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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayComme chaque année depuis 2014, c’est Noël en été pour les librairies grâce à l'événement Le12 août, j'achète un livre québécois! Comment faire son choix parmi l'offre littéraire québécoise foisonnante qui vous tend les bras? Lauréat du Prix d'excellence 2026 de l'Association des libraires du Québec, Mike C. Vienneau, libraire et acheteur à la librairie montréalaise Médiaspaul, fait part de ses recommandations.
Mike C. Vienneau a sélectionné des nouveautés, mais aussi des ouvrages parus ces derniers mois, car, pour lui, le 12 août doit rester une journée du livre, et non s’imposer comme la nouvelle rentrée littéraire québécoise.
Beaucoup de livres sortent pour le 12 août, constate-t-il. Je comprends les éditeurs qui veulent attirer les gens avec des gros noms et des gros titres, mais que va-t-on avoir comme nouveautés à proposer en septembre et en octobre si tout est sorti le 12 août?
Le plaisir du 12 août est de conseiller des livres qui sont passés sous le radar, qu’on n’a pas eu le temps de proposer il y a quatre ou six mois, car plein d’autres livres sont sortis en même temps, ajoute-t-il.

Le roman « La peau de mon chien », de Mathieu Blais, est publié aux éditions XYZ.
Photo : XYZ
1) La peau de mon chien, de Mathieu Blais
Enfonçons-nous dans la forêt de la Haute-Mauricie avec La peau de mon chien, qui est une fiction malgré ses apparences de récit documentaire. Il s’agit d’une vraie histoire. Tout y est faux, écrit Mathieu Blais, en préambule de son 15e livre.
La peau de mon chien suit un ancien journaliste – devenu professeur dans une université du Vermont – en Haute-Mauricie. Là-bas, vit, isolée dans le bois, une communauté à laquelle il avait consacré une série d’articles 30 ans plus tôt.
On est dans le nature writing, c’est grandiose. C’est un roman de territoire – et non de terroir – à l’écriture très actuelle et collée à notre réalité nord-américaine, mais avec une identité québécoise.

Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Eloi regardant l'essai « Les fascistes n'ont jamais compté les étoiles » qu'ils ont écrit ensemble.
Photo : Olivia Sofia
2) Les fascistes n'ont jamais compté les étoiles, de Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Eloi
Cinq ans après Les racistes n'ont jamais vu la mer, l’anthropologue et autrice palestino-canadienne Yara El-Ghadban ainsi que l’homme de lettres québécois d’origine haïtienne Rodney Saint-Éloi reprennent la plume pour échanger, sous forme de lettres, sur la guerre à Gaza, mais aussi sur la crise en Haïti, le racisme, le pouvoir des milliardaires technologiques ou encore sur la crise climatique.
Le duo s’appuie aussi sur les mots d’autres écrivains, tels qu’Aimé Césaire et Albert Camus, pour livrer un essai teinté d’espoir, dans lequel l’amour, l’amitié et la solidarité sont érigés comme remparts contre la violence dans le monde.
On n’est pas dans l’accusation, mais plutôt dans un dialogue destiné à ouvrir les yeux. Ce livre est un plan de vivre-ensemble à suivre, comme une ultime étape avant de tirer le signal d’alarme.

« Précis de fantômologie », de Julie Hyland, est publié par La Mèche.
Photo : Facebook/La Mèche
3) Précis de fantômologie, de Julie Hyland
Passé et présent s’entremêlent dans ce premier roman de Julie Hyland, qui contient des pages du journal que son grand-père, chercheur d’or en Abitibi, a tenu entre 1914 et 1960.
Tel est W., mon grand-père paternel – cette matière fantomatique qui me fraye malgré sa mort. C’est à sa découverte que je suis partie explorer tous ces trous noirs qui me nourrissent. Je suis peuplée de revenants – il se pourrait bien que ces mots ne soient pas les miens, écrit Julie Hyland dans les premières pages de son livre.
Précis de fantômologie porte sur la filiation et les traumatismes intergénérationnels.
Il revient sur la vie menée par ce W., mais aussi sur l’enfance norandienne de Julie Hyland – auprès d’un père dévoré par l’alcool et hanté par ce père orpailleur – et sur le poids de ces héritages sur elle et son frère.
J’ai adoré ce beau roman, qui nous permet de comprendre qu’on peut ne pas être serein avec notre passé familial, mais qu’on peut se permettre de se reconstruire à notre façon, avec notre vision.

