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Alberto Contador à Montréal pour reconnaître le parcours des mondiaux… comme analyste

2 hours ago 5

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El Pistolero n’a jamais été champion du monde. Ce n’était pas son ambition. Il n’a jamais remporté de monument du cyclisme non plus. Pas assez Belge, blague-t-il.

Quand il était au sommet de sa carrière il y a une quinzaine d’années, qu’il enchaînait les victoires sur les trois grands tours, sept au total, sa saison se terminait plus souvent qu’autrement avec sa Vuelta nationale. Attablé en ce vendredi à un restaurant du Plateau Mont-Royal, à trois mois des mondiaux sur route (20 au 27 septembre prochain), c’est avec une jalousie bienveillante qu’il parle de la nouvelle génération qui court chaque semaine ou presque pour gagner, tout gagner.

Alberto Contador est venu une seule fois prendre part aux Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, en 2013, les deux seules courses nord-américaines du WorldTour, disputées chaque année pendant le Tour d’Espagne (qu’il a par ailleurs gagné en 2012 et en 2014).

Si la crème du cyclisme qui s'est élancée aux GPCQM dans les toutes dernières années s’est joué la victoire aux avant-postes, Tadej Pogacar en tête, Contador était resté confortablement dans le peloton sans animer la course lors de sa seule présence dans les boucles autour du mont Royal. En touriste ou presque, dira-t-on, même s’il avoue n’avoir pas pu le faire hors du circuit en 2013.

Quand vous êtes un cycliste professionnel, vous devez rester concentré. Vous dépensez toute votre énergie dans l’entraînement, ou vous vous reposez à l’hôtel, raconte celui qui est désormais, à 43 ans, consultant pour Eurosport.

Mais cette fois, c’est une belle occasion pour moi de connaître la ville, assure celui qui commentera les courses en septembre depuis le studio de la chaîne à Madrid.

Deux hommes à vélo

Alberto Contador (au deuxième plan) aux côtés d'un autre multiple gagnant du Tour de France, Chris Froome, lors de sa seule présence au Grand Prix cycliste de Montréal, en 2013.

Photo : Radio-Canada / Olivier Paradis-Lemieux

J’ai quand même du travail à faire pour analyser le circuit en prévision des mondiaux, mais je vais être capable d’apprécier cette semaine ce que la ville a à offrir.

Aujourd’hui, souligne-t-il, les classiques cyclistes d’un jour, de Paris-Roubaix au Tour de Lombardie en passant par les Grands Prix de Québec et de Montréal, ont repris leur dû.

Tout le monde suit les classiques avec grande passion et certaines d’entre elles, selon moi, sont un bien plus grand spectacle que les grands tours parce qu’il faut que les coureurs conservent leurs énergies pour le lendemain. Alors que, pendant les classiques, on y va à fond toute la journée.

Mais à mon époque, pour mon équipe comme pour mes commanditaires, tout était axé sur le Tour de France, le Tour d’Italie ou la Vuelta. Ils ne me demandaient pas si je voulais faire les classiques. Ça ne faisait pas partie de la culture.

Alberto Contador porte le maillot jaune et célèbre sa victoire du Tour de France 2010 en soulevant un drapeau de l'Espagne au-dessus de sa tête, sur les Champs-Élysées, à Paris.

Alberto Contador en 2010 après sa victoire au Tour de France.

Photo : Reuters

Aujourd’hui, c’est sûr à 100 % que je ferais les classiques! La situation est différente, convient-il. Les commanditaires sont globaux maintenant. Alors qu’à mon époque, surtout en Espagne, ce n’est pas comme en Belgique où les classiques ont toujours été importantes… Mais c’est sûr que si je courais encore aujourd’hui, je serais à la Flèche wallonne, à Liège-Bastogne-Liège, à Il Lombardia… et à Montréal bien sûr.

L’ancien cycliste professionnel est néanmoins agréablement surpris du succès continu des Grands Prix cyclistes depuis plus de 15 ans, en raison de leur positionnement pendant la Vuelta.

C’est un défi, c’est sûr, comme ce sera un défi pour les mondiaux d’être en Amérique du Nord parce qu’une grande partie du monde du cyclisme, c’est la logistique, mais ça fonctionne en raison de la qualité de l’organisation, appuie celui qui n’a jamais entièrement quitté le peloton.

Alberto Contador est aussi propriétaire d’une équipe cycliste pro continentale, Polti VisitMalta, qu’il a lancée en 2018 et qui est désormais sous drapeau italien, ce qui lui a valu des invitations régulières au Tour d’Italie… On est passés tout près [deux fois 2e, NDLR] de remporter deux étapes cette année.

Deux hommes se tiennent devant une affiche de Montréal 2026

L'ex-cycliste professionnel espagnol Alberto Contador (à droite) avec le directeur général des Championnats du monde sur route UCI 2026, Joseph Limare.

Photo : Championnats du monde sur route UCI 2026

Mais c’est vraiment son rôle d’analyste à la télévision espagnole qui lui a permis de trouver la sérénité à la retraite, à 34 ans, en 2017.

Eurosport a été vraiment important pour moi pendant les deux ou trois premières années, en particulier. J’avais encore des jambes excellentes. Mais je me disais, Alberto, tu dois rester calme parce que la fin avait été parfaite. J’ai gagné sur l’Angliru à ma dernière journée de compétition, à la maison, c’était un rêve, relate-t-il.

