le Périgord et amoureuse des produits frais et locaux, et François Mitterrand, qu’il se déploie, comptant sur la présence dynamique de Catherine Frot et celle aristocratique de Jean d’Ormesson. Arcanes du pouvoir et chou farci au saumon : la recette ne vise peut-être pas le trois étoiles, mais elle est alléchante.

Le président Valéry Giscard d'Estaing

1974, une partie de campagne de Raymond DepardonPhoto : Gémaci

1974, une partie de campagne, de Raymond Depardon (2002)

Au départ, c’est une commande que passe, en 1974, le candidat à la présidence Valéry Giscard d’Estaing au jeune documentariste Raymond Depardon, qui n’a encore jamais réalisé de long métrage. Le but? Montrer que, comme les Américains, il est jeune, dynamique et capable d’être cette bête à médias que tous rêvent être.

Mais l’homme politique n’avait pas compté sur une chose : l’intelligence et l’acuité du regard du documentariste qui, plutôt que de réaliser le document de propagande demandé, s’inspire de Primary, film de Richard Leacock sur la campagne de John F. Kennedy en 1960 et minimise les coupes au tournage pour raconter les coulisses passionnantes, et peu reluisantes, d’une campagne présidentielle. Au final, il faut attendre 2002 pour que Giscard d’Estaing accepte que le film soit enfin diffusé!

Le promeneur du champ de mars

Le promeneur du champ de mars de Robert GuédiguianPhoto : Christal Films

Le promeneur du champ de Mars, de Robert Guédiguian (2005)

Après le gourmet, c’est une autre facette de François Mitterrand que le réalisateur marseillais a voulu montrer : celle d’un homme à la fin de sa carrière et de sa vie. Regrets, mélancolie, doutes… tout éloigne le président des pensées sentencieuses et définitives qu’un jeune journaliste (Jalil Lespert) voudrait lui arracher.

Adapté du livre du journaliste politique Georges-Marc Benamou, le film tient beaucoup par la composition, toute en non-dits, en secrets inavoués et en prestance quasi royale de Michel Bouquet.

Nicolas Sarkozy joué par Denis Podalydès

La conquête, de Xavier DurringerPhoto : Les Films Séville Inc.

La conquête, de Xavier Durringer (2011)

Que se passe-t-il dans la tête d’un homme qui a une chance sur deux d’être élu président?

C’est la question que se pose cet unique film français à avoir posé son regard sur un président en exercice et qui relate, à sa façon, ce jour d’élection, en mai 2007, dans la tête de Nicolas Sarkozy. Opposant sa vie publique mouvementée à ses errements privés non moins chaotiques, alors que sa femme est introuvable, et confiant le rôle à un Denis Podalydès impressionnant de justesse, La conquête opte pour une approche intime et ouvertement sentimentale. Qui a dit que les présidents n’étaient pas des hommes comme les autres?

Le tigre et le président, sur ICI Télé, le 25 octobre, à 01 h 27.

La bande-annonce (source : YouTube)

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