Publié en anglais au printemps, le premier roman graphique d’Arizona O’Neill est désormais offert en français aux éditions Alto.
Photo : Julie Artacho et Arizona O'Neill
4) Opioïdes et organes, d’Arizona O’Neill (traduit de l’anglais par Daphné B.)
Il y a une dizaine d’années, l’autrice montréalaise Arizona O’Neill, fille de l’écrivaine Heather O’Neill, a perdu son père, mort des suites d'une surdose de fentanyl. Avant qu’il ne rende son dernier souffle, elle avait autorisé le don de ses organes.
Cette décision l’a longtemps tourmentée. J’étais hantée par la décision d’avoir donné ses organes à une société qui ne l’a peut-être pas aidé quand il était vivant, a-t-elle expliqué en entrevue à l’émission Il restera toujours la culture.
Dans son premier roman graphique plus drôle que son sujet ne le laisserait croire, Arizona O’Neill nous emmène dans son débat intérieur sur le don d’organes et les questions éthiques qu’il soulève, la crise des opioïdes s’étant traduite par une hausse du nombre d’organes à transplanter.
Ce que j'ai aimé dans cette bande dessinée à l’humour décalé est qu’on progresse avec Arizona O’Neill dans sa réflexion : au départ, elle est très catégorique, puis elle apporte des nuances.

« La disparition de Rose Sinclair », écrit par Céline Beaudet, est publié par Québec Amérique.
Photo : Québec Amérique
5) La disparition de Rose Sinclair, de Céline Beaudet
Le Montréal de 1912, avec ses tramways et ses grands magasins comme Dupuis Frères, sert de décor à l’enquête menée par Édouard Lavergne, déjà présent dans le premier roman de Céline Beaudet, Une enquête à Murray Bay, campé dans le Charlevoix de 1910.
Cette fois, le détective privé doit retrouver Rose Sinclair. Fille d’un riche banquier, elle n’a jamais regagné son collège de Sainte-Anne-de-Bellevue.
En parallèle, Jeanne Mackenzie, amie d’Édouard Lavergne et assistante de sa tante journaliste, découvre la modernité de Montréal et l’amour.
À travers ces deux narrateurs, Céline Beaudet dresse le portrait d’un Montréal traversé par les inégalités de classe, mais aussi de genre.
Céline Beaudet est une autrice trop mal connue. Elle a une façon de parler de moments de l’histoire du Québec et d’y intégrer une enquête policière, qui nous permet de voir plein de reliefs de notre histoire. C’est très bien écrit, ça coule bien.

« Le mur », de Christian Guay-Poliquin, est édité par La Peuplade.
Photo : Facebook/La Peuplade
6) Le mur, de Christian Guay-Poliquin
Pour son quatrième roman, Christian Guay-Poliquin, à qui l’on doit notamment le multiprimé Le poids de la neige (2016), nous plonge dans une ville imaginaire, envahie par la faune et la flore, mais divisée par un grand mur frontalier.
Âgée d’une cinquantaine d’années, Hélèna est réparatrice pour une agence de rénovation. Un jour, elle découvre, dans un sous-sol, que des gens creusent un tunnel pour se rendre de l’autre côté du mur, où un autre monde se déploie. Malgré le danger, elle décide d’excaver la terre avec eux.
À chaque fois, Christian Guay-Poliquin sait se renouveler avec un roman fascinant dans sa façon de raconter. Il nous amène à gauche, puis finalement à droite pour nous surprendre.

