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Alors que la campagne électorale bat son plein, plusieurs acteurs du milieu forestier québécois demandent aux partis politiques de s’engager à revoir en profondeur le régime forestier. Ils souhaitent que le prochain gouvernement mette en place, dès ses 100 premiers jours au pouvoir, deux instances nationales destinées à encadrer cette réforme.
La demande est portée par 13 représentants d’organisations issues des Premières Nations, de l’environnement, du mouvement syndical, du secteur faunique, du récréotourisme et de l’industrie forestière.
Parmi eux figurent le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, ainsi que les directions de Nature Québec, de la SNAP Québec, d’Unifor, du Syndicat des Métallos et de plusieurs organisations du milieu forestier et faunique.
Les organisations participantes estiment que l’avenir des forêts québécoises ne peut être abordé comme un simple dossier économique. Elles présentent plutôt la forêt comme un territoire où se croisent des droits, des enjeux environnementaux, des activités économiques et différents usages.
Deux instances pour revoir le régime
Lors du Dialogue national sur la forêt, tenu cette semaine à l’Université Laval, les participants disent avoir constaté une volonté commune de poursuivre les discussions entre les différents acteurs.
Ils demandent maintenant aux partis politiques de prendre un engagement formel envers une véritable concertation nationale.
La première mesure proposée serait la création, dans les 100 premiers jours du prochain gouvernement, d’un conseil national de gouvernements à gouvernement réunissant les Premières Nations et le gouvernement du Québec. Celui-ci aurait pour mandat de participer à la coconstruction du prochain régime forestier.
La deuxième consisterait à créer une table nationale des partenaires, dirigée par une présidence indépendante et regroupant les différents acteurs du secteur forestier. Cette table conseillerait le gouvernement dans l’élaboration d’un nouveau régime.
Selon les organisations, ces deux instances permettraient de jeter les bases d’un chantier consacré à la modernisation du régime forestier.

Le projet de loi visant à réformer le régime forestier s'est heurté à une vive opposition, particulièrement de la part des Premières Nations. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Simon Filiatrault
Une réforme qui se veut rassembleuse
Les groupes soutiennent qu’une concertation menée en amont permettrait aux différents intervenants de faire valoir leurs attentes et leurs préoccupations avant que des décisions soient prises.
L’objectif affiché est de parvenir à une réforme qu’ils qualifient de juste, durable et rassembleuse, tout en favorisant une plus grande adhésion des parties prenantes.
Cette approche pourrait également, selon eux, faciliter l’arrimage du régime forestier avec une nouvelle politique industrielle du bois.
Les organisations invoquent par ailleurs le contexte économique actuel, marqué notamment par l’incertitude et les tensions commerciales, pour justifier la nécessité de rechercher des solutions qu’elles souhaitent durables et consensuelles.
Elles estiment qu’une réforme élaborée avec les différents acteurs permettrait à terme de créer un environnement d’affaires plus prévisible et de favoriser un climat social plus stable dans les régions forestières du Québec.
Une réforme abandonnée sous la pression
Le projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier, déposé en 2025, avait suscité un vif débat au Québec et une forte opposition de plusieurs Premières Nations. Celles-ci dénonçaient notamment l’absence de consultation et de coconstruction suffisantes. La contestation avait donné lieu à une importante mobilisation sur le terrain, notamment à des barrages routiers.
Devant la pression et les critiques, le gouvernement caquiste a finalement abandonné le projet de loi. Le débat sur la modernisation du régime forestier demeure toutefois entier, alors que plusieurs acteurs réclament maintenant une démarche de concertation nationale.


1 month ago
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