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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAncien courtier immobilier chez RE/MAX à Gatineau, Rémi Chapadeau lance un cri du cœur contre le modèle de rémunération des courtiers immobiliers, qu’il estime défavorable aux consommateurs.
Selon M. Chapadeau, également avocat de profession, il existe des conflits d'intérêts structurels dans le milieu du courtage immobilier. Il donne un exemple : Le vendeur est tenu de payer le courtier de l'acheteur quand le courtier de l'acheteur est tenu par la loi et par son contrat de courtage avec son client acheteur de négocier contre les intérêts du vendeur.
Ça n'a pas vraiment de place à mon avis dans ce système-là, lance-t-il.
M. Chapadeau critique aussi le problème du pilotage, c’est-à-dire quand un courtier va attirer ses acheteurs vers des propriétés qui offrent un plus haut taux de rémunération. Ce système fait partie des conflits d'intérêts structurels qu'il critique.

Selon les données de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec le prix des maisons a quasiment doublé depuis 2016 à Gatineau. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
D'autres enjeux sur la table
Selon les données de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, le prix des maisons a quasiment doublé depuis 2016 à Gatineau. Ceci a mené à une augmentation importante de la commission des courtiers acheteurs et vendeurs, s'élevant à 2 % chacun, pour un total de 4 %.
Elle est passée de plus de 9000 $ à près de 20 000 $, entre le 1er trimestre de 2016 et celui de 2026.
Il n'y a pas de concurrence parce que tout le monde offre 2 % aux courtiers acheteurs, parce que, si on ne l'offre pas, les propriétés vont être boudées, affirme M. Chapadeau. Il critique les gains réalisés sur l'augmentation de la valeur des propriétés, qui sont indépendants du travail des courtiers.
L’ancien courtier souhaite la mise en place de réformes législatives pour notamment interdire le partage de rétribution entre courtiers.
Il faudrait aussi prendre des amendements au code de déontologie, selon M. Chapadeau. La facturation d'un courtier n'est pas détaillée [...] le client ne connaît pas où va son argent.
Le président du conseil d’administration de la Chambre immobilière de l’Outaouais, Jean-Marc Blais, explique que la rémunération des courtiers, c’est un travail qui se négocie entre un client et son courtier.
La force du courtage immobilier, c’est la force du réseau, soutient-il.
Quand quelqu'un met sa maison en vente avec un courtier immobilier, il la met en vente avec un courtier, mais ce courtier arrive avec la force du réseau au complet qui est derrière.
M. Blais argue également qu’un courtier immobilier doit payer des coûts importants afin de pouvoir faire son travail. [Que ce soit] en frais d'assurance, en frais d'agence, en termes de formation continue et d'assurance professionnelle, des frais de conformité, liste-t-il.
Il y a d'énormes exigences qui sont portées par des courtiers immobiliers et évidemment qui ne paraissent pas, dit M. Blais.
On est toujours ouvert à débattre de tous ces enjeux , assure-t-il.
Un débat qui fait rage depuis des années
Le débat sur les commissions dérange beaucoup les courtiers car je porte atteinte à l'image de la profession en débattant d'un système que je crois injuste et pas en faveur du consommateur, professe Rémi Chapadeau.
Il atteste toutefois recevoir, en contrepartie, beaucoup de messages de courtiers qui ne veulent pas être nommés mais qui supportent mon initiative.
Le professeur titulaire au Département de finance, assurance et immobilier de la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, François Des Rosiers, assure que ça ne date pas d'hier, cette discussion-là, et il n'y a pas de réponse absolue.
Ça paraît quelque chose qui est exagéré de charger un pourcentage fixe sur des montants qui sont de plus en plus élevés. Une question qui se pose, c'est est-ce que finalement le courtier mérite vraiment ce qu'il gagne par le travail investi ? Mais ça, il y a deux côtés à la médaille.
Dans les périodes où les prix montent très très vite, le courtier a la tâche beaucoup plus facile quand les maisons se vendent [...] et le travail n'est pas énorme parce que les preneurs sont là pour acheter, détaille M. Des Rosiers.
Au contraire, quand le marché est plus difficile, ça s'est passé quand les taux d'intérêt montent et puis qu'on est en récession, l'activité immobilière chute, puis à ce moment-là le travail des courtiers est beaucoup plus difficile, c'est beaucoup plus exigeant.
La rémunération en pourcentage, si vous étalez ça dans le temps, c'est une façon de réduire le risque pour les courtiers, mais évidemment, pour l'acheteur, ça peut-être une autre paire de manches.
Selon Jean-Marc Blais, le marché est justement en train de se resserrer, donc on se retrouve de plus en plus dans un marché équilibré.
Ce qui veut dire que les propriétés ne se vendront pas, peut-être aussi rapidement qu'elles se vendaient [...] ça exigera un travail probablement plus important encore pour pouvoir conclure une transaction, avance-t-il.
Le risque qu’il n’y ait pas d’entente, et donc pas de transactions, est aussi présent. À ce moment-là, le courtier n'est pas rétribué pour tout le travail qui a été fait, précise M. Blais.
Avec les informations d’Éliane Doucet


4 days ago
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