23 décembre 1999. Nous sommes dans un petit village des Ardennes belges, du genre où tout le monde se connaît et où les vieilles maisons en pierre semblent droit sorties de cartes postales. Évidemment, lorsqu’un petit garçon de 6 ½ ans disparaît en cette veille de Noël, l’émoi est à son comble.

Trois jours et une vie, de Nicolas BoukhriefPhoto : AZ Films
Un polar maîtrisé
Enfance, village, disparition… Tous les ingrédients sont là pour un bon petit polar de série B, genre que Nicolas Boukhrief a toujours maîtrisé (Le convoyeur, Made in France).
Car il les connaît comme il connaît sa petite histoire des récits policiers français, cela se voit dans ce passionnant Trois jours et une vie. De la brume pesant sur le village entouré d’une grande forêt à ces habitantes et habitants pouvant tous être suspects (le père, joué par un Charles Berling étonnant, le boucher, un Polonais taciturne…), en passant par la construction maîtrisée d’une atmosphère poisseuse et inquiétante, les références pleuvent. Que la bête meure, de Chabrol, les romans de Georges Simenon… les plus grands ont usé des mêmes éléments pour mieux nous captiver.

Trois jours et une vie, de Nicolas BoukhriefPhoto : AZ Films
L’impact d’un scénariste comme Pierre Lemaître
Mais si le terrain de Trois jours et une vie est connu, il ne l’est que durant sa première heure, la deuxième développant une touche romanesque absolument passionnante. Et c’est là que l’on sent réellement la patte du romancier Pierre Lemaître (Au revoir là-haut), qui signe lui-même cette adaptation de son roman.
Comme un livre pop-up, le film se replie sur lui-même en son milieu et glisse alors, après une tempête dévastatrice et meurtrière, vers le film noir tandis que des années plus tard, le petit voisin du disparu, devenu médecin (Pablo Pauly, très convaincant), revient au village.

Trois jours et une vie, de Nicolas BoukhriefPhoto : NICOLAS SCHUL
Culpabilité et amertume
À coups de vastes ellipses et de rebondissements, le film se concentre alors sur la culpabilité qui hante toujours différents personnages pour finir sur une note d’une amertume désabusée aussi surprenante qu’elle est terrifiante.
Et sur le chemin de ce film partant du plus conventionnel pour aboutir vers le plus inattendu, malgré une musique parfois envahissante, nous sommes à la fois ébahis devant la qualité d’écriture du récit et captivés par cet exemple rare d’un parfait petit polar.
Trois jours et une vie, à voir sur ICI Télé le 14, à 0 h 30.
La bande-annonce (source YouTube)


2 months ago
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