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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayOttawa va évaluer ses options si les nouveaux tarifs américains entrent en vigueur comme prévu dans 29 jours, a déclaré Mark Carney lors d'un point de presse.
Le premier ministre canadien a affirmé s'être entretenu avec le président américain Donald Trump avant de rencontrer les médias, disant que les deux chefs d'État se sont entendus pour intensifier les négociations entourant l'Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) au cours des deux prochaines semaines.
Les nouveaux droits de douane annoncés par l'administration américaine sont de l'ordre de 50 %. Ils seraient imposés à une variété de produits, allant des boissons alcoolisées aux panneaux de contreplaqué, en passant par le ciment et même les bâtons de hockey.
Le gouvernement des États-Unis invoque l'article 338 de la Loi tarifaire de 1930 pour justifier ces nouveaux tarifs. Cette disposition donne au président américain le pouvoir de taxer les importations d'un pays qui impose des restrictions abusives aux produits américains ou qui fait preuve de discrimination envers le commerce des États-Unis.

Le premier ministre Mark Carney va rencontrer virtuellement les premiers ministres des provinces mardi, puis en personne jeudi.
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Les négociateurs américains ont mis en cause trois mesures canadiennes avant d'en arriver à leur plus récente décision : le retrait de l'alcool américain des tablettes par plusieurs provinces et territoires canadiens, les droits de douane et les quotas imposés sur les véhicules américains importés par le Canada ainsi que des mesures protectionnistes dans l’industrie laitière.
Les responsables américains ont également critiqué le fait que le Canada était le seul pays, avec la Chine, à avoir riposté aux droits de douane imposés par les États-Unis.
Les nouveaux tarifs en chiffres
Des économistes cités par La Presse canadienne estiment que les nouvelles mesures américaines pourraient toucher environ 5 % des exportations canadiennes vers les pays de l'Oncle Sam.
Ces exportations seraient d'une valeur de 28 milliards $, soit environ 0,8 % de l'économie canadienne, l'économiste principal à la Banque de Montréal, Robert Kavcic.
Le taux tarifaire effectif actuel du Canada aux États-Unis – qui mesure le niveau moyen des droits de douane sur l’ensemble des exportations canadiennes – augmenterait probablement d’environ 2,5 points de pourcentage si ces nouveaux droits de douane entraient en vigueur, spécifie M. Kavcic.
Selon ce calcul, les nouveaux droits de douane porteraient le taux effectif du Canada à 7,5 points de pourcentage au-dessus du niveau d’avant la guerre commerciale, qui était proche de zéro pour la plupart des marchandises.
M. Kavcic croit que l'économie dans son ensemble peut bien survivre à l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane, mais que certains secteurs particuliers seront très durement touchés.

4:02
Les premiers ministres provinciaux se font entendre
Mark Carney a également rencontré virtuellement ses homologues provinciaux et territoriaux réunis à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, dans le cadre du Conseil de la fédération.
Le premier ministre Carney a félicité les premiers ministres des provinces et des territoires pour les importantes mesures qu’ils ont prises ensemble pour protéger et renforcer l'économie canadienne, souligne un compte rendu de l'appel publié par le bureau du premier ministre.
Une autre rencontre en personne est prévue jeudi.
Le Conseil de la fédération permet aux premiers ministres de travailler ensemble en vue de renforcer la fédération canadienne, peut-on lire sur le site web de l'organisation. L'homme à la tête de la fédération, Mark Carney, aura ainsi droit à des points de vue divergents concernant la méthode à privilégier pour réagir à la menace américaine.
Plusieurs dirigeants provinciaux ont d'ailleurs déjà réagi à l'annonce de Donald Trump.
Fidèle à ses habitudes, le premier ministre ontarien, Doug Ford, a opté pour la méthode forte. Si ces négociations échouent d'ici 29 jours, nous devrons riposter aussi fort que possible. Nous devons passer à l'offensive, et non rester constamment sur la défensive face au président Trump. Nous devons tenir tête à l'intimidateur et répliquer tarif pour tarif, dans tous les domaines, a proclamé celui que l'on surnomme parfois Capitaine Canada.