Édité par Saint-Jean, « Rue des souvenirs marquants » a été écrit par Gabrielle English.
Photo : Facebook/Saint-Jean
7) Rue des souvenirs marquants, de Gabrielle English
Sourire de façade, émotions ravalées… La sage et discrète Dorothée Delaney s’étiole entre son métier de recruteuse et son conjoint Sébastien, avec qui elle partage plus son quotidien que sa vie.
Un soir de tempête, Dorothée devient toute grise, des cheveux jusqu’aux orteils, puis elle se retrouve dans le Grismonde, où elle fait la rencontre d’une fillette et d’un homme prénommé Léo.
Pour son deuxième roman adulte après la romance Cœurs de papier, Gabrielle English fait une incursion dans le fantastique et le merveilleux pour raconter la renaissance d’une femme qui s’est trop longtemps oubliée.
Quelque chose nous accroche au fur et à mesure dans cette proposition. On est en même temps dans une romance, mais qui ne joue pas uniquement sur l'amour, et dans une critique sociale.

Publié par La Mèche, « Élite Magic » est le fruit de l'imagination de Claudie Létourneau et d'Olivier Laforest, qui est un pseudonyme.
Photo : Facebook/La Mèche
8) Élite Magic, de Claudie Létourneau et Olivier Laforest
Doctorante en littérature, Margot est poussée par son directeur de recherche à s’inscrire à un collège de sorcellerie, qui existe secrètement derrière les murs du complexe Desjardins.
Ce récit, qui baigne dans un univers loufoque, se double d’une réflexion sur les relations hommes-femmes ainsi que sur les notions de pouvoir et de performance.
À la base, la proposition semble totalement farfelue, mais les deux auteurs réussissent à établir un genre d'univers dans lequel on accepte totalement d’embarquer. C’est vraiment un OLNI, un objet littéraire non identifié!

Paru chez Le Quartanier en mai dernier, « Les ravisseuses », de Charles Dionne, fait partie des meilleures ventes cet été au Québec.
Photo : Facebook/Le Quartanier
9) Les ravisseuses, de Charles Dionne
Amis depuis l’enfance, Anabelle, Walid, Philippe et Rémy – quatre trentenaires montréalais – possèdent une terre en Mauricie. Chaque mois de novembre, ils s’y retrouvent pour chasser le temps d’une fin de semaine.
Alors qu’ils partent chasser deux par deux, un coup de feu retentit et ni Walid ni Philippe ne reviennent au camp. Et si leur disparition avait un rapport avec un événement survenu dans leur adolescence?
Premier roman de Charles Dionne, le thriller Les ravisseuses a du succès en librairie.
J’ai eu un coup de cœur pour ce livre super bien écrit, qui capte rapidement notre attention et qui joue sur le malaise. Une des réussites du roman, ce sont ses personnages, qui pourraient être nos voisins ou nos cousins. On a tellement l'impression d'être avec eux dans le camp de chasse!

Le recueil de poésie « Le flot et le jusant », de la Québécoise Sophie Rochefort, est publié par la maison d'édition acadienne Perce-Neige.
Photo : Perce-Neige
10) Le flot et le jusant, de Sophie Rochefort
La mer monte pendant le flot, elle descend pendant le jusant. Sophie Rochefort s’est inspirée de sa Gaspésie natale pour écrire ce recueil organique, à l’image d’un bord de mer, dont les poèmes seraient des vagues.
Ses poèmes s’inscrivent dans une réflexion portant notamment sur la relation à soi et aux autres ainsi que sur le temps qui passe.
On sent très bien la fluidité du mouvement de l'eau dans la texture des poèmes. Il y a une belle unité et un beau travail dans les images créées par cette poésie. On a l'impression d'être assis au bord de l’eau dans la douceur et la fraîcheur d’un matin un peu brumeux.


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