Mais de rester près du monde du sport, ça m’a permis de garder la tête froide et d’accepter de rester à l’écart du peloton. C’est une décision vraiment difficile d’arrêter. Mais c’était tellement bien de terminer au sommet parce que, dans le sport, on se souvient toujours de la dernière compétition. Alors pour moi c’était incroyable de terminer avec une victoire au Tour d’Espagne.

Pogacar, oui, mais les autres aussi

Pour Alberto Contador, l’actuel double champion du monde, double champion en titre du Tour de France et double vainqueur à Montréal (et bien magnanime 2e l’an dernier derrière son coéquipier Brandon McNulty), le Slovène Tadej Pogacar est bien sûr le favori pour la course sur route des Championnats du monde. Mais il ne veut pas déjà lui concéder la victoire.

Quand on analyse le circuit de 270 kilomètres, Mathieu Van Der Poel peut avoir de sérieuses ambitions de victoire. On verra aussi dans quelle condition sera Wout Van Aert parce qu’il peut être une bonne option.

Un cycliste lève les bras dans les airs

Tadej Pogacar lors de sa victoire en solitaire à Montréal en 2024.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

J’aimerais voir aussi ce que pourra faire [l’Équatorien] Jhonatan Narvaez, qui sera libéré de son rôle d’équipier de Pogacar. Ce sera la même chose pour [le Mexicain] Isaac Del Toro. Et puis, il ne faut pas oublier Tom Pidcock et Remco Evenepoel.

Pour moi, ce n’est pas si clair que Pogacar va l’emporter. Je pense qu’il y aura plusieurs coureurs qui pourront rester avec lui et ne pas lui rendre les choses faciles.

Néanmoins, il insiste, le Slovène est le meilleur cycliste de l’histoire et le favori chaque fois qu’il monte sur son vélo. Comme beaucoup d’observateurs, il est fébrile à l’idée de voir le jeune prodige français de 19 ans, Paul Seixas, le défier sur la Grande Boucle à partir de la semaine prochaine, sans lui mettre de pression immédiate.

C’est loin d’être une mauvaise idée de s’amener déjà sur la plus grande course du monde, assure celui qui a gagné le Tour de France pour la première fois à 24 ans. Il va se présenter sur la course la plus dure pour prendre de l’expérience. On sait déjà qu’il a les jambes, mais on ne sait pas encore comment il peut récupérer de semaine en semaine, en particulier la troisième. Mais je pense qu’il peut tenir son bout avec les meilleurs, avec Tadej et Vingegaard, et ça va être très intéressant pour le cyclisme.

Contador est également un observateur avisé de l’ascension rapide du peloton féminin depuis sa propre retraite cycliste il y a moins de 10 ans. Avec son équipe, il aimerait d’ailleurs aligné bientôt une équipe féminine, mais les coûts sont élevés, l’aspect logistique est tout aussi difficile et il est encore à la recherche d’un commanditaire pour financer l’aventure.

Il est surtout ravi de voir l’engouement sur le bord des routes, un peu partout, pour le cyclisme féminin. Et il y a maintenant des vedettes que l’on reconnaît, les [Lotte] Kopecky, Kasia [Niewiadomi], Marianne Vos, Pauline Ferrand-Prévost. On les regarde comme on regarde les meilleurs hommes. Et les Magdeleine Vallières, Isabella Holmgren, Sarah Van Dam, lui souffle-t-on, pour l’aider dans sa préparation des plus redoutables Canadiennes sur deux roues.

Médaille d'or au cou, elle lève les mains sur le podium.

La Québécoise Magdeleine Vallières-Mill défendra son titre mondial à Montréal en septembre prochain.

Photo : Getty Images / DIRK WAEM

Avant, du moins en Espagne, il n’y avait personne qui allait voir les courses féminines. Maintenant, ça monte comme ça chaque année, en faisant de la main une pente prononcée, probablement ce damné Angliru.

La semaine dernière, par ailleurs, le Tour de Suisse utilisait le même parcours pour les femmes et les hommes. Je crois que c’est la bonne stratégie. Et ça va être très intéressant aux mondiaux : le contre-la-montre sera exactement le même parcours, 39 kilomètres.

Un parcours qu’il empruntera peut-être dans les prochains jours en tout ou en partie parce que cycliste un jour, cycliste toujours insiste Alberto Contador.

La voie Camillien-Houde réasphaltée

Alberto Contador aura aussi l’occasion s'il le souhaite de grimper une autre fois la mythique montée du mont Royal juste avant son nécessaire réasphaltage. La Ville a annoncé jeudi le lancement des travaux de planage et de pavage pour réparer la chaussée du 30 juin au 10 juillet.

L’organisation des Championnats du monde sur route (qui est également le promoteur des Grands Prix cyclistes) est ravie du soutien de la Ville.

Notre boulot, il est fait, on est prêts, assure le directeur général des mondiaux sur route Joseph Limare. La Ville travaille encore à faire que les parcours soient dans le meilleur état, et je crois qu'avec les travaux qu'on voit dans les dernières semaines, puis les travaux qui vont commencer sur Camillien-Houde la semaine prochaine, démontrent l'engagement de la Ville.

Le soutien de la Ville est là, comme des 9 municipalités de la Montérégie qui ont sauté dans le projet depuis le début, poursuit M. Limare. Et maintenant, c’est de s'assurer que le partie opérationnelle, logistique et la partie sportive avec l’UCI soient toute attachées pour qu’il y ait le moins de surprises d'ici au mois de septembre. Mais vous savez, on n'est pas dans un stade! On est sur des routes, et alors c'est certain que d'ici au mois de septembre, il va y avoir des petits obstacles, on va y avoir des petits Camillien-Houde à monter. Mais on est prêts.

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