Le premier ministre ontarien Doug Ford a revêtu les habits de « Capitaine Canada » au début du conflit tarifaire avec les États-Unis. (Photo d'archives)
Photo : CBC
Son homologue du Québec, Christine Fréchette, a plutôt privilégié l'intensification des négociations avec sang froid et fermeté dans les prochaines semaines. Elle a refusé de plier aux menaces des États-Unis et exclu un retour des alcools américains sur les tablettes de la SAQ, l'une des justifications utilisées par Washington pour ses nouveaux tarifs.
Le premier ministre britanno-colombien, David Eby, a fait la même chose, assurant qu'il n'y a absolument aucune chance que l'alcool revienne sur les tablettes en Colombie-Britannique.
Le premier ministre de la Saskatchewan, à la tête de l'une des deux seules provinces qui continuent de vendre de l'alcool provenant des États-Unis, croit que c'est au gouvernement fédéral de trancher dans le dossier. C'est lui qui est à la table des négociations; il connaît les points sensibles que cela pourrait soulever et sait quelles contre-mesures pourraient être prises par les Américains.
Mark Carney a cependant remis la balle dans le camp des provinces. Ça fait partie des discussions, a-t-il indiqué, lorsqu'interrogé sur la possibilité de remettre l'alcool américain sur les tablettes. Mais, ultimement, c'est la décision des provinces.
Tout comme David Eby, M. Carney est d'avis que ce geste est populaire auprès de la population canadienne, et que reculer devrait seulement se faire dans le cadre d'un accord global.
En l'absence de consensus sur la reprise de la vente d'alcool américain, neuf provinces se sont entendues pour faciliter le commerce interprovincial de boissons faites au Canada. Elles se sont engagées à permettre la vente directement aux consommateurs. Les brasseurs, vignerons et distillateurs pourront ainsi vendre leurs produits plus facilement à des clients se trouvant en dehors de leur propre province.
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a ajouté sa voix à ceux qui prônent la collaboration pour riposter aux tarifs. Tous les partis doivent travailler ensemble pour empêcher leur application, a-t-il écrit dans un communiqué. Les conservateurs demandent au président de revenir sur ces menaces, de lever les tarifs et de rétablir le commerce sans tarifs.
Un représentant américain s'exprime
De passage sur les ondes du réseau américain CNBC, le représentant au Commerce des États-Unis Jamieson Greer a expliqué que l'heure des discussions était révolue.

Le secrétaire américain au Commerce, Jamieson Greer. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / Alex Wong
Les Canadiens ont toujours été disposés à discuter, a indiqué M. Greer. Mais plutôt que de poursuivre les discussions et de continuer à échanger dans le secteur de l'énergie, il estime que l'heure est venue de régler le dossier des échanges commerciaux une bonne fois pour toutes.
Nous voulons des résultats qui soient bénéfiques pour les travailleurs et les entreprises américaines, a précisé le représentant américain. Parfois, il faut prendre des mesures commerciales pour encourager ces initiatives, et parfois, on prend une mesure qui permet, au final, d'aboutir à une meilleure négociation.
Le Canada ne serait pas le seul pays qui se verrait imposer de nouveaux tarifs prochainement. Le représentant de la Maison-Blanche a fait savoir qu'une soixantaine de pays pourraient être touchés par des droits de douane.
Des effets sur les négociations de l'ACEUM?

Le Canada et le Mexique avaient signalé début juin qu’ils souhaitaient reconduire l’ACEUM pour une durée de 16 ans.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Mais cette escalade des menaces tarifaires intervient alors même que les pays poursuivent les négociations sur l'ACEUM.
Le Mexique et Washington ont déjà entamé des négociations officielles, mais Ottawa n’a pas encore engagé de pourparlers avec les États-Unis sur un accord commercial.
L'administration Trump avait annoncé début juillet qu'elle ne renouvellerait pas l'accord commercial. Cette décision déclenche des révisions annuelles successives pendant une période pouvant aller jusqu'à dix ans, à l'issue de laquelle l'ACEUM expirerait, à moins que toutes les parties ne s'accordent sur une prolongation.
M. Carney a indiqué que le Canada avait formulé une série de propositions exhaustives et détaillées visant à moderniser l'ACEUM en réponse à la stratégie commerciale de l’administration Trump.
M. Greer n’a pas souhaité donner de détails sur ces propositions mardi, mais les a décrites comme des promesses de discuter de ces questions.
Elles portent sur la collaboration dans le domaine de l’énergie. Nous n’avons jamais imposé de droits de douane sur l’énergie canadienne. Nous avons toujours été ouverts à cela et à ce genre de discussions, a indiqué M. Greer à CNBC.
Ces nouveaux droits de douane risquent d’ébranler la confiance des entreprises à travers tout le continent, qui a déjà connu un ralentissement des investissements en raison des inquiétudes quant à l’avenir de l’ACEUM.
M. Greer a reconnu que les droits de douane sectoriels distincts imposés par M. Trump sur des produits tels que l’acier, l’aluminium et les automobiles ont eu de profondes répercussions sur les industries au Mexique et au Canada. Il a laissé entendre qu’il existait une marge de négociation pour protéger les voisins les plus proches des États-Unis.
Je pense également que si nous parvenons à conclure un accord avec le Mexique et le Canada, nous pourrions mettre l’accent sur la teneur en composants canadiens, mexicains et américains des marchandises échangées en Amérique du Nord, a-t-il indiqué. Ce serait un résultat positif, car cela contribuerait à ramener les chaînes d’approvisionnement ici, en Amérique du Nord.
Avec les informations de La Presse canadienne et de Charles Séguin


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